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cette pet sitter aurait gardé des chiens « enfermés dans des cages »

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Le gardiennage d’animaux de compagnie s’est largement démocratisé ces dernières années en France, encourageant l’émergence d’applications et autres sites dédiés à celles et ceux qui se proposent de garder à leur domicile des chiens ou des chats. Des applications comme Rover, sur laquelle était inscrite une pet sitter de Calmont depuis plusieurs années. Pet sitter qui fait aujourd’hui l’objet d’une enquête pour maltraitance animale après une sordide découverte de la gendarmerie de Nailloux, dans la nuit du mercredi 19 février 2025.

L’histoire est complexe. Plus que ce que les premiers éléments pouvaient en tout cas le laisser penser. Contacté par Voix du Midi Lauragais, un témoin qui a souhaité garder l’anonymat, et que nous appellerons donc ici Bertrand, raconte que tout est parti de la disparition de Fantôme, un husky de 2 ans, le samedi 15 février 2025. Signalée sur plusieurs groupes Facebook, cette disparition a encouragé une vague de messages dont certains ont permis d’apprendre que l’animal était sous la garde de la pet sitter de Calmont, aujourd’hui visée par l’enquête, quand il s’est enfui. Bertrand se souvient : « La pet sitter a contacté les propriétaires de Fantôme quand celui-ci s’est échappé. Étant donné qu’elle avait réceptionné le chien à Saint-Orens-de-Gameville – alors qu’il avait été en réalité vite transféré à Calmont -, les maîtres l’ont cherché à Saint-Orens, perdant ainsi un temps précieux. »

À la recherche de Fantôme

Finalement, au fil des jours, les maîtres de Fantôme démêlent le vrai du faux et apprennent que leur chien était en réalité gardé à Calmont et non aux portes de Toulouse. Leurs investigations les mènent jusqu’au domicile de la pet sitter, dans cette commune frontalière de l’Ariège. À partir de là, tout s’enchaîne.

Prévenus, les gendarmes de la brigade de Nailloux se rendent sur les lieux, mercredi 19 février dans la soirée. Le voisinage se serait déjà plaint depuis longtemps des aboiements incessants des chiens. Des nuisances sonores qui, désormais, deviennent encore plus suspectes. À l’intérieur, les gendarmes ont découvert plusieurs animaux enfermés dans des cages. Prévenue, la SPA de Toulouse prend en charge les chiens que les propriétaires n’ont pas pu récupérer immédiatement.

Néanmoins, aucune trace de Fantôme le husky. Ce n’est que quelques jours plus tard, le vendredi 21 février, qu’une personne habitant à 40 km de Calmont se manifeste après avoir vu les avis de recherche postés sur Facebook. Husky qui, selon une publication sur la page Pattes en cavale 31 se serait enfui du domicile de la pet sitter, et non à l’occasion d’une promenade, comme cette dernière l’aurait affirmé aux propriétaires.

Visée par plusieurs plaintes

Contacté par Voix du Midi Lauragais, le parquet de Toulouse affirme que sept plaintes ont été enregistrées dans un premier temps et qu’une enquête a été ouverte. La brigade de gendarmerie de Nailloux et le service de protection animale de la Direction départementale de protection de la population travaillent conjointement sur cette affaire, qui a également encouragé l’association Les 4 Pattounes, créée par Céline Gardel, capitaine de police à Toulouse, à se porter partie civile. Plusieurs propriétaires de chiens doivent encore être entendus par les gendarmes.

Une propriétaire témoigne

Marie fait partie des propriétaires contactés lors de l’intervention de la gendarmerie au domicile de la pet sitter à Calmont. Elle nous raconte :

J’ai laissé mon chien à cette dame le samedi 15 février après l’avoir sollicitée via l’application Rover. Je l’avais déjà rencontrée en décembre 2024 à Saint-Orens. D’après sa fiche, c’est d’ailleurs là où elle gardait les chiens. Elle m’a demandé de venir chercher mon animal mais j’ai refusé, préférant l’amener moi-même. Le jeudi 20 février au matin, j’ai reçu un appel de la gendarmerie de Nailloux, m’informant que mon chien avait été trouvé dans une maison de Calmont et qu’il m’attendait désormais à la SPA de Toulouse.

