Il y a le côté pile, les voyages, les victoires, les dollars, le strass et les paillettes. Et il y a le côté face, moins visible, avec un quotidien souvent copier-coller, composé quasi exclusivement d’entraînements, d’étirements, de matches, de visites chez le kiné, de plâtrées de pâtes trop cuites et de soirées à l’hôtel, parfois miteux, à l’autre bout du monde, avec pour seule compagnie Netflix ou Instagram…
Si elle peut faire rêver de l’extérieur, la vie de tennisman professionnel comporte des aspects moins reluisants, pouvant conduire certains joueurs à une certaine forme de dépression.
Ces dernières années, des grands noms du circuit ont confessé leur burn-out, à l’image de Tsitsipas, Kyrgios, Thiem ou Caroline Garcia.
L’an dernier, c’est Emil Ruusuvuori qui a annoncé sur les réseaux sociaux souffrir d’un syndrome d’épuisement psychique. Après avoir appuyé sur pause pendant 6 mois, le Finlandais est retombé de la 36e à la 227e place mondiale.
De Miami à Cherbourg
Alors qu’il était présent en quarts de finale du Masters 1000 de Miami en 2023, année où il avait réussi l’exploit de battre le numéro 1 mondial Jannik Sinner, le voilà donc contraint de repasser par les tournois secondaires pour essayer de revenir au plus haut niveau.
Cette semaine, son « long chemin » vers la lumière des grands courts passe par Cherbourg, où il a bien voulu évoquer son mal-être après sa victoire mercredi 12 mars 2025 au 2e tour du Challenger.
« C’est un ensemble de choses qui ont fait que j’étais au plus bas mentalement, je n’avais plus envie de jouer au tennis, encore moins de voyager partout dans le monde », confie le natif d’Helsinki, lassé de « la routine » des tournois, de « la vie sociale différente » des autres garçons de son âge (25 ans), de la difficulté d’établir des relations sentimentales stables.
« Aujourd’hui, ça va mieux. J’essaye de faire les choses bien pour que mon esprit reste stable. J’ai retrouvé l’envie d’être un joueur de tennis, même si ce n’est pas tous les jours facile », dit-il, ajoutant « ne pas pouvoir nier » qu’il préférerait être cette semaine dans les vestiaires du prestigieux tournoi Indian Wells plutôt qu’au complexe Jean-Jaurès.
Je n’ai pas le choix. Revenir à mon meilleur niveau prendra du temps. Mais le plus important, c’est d’être certain d’être heureux de faire ce qu’on fait.
« La vie décalée » d’Alice Robbe
Les propos tenus par Emil Ruusuvuori ne surprennent pas Alice Robbe. La Fermanvillaise est elle aussi parfois confrontée à des épisodes plus sombres dans sa vie de joueuse professionnelle.
« Il y a eu des moments très compliqués sur le plan psychologique. Quand ça ne va pas, tu te poses énormément de questions », révèle l’ancienne 190e mondiale, retombée au 518e rang en ce début d’année après une saison gâchée par une blessure à l’épaule.
« Je connais plein de joueurs et de joueuses qui pètent des plombs. On a une vie complètement décalée par rapport aux autres, c’est un monde parallèle », souligne la joueuse formée au CL Tourlaville, pour qui les menaces et les insultes reçues au quotidien sur les réseaux sociaux par les parieurs ne font que renforcer cette mélancolie qui tend à se répandre dans le milieu.
On me dit que j’ai de la chance de voyager, mais on n’a quasiment jamais le temps de visiter ! Ce qu’on voit de l’extérieur peut paraître tout beau tout rose, et il y a certes des bons côtés, mais la réalité n’est pas toujours aussi simple…
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