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Cette ville est la première dans l’Orne à s’engager contre les violences dans le sport



Les violences sexuelles et sexistes dans le sport ne sont pas nouvelles. Mais, elles sont longtemps restées taboues. Le témoignage de la patineuse Sarah Abitbol en 2020 sur les agressions qu’elle a subies dès l’âge de 15 ans a marqué un tournant, ouvrant la voie à un mouvement Me Too dans le monde du sport.

Néanmoins, ces violences ne concernent pas que les athlètes de haut niveau. 

Outre les violences sexuelles et sexistes, d’autres formes de violence existent comme le bizutage, le harcèlement moral et cyberharcèlement, les violences verbales, le chantage… Autant de problématiques qui inquiètent les clubs.

La 1re commune de l’Orne à s’engager

Dans cette optique, un manifeste d’engagement a été signé à la salle Michaux de L’Aigle (Orne), le 4 février. Ce document, élaboré par le CROS, la DRAJES, les SDJES et les CDOS de la région, formalise l’engagement des collectivités et associations dans la lutte contre les violences dans le sport.

Le maire de L’Aigle, Philippe Van-Hoorne, l’a signé, faisant ainsi de la commune la première collectivité de l’Orne à s’engager officiellement.

Le sport est un formidable vecteur d’épanouissement et de transmission de valeurs. Faisons en sorte qu’il le reste.

Le maire
Vidéos :

Patrick Duval, président du club de rugby de L’Aigle (CAA Rugby) et Sandrine Romagné, présidente de la Ligue Normandie Rugby, ont également signé le manifeste.

« S’engager, ce n’est pas seulement poser une signature »

Aujourd’hui, entre 120 et 140 structures, clubs et établissements scolaires, ont déjà signé ce manifeste en Normandie.

Mais, « s’engager, ce n’est pas seulement poser une signature », a rappelé le maire.

« C’est agir pour sensibiliser, accompagner et protéger. C’est désigner une personne référente au sein de la collectivité, s’assurer de la formation des encadrants, relayer les campagnes de prévention et afficher, dans toutes les infrastructures, les numéros indispensables », a souligné Philippe Van-Hoorne.

7 enfants sur 10 sont victimes

Plus tard dans la soirée, un forum préventif a rassemblé une soixantaine de participants, issus de nombreux clubs sportifs (rugby, football, handball, twirling bâton, escrime, gymnastique, baseball, flag football…) ainsi que du milieu scolaire. Ce temps d’échange avec les professionnels a permis d’aborder les différentes problématiques et solutions envisageables.

L’association Colosse aux pieds d’argile, fondée par l’ex-rugbyman Sébastien Boueilh, lui-même ayant été victime de viols, a participé à la rencontre. Valérie Salaün, chargée de mission prévention, a d’abord rappelé que 7 enfants sur 10 sont victimes de violences en milieu sportif.

Ce sont des messages difficiles mais nécessaires.

Association Colosse aux pieds d’argile

Parmi les sujets abordés, la question des vestiaires a suscité plusieurs interrogations.

La question des vestiaires pose problème

Les adultes ont-ils le droit d’y entrer ? Comment assurer la sécurité ?

On recommande de nommer un référent identifié par tous. Il faut avant tout respecter l’intimité des jeunes. On peut toquer à la porte, avant d’entrer si nécessaire

Valérie Salaüm

« Pour nous, les enfants et les adultes se changent dans les mêmes vestiaires », a donné pour exemple Florence Beauvilliers, présidente du Subaquatique Club du Pays de L’Aigle (SCPA).

 Dans ce cas précis, un roulement entre enfants et adultes peut être mis en place.

3 fois plus d’interdictions d’exercer

Autre mesure essentielle, le contrôle d’honorabilité des encadrants. Déjà obligatoire, ce dispositif va être généralisé pour vérifier le casier judiciaire des bénévoles et professionnels. Ces dernières années, les interdictions d’exercer ont justement triplé dans l’Orne.

Les violences dans le sport ne concernent pas seulement les relations entre encadrants et jeunes sportifs.

 » Le plus gros défi, ce sont les parents « 

Elles peuvent également survenir entre mineurs, entre adultes, ou encore être le fait de parents trop virulents. « Le plus gros défi, ce sont les parents », martèle un responsable de club.

Il est d’ailleurs de plus en plus fréquent que les clubs, de foot particulièrement, interdisent aux parents d’assister aux matchs…

Qui alerter ?

Si vous avez connaissance de faits de violences sexuelles, entre mineurs, entre majeurs ou entre mineurs et majeurs, ou si vous êtes témoin, vous avez obligation de les signaler.

119 – Enfance en danger. Appel gratuit et confidentiel, 24 h/24 et 7 jours/7.

Police ou gendarmerie. En cas d’urgence, composez le 17.

3018 – Numéro dédié au harcèlement et cyberharcèlement.

Plateforme Signal Sport – Lancée en 2021, la plateforme recueille environ cinq signalements par jour.

116 006 – Numéro national d’aide aux victimes de violences sexuelles.

SDJES 61

N’hésitez pas à signaler toute situation préoccupante.

Face à tout cela, les collectivités et les clubs sont appelés à poursuivre leur engagement et à nommer un référent dans chaque ville, dans chaque club, pour structurer et renforcer la prévention.

A L’Aigle, cette première mobilisation, très suivie, illustre une volonté plus large. Celle de faire du sport un espace sûr.



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