Marie apprend alors que la pet sitter avait pour habitude de prendre en charge des chiens à Saint-Orens-de-Gameville, où vivait sa mère, ainsi qu’à Calmont où, dans tous les cas, les animaux finissaient.

« Elle avait de très bons avis sur Rover »

Marie poursuit : « J’ai amené mon chien chez le vétérinaire. Il avait perdu un kilo et demi et souffrait d’une otite. » Elle souligne également la réactivité des responsables de l’application Rover. « Je les ai appelés tout de suite. Ils ont immédiatement bloqué le compte de la pet sitter et m’ont contacté plusieurs fois pour prendre des nouvelles, en m’informant qu’ils prendraient en charge les frais vétérinaires. »

Si aucune trace de coups et autres sévices physiques n’a été détectée sur les animaux récupérés, plusieurs témoins affirment que les chiens étaient enfermés dans des cages trop petites, sans eau ni nourriture, probablement pendant plusieurs jours d’affilée. Une personne qui souhaite garder l’anonymat précise quant à elle que le propre chien de la pet sitter restait parfois plusieurs jours enfermé dans la maison de cette dernière.

Marie, toujours bouleversée par cette affaire, souligne que la pet sitter lui avait pourtant fait bonne impression. « Elle avait en plus de très bons avis sur Rover et exerçait depuis plus de deux ans. »

Bien sous tous rapports

Le chien d’Élise ne fait pas partie de ceux retrouvés par la gendarmerie, ce soir-là. La pet sitter de Calmont l’avait néanmoins gardé à cinq reprises par le passé. Contactée par la rédaction, la jeune femme témoigne :

Beaucoup de choses nous reviennent aujourd’hui. Des éléments que la pet sitter parvenait toujours à justifier.

« Je me souviens par exemple que nous l’avions récupérée très amaigrie. On voyait ses côtes, poursuit-elle. La pet sitter nous avait dit que c’était dû aux longues balades et dans un premier temps, nous l’avons cru car notre chienne n’avait pas l’habitude de sortir autant avec nous. Néanmoins, nous nous sommes rendus compte que notre animal avait développé des troubles alimentaires. Avant, elle mangeait beaucoup, mais elle s’est mise à ne plus vouloir finir sa gamelle. « Autant de signes qui pour Élise, prennent un sens nouveau aujourd’hui : ­ » Étant donné que nous ne faisons pas partie des maîtres qui ont récupéré leur animal à la SPA, nous faisons des suppositions. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, je cherche à entrer en contact avec d’autres propriétaires. »

Élise précise que la pet sitter avait refusé de prendre le panier de l’animal, prétextant que chez elle, les chiens qu’elle gardait dormaient sur son canapé. La pet sitter avait pour habitude de régulièrement envoyer des photos des animaux lors de promenades, mais jamais aucune de l’intérieur de sa maison. La jeune femme indique aussi que sa chienne semblait toujours contente de se rendre chez la pet sitter et lui faisait la fête quand elle la voyait, encourageant une forme de confiance et de sérénité et justifiant ainsi le fait qu’Élise lui a confié à cinq reprises son animal.

Les 4 Pattounes

Céline Gardel de l’association Les 4 Pattounes rappelle que cette affaire n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle se souvient notamment d’une histoire similaire, survenue dans le Tarn. Un propriétaire était allé chercher son chien, qu’il avait confié à une personne. Très malade, squelettique et en insuffisance rénale, l’animal avait dû être euthanasié.

La capitaine de police rappelle qu’un professionnel qui est visé par une ou plusieurs plaintes pour maltraitance animale peut écoper d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et 15 000 € d’amende.

« Seule l’ACACED, pour Attestation de connaissances pour animaux de compagnie d’espèces domestiques, est nécessaire pour exercer le métier de pet sitter. Cette formation se déroule en deux jours, souligne Céline Gardel. N’y aurait-il pas quelque chose à faire à ce niveau ou même concernant les contrôles ? » Elle conclut néanmoins :

Il n’y a aujourd’hui plus d’impunité dans les affaires de maltraitance animale. Toute la chaîne pénale est impliquée.

L’association Les 4 Pattounes compte réclamer à la justice une interdiction définitive de travailler avec des animaux pour la pet sitter de Calmont.



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