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coiffeuse à domicile dans la Sarthe, Cécile s’inquiète de la loi finances 2025

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À la suite de l’approbation du budget 2025, il y a quelques semaines, les auto-entrepreneurs gagnant entre 25 000 et 37 000 euros vont avoir une mauvaise surprise. En effet, ils devront payer 20 % de TVA sur leurs revenus une fois cette tranche atteinte, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent.

En local, la colère gronde. Pour Cécile Breton, coiffeuse à domicile depuis 35 ans dans le secteur du Lude (Sarthe) et auto-entrepreneure depuis 16 ans, ça ne passe pas :

« Mon premier réflexe a été de rire. Je me suis dit ce n’est pas possible, on se moque de nous ? C’est une aberration ».

Auto- entrepreneure, Cécile s’inquiète pour son avenir

Dans cette situation, Cécile Breton n’est pas seule. En quelques jours, elle a réussi à récolter, à ses côtés, le témoignage d’autres auto-entrepreneurs de la vallée du Loir, qui se retrouvent sensiblement dans la même situation qu’elle, faisant d’elle la « porte-parole » de ces derniers.

« Je ne veux pas me mettre en avant, on est tous dans le même bateau », estime-t-elle. « Aurélie Toupin, artisan peintre de Villiers-au-Bouin, Elo Soleils, prothésiste ongulaire à Luché-Pringé, Magalie Duclos, sophrologue, Flavien Informatique, réparateur informatique, Sandrine Loyer, naturopathe, tous au Lude, Sonia Meunier de Genneteil, animatrice en cours de danse, et d’autres qui ne veulent pas forcément être cités », liste la coiffeuse.

Des corps de métier différents mais qui se retrouvent tous dans la même situation. Car pour elle, « il faut que les gens comprennent que si on doit augmenter les prix de nos services, ce sont eux, à la fin, qui devront payer ».

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Une situation cauchemardesque

Le calcul est rapide pour Cécile :

Mon chiffre d’affaires dépasse les 25 000 euros. Je vais donc devoir reverser 20 %.

Dans ce cas, plusieurs options s’offrent à elle.

La première, augmenter ses tarifs de 20 % :

« Pour une coupe, de 16 euros, elle passerait à 19,20 euros. Pour une prestation technique, avec couleur ou permanente, de moins de 60 euros, le prix serait d’environ 70 euros. Je ne peux pas imposer cette augmentation à mes clients. Ce n’est pas possible ! Ils feront moins appel à mes services, et mon chiffre d’affaires diminuera, et de fait, mon revenu. Mes clients, pour la plupart, ont des faibles revenus. Retraités, au RSA… Beaucoup sont des personnes âgées, parfois malades, qui ne peuvent pas se déplacer en salon. Je les entends me dire qu’ils ne pourraient pas se faire couper les cheveux le mois prochain par manque de moyen ».

Une situation qui désole la coiffeuse.

Autre solution pour Cécile : « Absorber ces 20 % sur mon revenu ».

Mais pour l’artisane, encore une fois, « ce n’est pas possible ». En comptant les charges sociales qu’elle verse à l’URSSAF « qui ne vont qu’augmenter » et les 25 % « de frais divers de matériel, de produits de coiffure, de carburant… », son revenu serait « aux alentours de 900 euros. Comment je fais pour vivre avec 900 euros par mois ? »

Dernière solution pour Cécile Breton : « Arrêter mon activité et chercher un emploi salarié ».

« Je devrais probablement me déplacer de 30 à 50 kilomètres car j’habite dans une zone rurale sinistrée au niveau de l’emploi », estime-t-elle.

Dans tous les cas, cette situation est inenvisageable pour elle : « J’ai une cliente qui m’a ému aux larmes. Elle m’a pris dans ses bras, elle ne veut pas que j’arrête de travailler. Mais en même temps, je n’ai pas le choix ! J’ai 55 ans, je ne sais faire que ça ».

Elle ne baissera pas les bras

Aujourd’hui, la coiffeuse estime que le gouvernement « veut tuer les petites entreprises. On nous empêche de travailler et on nous pousse à vivre des aides sociales ».

Déçue et en colère, elle ne baisse pour autant pas les bras. Active auprès de la Fédération nationale des auto-entrepreneurs, la FNAE, elle se sent soutenue :

Je lis des témoignages d’autres auto-entrepreneurs, je ne me sens pas seule. Tout cela me motive.

« J’ai interpellé les maires, députés et sénateurs. J’attends des réponses. Je fais circuler la pétition de la FNAE. Et si je dois monter à Paris pour manifester pour la première fois de ma vie, je le ferai ».

Dans tous les cas, Cécile veut « continuer le combat » et veut le retrait de cette réforme qu’elle juge « injuste ».

La réforme suspendue jusqu’au 1er juin

La ministre déléguée chargée du Commerce, Véronique Louwagie, a annoncé le vendredi 28 février que la réforme visant à abaisser le seuil d’exonération de TVA à 25 000 € pour les micro-entrepreneurs était reportée au 1er juin 2025 pour permettre de nouvelles concertations et adaptations. Pour la FNAE, « c’est une première victoire ». Mais, « nous devons rester mobilisés » et « le combat n’est pas terminé ».

La FNAE reste « fermement opposée à cette mesure injuste qui va à contre-courant des tendances européennes et fragilise notre économie ». La fédération estime que « le gouvernement n’entend pas notre demande et tente de calmer la colère par des effets d’annonce. Notre exigence reste la même : suppression pure et simple de l’abaissement du seuil de franchise en base de TVA ».



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