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cette commune près de Dieppe a les pieds dans l’eau

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« À 8 h ce matin mon terrain était sec quand je suis partie travailler. Et là je reviens à midi, ma cave est pleine ! Vous ne pouvez pas faire de nouveaux bassins de rétention » , s’inquiète une Arquaise, interpellant les représentants du syndicat du bassin-versant de l’Arques ce vendredi 31 janvier 2025. « Nous en avons déjà 54 », répondent les spécialistes. « Mais nous comprenons votre désarroi ». Comme plusieurs habitants de la commune d’Arques-la-Bataille (Seine-Maritime) elle voit avec inquiétude l’eau monter dans les rues et dans les parcelles situées à proximité de la Béthune qui traverse la commune.

« Le pic devrait être atteint à 15 h »

Il faut dire que le 9 et 10 janvier dernier la commune a déjà été touchée par une crue. Et ce vendredi, bien que la pluie soit tombée moins dru, la situation prend une tournure exceptionnelle. L’eau monte à vue d’œil « et le pic des inondations devrait être atteint à 15 h à Arques », note Loïc Thulliez, le directeur du syndicat qui avec son équipe et le président de la structure, Frédéric Weisz font avec le policier municipal depuis la veille le tour des habitations et entreprises concernées.

« Nous avons, par exemple, prévenu les Ambulances Abraham hier d’enlever leurs véhicules », explique-t-il. Heureusement car ce vendredi matin, la cour de l’entreprise est sous l’eau, comme le jardin de la maison voisine, où la porte du sous-sol disparaît à moitié sous la surface. Dans tuyaux refoulent de l’eau de plusieurs propriétés vers la chaussée.

Les habitants essaient de limiter les dégâts en tentant d’évacuer l’eau de leurs jardins. ©Véronique Weber 

« Tous les plans d’eau sont pleins »

« Le pic de la crue a été atteint au niveau du capteur de Saint-Aubin-le-Cauf sur la Béthune entre 1 h et 3 h cette nuit. Le débit est de 30 m3 à la seconde, soit un peu moins que le 9 janvier où nous étions à 33 m3/seconde. « Depuis début janvier 200 mm d’eau sont tombés », constate Loïc Thulliez. « Tous les plans d’eau sont pleins, et font comme un grand lac. Je n’ai jamais vu ça depuis 25 ans que je suis en poste. »

Mercredi, il n’est tombé « que » 30 mm d’eau ce qui n’est en soi selon les techniciens pas extraordinaires – et moins que le 9 janvier –, mais c’était sans compter sur la conjugaison de plusieurs facteurs aggravants. Depuis plusieurs mois il pleut, « les sols sont gorgés d’eau et ne peuvent plus absorber », expliquent-ils. Les prairies inondables non plus.

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A la réunion de la Béthune et de la Varenne, le débit de l’eau est impressionnant. ©Véronique Weber 

Un fort coefficient de marée

« Par ailleurs, Arques-la-Bataille est très sensible car le phénomène de nappe n’est pas profond. Donc dans les maisons l’eau remonte par capillarité du sol dans les caves et sous sol », poursuivent-ils.

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La société des Ambulances Abraham s’est encore retrouvée entourée d’eau. ©Véronique Weber 

Et autre phénomène : quand c’est marée haute, l’Arques ne peut pas se vidanger dans le port, car les portes à marées sont fermées à ce moment-là.

« Sachant que ce vendredi 31 janvier, nous sommes face à un fort coefficient de marée. Et quand il y a une crue, lors de la marée haute il faut stocker l’eau en amont, ce qui impacte la zone Louis-Delaporte à Rouxmesnil-Bouteilles, et le stock se fait dans les prairies Budoux (vaste zone humide de 120 hectares entre Martin-Église et Arques-la-Bataille, Ndlr). Il vaut du temps et plusieurs phénomènes de marées hautes / marées-basse pour que toute l’eau se vidange », détaille Loïc Thuilliez. « Il n’y aura pas de retour à la normale à ce niveau-là avant une semaine », précise Frédéric Weisz.

« Une tendance proche de celle vécue en décembre 1999 »

Pour Loïc Thuilliez, « on est sur une tendance proche de celle vécue en décembre 1999 ». Une date qui a marqué de nombreux habitants dans la région dieppoise impactée par de très importantes crues. Elle sert de référence. « Les deux dernières crues d’importance remonte sinon à janvier 2003 et décembre 2011 », précise-t-il.

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Loïc Thuilliez, le directeur du syndicat du bassin-versant de l’Arques se sert du repère de crue du 26 décembre 1999 comme référence.  ©Véronique Weber 

Julien Edde, technicien rivière et Justine Wambre, chargée de mission risque inondation au sein du syndicat étaient également sur le terrain.

Cette dernière collecte notamment des informations et photos qui viendront enrichir une étude globale sur deux ans lancée pour mettre en place un plan de gestion pour éviter de tels événements. « Nous allons voir par exemple s’il faut créer un nouveau bassin de rétention en amont, comment travailler sur l’entretien des berges… », indique Frédéric Weisz.

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Justine Wambre, chargée de mission risque inondation au sein du syndicat et Frédéric Weisz, le président constatent sur le terrain les conséquences des inondations. ©Véronique Weber 



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