Home Nord « C’est dramatique pour ce petit »

« C’est dramatique pour ce petit »

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Neuf mois après une condamnation, alors qu’il était encore en sursis, un homme de 31 ans, originaire de Mons-en-Barœul (Nord), a été jugé au tribunal de Lille pour violences conjugales en présence d’un mineur. Deux jours avant l’audience, il se présentait au domicile de son ex-compagne, alcoolisé au matin. Il s’est imposé dans le logement, une scène violente s’en est suivie, traumatisant leur enfant, âgé de 4 ans. Le président du Département du Nord s’est constitué partie civile en vue de demander le retrait de l’autorité parentale.

En sursis pour des faits de violences similaires

Monsieur D. est dans une situation familiale « difficile ». Avec son ex-compagne, ils errent dans une relation chaotique depuis des années. Ils ont été ensemble de 2019 à 2023. Leur histoire est marquée par de violentes disputes, des séparations et, il y a quelques mois, par une gifle, qui entraîne M.D. devant le tribunal. Cinq mains courantes sont déposées, de 2022 à 2025. Ces scènes de violences se tiennent devant leur enfant, Joshua*, dès son plus jeune âge. En juin 2024, M.D. est condamné.

Il frappe 2 heures à la porte de son appartement

Fin mars 2025, il est toujours en sursis probatoire. Or, le matin du dimanche 23 mars, il prend la route vers le domicile de la mère de l’enfant. Lui indique qu’ils se sont remis ensemble. Elle dément, face aux policiers. M.D. explique : « On n’est pas en couple comme vous, vous l’entendez. Elle a son logement, moi je vis ailleurs. Simplement parfois on partage le lit conjugal ».

Ce matin-là, il termine son service dans un bar. Après 3-4 vodkas soda consommées avec des collègues, il arrive au domicile de son ex, où vit aussi son enfant. Voyant son état, elle lui refuse l’entrée. Il insiste, n’ayant plus de batterie sur son téléphone, et ses affaires chez elle.

Au bout d’un moment, elle ouvre et lui jette son chargeur, lui intimant d’aller « voir d’autres p… ». Il insiste, à taper à la porte et crier sur le palier pendant 2 heures. Elle finit par céder, ouvre la porte et il entre. En forçant, dit-elle, mais lui nie. S’ensuit une grosse dispute. Des insultes sont proférées. Elle décrit des gestes violents, physiquement. Lui nie cette version, aux policiers et devant les juges.

À leur arrivée, les policiers trouvent le couple en pleine dispute, aux côtés d’un enfant terrorisé, qui s’agrippe à un agent. Il imitera par deux fois son père en train d’administrer une gifle à sa mère. Mais ces faits datent, selon les parents, de plusieurs mois.

Il a été marqué par ça. Je connais mon fils. Maintenant, quand il est contrarié ou pas d’accord avec quelque chose, il lève la main. Il imite le geste de la gifle.

Monsieur D., jugé pour violences conjugales à Lille.

« Ce petit garçon, terrorisé, qui est capable de dire que vous avez été violent, qui s’agrippe à la police parce qu’il a peur, ça pose problème, Monsieur », déclare la présidente.

Une banalisation de la violence

« Je suis là parce que j’aime ma femme », soupire M.D.. « Ce qu’elle veut, c’est me tenir par les c…» Il regrette son insistance le jour des faits, mettant ça sur le compte de l’alcool, mais se perd dans des explications bancales, entre complaintes, accusations et regrets. Il pleure à plusieurs reprises. Son avocate décrit « un couple qui va mal, un monsieur qui va mal, avec un comportement inadapté. » Elle évoque son enfance, à lui, dans un contexte de banalisation de la violence. « Son entourage lui dit ‘c’est qu’une gifle’ [en parlant de la précédente affaire, N.D.L.R.]. » Elle insiste sur les déclarations fluctuantes de la compagne, et le fait qu’elle n’ait pas porté plainte pour ces derniers faits.

« Neuf mois après, ça recommence »

« Nous étions déjà en audience en juin. Neuf mois après, ça recommence. Monsieur ne se remet en question », partage l’avocate du Conseil départemental, qui s’est porté partie civile en le nom de son président, Christian Poiret. Elle souligne qu’il n’a pas respecté les obligations de soins pendant son sursis. Qu’il ne s’est pas présenté à des rendez-vous et a été virulent avec son interlocuteur judiciaire. « Pour les rendez-vous, je travaille de nuit. J’ai demandé que ce soit adapté mais on n’a pas voulu. Pour les autres choses, je n’ai pas compris comment faire », se défend le prévenu. Des arguments difficilement entendables par la présidente.

Un contexte « tout à fait dramatique » pour l’enfant

« Pour ce petit garçon, c’est tout à fait dramatique », appuie l’avocate du Département. « Ces démonstrations de violences auxquelles il a assisté ont des conséquences sur lui. Or, Joshua est dans les premières années de sa vie, qui sont fondamentales. » La procureure va dans ce sens, demandant comme le Département le retrait de l’autorité parentale, au moins partiel. « Monsieur dit ‘je suis là parce que j’aime ma femme’. Non, Monsieur est là parce qu’il a commis des violences, en récidive, devant son fils de 4 ans. Il est temps pour lui de se responsabiliser. »

10 mois de prison ferme requis

La procureure a requis 10 mois de prison ferme, avec révocation totale du sursis probatoire, pour une durée de 6 mois. Ceci assorti d’une interdiction de contact avec Madame et de se présenter à son domicile.

L’avocate du prévenu a demandé que son client ne soit pas placé en détention. « Il a compris l’incidence de ces scènes sur son enfant. L’autorité parentale est extrêmement sacrée. Je vous demande de peser le poids d’une telle décision sur la vie de l’enfant et de Monsieur. »

Le tribunal a tranché : M.D. a été reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Il a écopé de 6 mois d’emprisonnement, avec révocation partielle de sursis. Concrètement, il sera placé sous bracelet pendant 9 mois. Il a aussi interdiction de contact avec son ex-compagne, une interdiction de se rendre à son domicile pendant 2 ans et une nécessité de soins psychologiques et addictologiques. Il devra aussi verser des indemnités à l’enfant, 1 800 euros au total, qui viennent s’ajouter à la précédente somme de laquelle il ne s’est pas acquitté.

*Le prénom a été changé.



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