« Ce sont des comportements aberrants, à un moment ça suffit ! Je suis très remonté. » Alain Pluss est le maire de Wattignies, tout près de Lille (Nord). Il a décidé de pousser un coup de gueule contre les dépôts sauvages mais aussi et surtout de tenter de trouver des solutions. Parmi elles, des caméras et un logiciel dernier cri ainsi que des amendes salées. Sans oublier quelques solutions pratiques et des méthodes plus pédagogiques. On fait le point.
« Wattignies n’est pas une décharge » : cette ville près de Lille frappe fort contre les dépôts sauvages
Il faut dire que depuis plusieurs mois, des dépôts et déversements sauvages de déchets de toute nature sont régulièrement constatés sur la commune. Une situation intolérable pour les élus de la ville, emmenés par le maire. « Il y a pourtant trois déchetteries très proches de la commune et un service d’encombrants ramassés à domicile. Mais certains préfèrent jeter leurs déchets dans la nature, notamment des entreprises qui viennent carrément vider leurs camions bennes ». C’est notamment le cas du quartier du Blanc Riez, très touché par le phénomène. « Mais c’est aussi le cas ailleurs en ville », se lamente Alain Pluss.
Alors désormais, c’est le principe du pollueur payeur qui s’applique à Wattignies. Et l’amende est salée ! Les dépôts sauvages sont sanctionnés comme suit :
- Dépôt sauvage de 0 à 2 m3 : 600 €
- Dépôt sauvage de 2 à 6 m3 : 1 200 €
- Dépôt sauvage supérieur à 6 m3 : 2 400 €
Et dans le cas où l’auteur du dépôt est une personne morale, « le tarif est multiplié par 3« , prévient la Ville.
Pour sanctionner, encore faut-il avoir réussi à en identifier les auteurs. Pour cela, la Ville a investi dans le déploiement de caméras nomades associées à un logiciel embarqué d’aide à la constatation de dépôts sauvages. Une première dans le Nord.
C’est l’entreprise Vizzia qui est derrière ce système. Leurs caméras sont « de dernière génération, fabriquées en France, nomades et installables sur tout type de lieux », précise l’entreprise. Elles fonctionnent avec un logiciel intelligent « d’analyse de flux vidéo pour détecter l’apparition de déchets sauvages ». Mais aussi une interface pour « visualiser les séquences de dépôts, identifier et sanctionner les pollueurs« . Il y a deux optiques sur chaque caméra. L’une permet de constater le dépôt, l’autre permet d’identifier la plaque d’immatriculation.
Facile alors d’identifier les auteurs d’infraction. Et si ces derniers étaient à pied, une collaboration avec de nombreux services, dont la police municipale, est mise en place afin de mettre un nom sur les images.
Des mesures plus pédagogiques également
En plus de ces mesures répressives, une « équipe projet », composée des services municipaux, de la Métropole européenne de Lille, des bailleurs Vilogia et Partenord Habitat et d’habitants, a défini et mis en œuvre un plan d’actions incluant de la sensibilisation.
Parmi ces mesures figurent l’organisation de diagnostics en marchant, la rédaction et diffusion d’un guide de la propreté, une sensibilisation aux écogestes, des actions de désencombrements des logements ou encore le tournage d’une vidéo « Scène de crime à Wattignies » avec les enfants du centre social Promesses.
Enfin, Partenord Habitat a mis en place un projet « Trions ensemble » qui propose des espaces de pré-collectes permettant le réemploi des objets et la valorisation des encombrants par filière. Une action déployée au quotidien par Interm’aide, structure d’insertion par l’activité économique basée à Wattignies.
Autant d’actions qui, espérons-le, contribueront à faire de la ville un endroit à nouveau (plus) propre.
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