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cela leur a coûté très cher



Le phénomène est bien connu des autorités : des coordonnées sont mises en vente sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Snapchat, afin d’éviter de payer vos PV. Le système est bien huilé : une fois le PV reçu, il vous suffit alors de dénoncer cette personne à votre place. Mais le tribunal de police de Lille (Nord) a décidé de frapper fort et punir sévèrement les personnes qui utilisent ce procédé. C’est notamment le cas de Karim* et Jérémy*.

Lille : ils achètent de fausses coordonnés sur Snapchat pour leurs PV

Devant le tribunal, mardi 11 mars 2025, ces deux-là avouent sans détour. « J’ai acheté les coordonnées sur Snapchat, cela m’a coûté 90 euros« , assure le premier, 31 ans et originaire de Tourcoing (Nord). Le deuxième, 30 ans et originaire de Roubaix (Nord), a pensé faire une très bonne affaire : « J’ai payé 20 euros sur Snapchat. Je venais d’avoir le permis, je voulais garder mes points. C’était une belle connerie. »

Ces deux-là s’étaient fait prendre à Marcq-en-Barœul pour de petits excès de vitesse. Ils ont eu le courage de tout avouer lors de l’audience. Leur mea culpa a été apprécié mais ils ont tout de même reçu la peine maximale pour ces infractions : 450 euros. Généralement, les coordonnées sont vendues une cinquantaine d’euros sur les réseaux.

Jean-Baptiste Fray, commissaire et officier du ministère public, a tenu à rappeler : « Vous participez à un système qui vise à ce que les gens n’assument pas leur comportement sur la route : quand on fait des bêtises, on perd des points. » Mais ce n’est pas le seul problème pointé du doigt : « Derrière ces coordonnées achetées, il y a des personnes qui existent vraiment et dont on a volé l’identité. Leur vie est bousillée, c’est insupportable.« 

Même pris la main dans le sac, ils insistent

Ce mardi, devant le tribunal de police de Lille, les noms dénoncés par les contrevenants sont bien connus de la justice : l’un habite à Tourcoing, l’autre à Londres. Il y a aussi cette jeune femme de Gibraltar qui a reçu le PV d’un routier. Leurs coordonnées sont vendues régulièrement et se retrouvent dans de multiples dossiers de contestations d’amendes.

« Nous connaissons malheureusement trop bien ce système. Il faut que cela s’arrête », s’énerve Jean-Baptiste Fray.

D’autant qu’à la barre du tribunal, certains insistent et s’empêtrent dans des explications improbables. Le plus souvent, ils assurent que ce n’est pas eux qui ont contesté l’amende et donné ces coordonnées. « Je ne sais pas qui a rempli ces papiers, je n’ai d’ailleurs jamais reçu le PV en question », assure par exemple Jean-Pierre*, 69 ans et originaire lui aussi de Tourcoing. Même excuse pour Mohamed*, 51 ans et habitant Roubaix.

Le phénomène est de grande ampleur et touche tous les âges. Jusqu’à une femme de 80 ans originaire de Mouvaux, bien que dans ce cas le tribunal soupçonne plutôt les enfants ou petits-enfants d’être derrière cette « fausse dénonciation ». Tous ont pris l’amende maximale de 450 €.

Le tribunal de police de Lille revendique être « sans pitié » dans toutes ces affaires. Le commissaire Jean-Baptiste Fray dénonce également les faits à la procureure de la République, qui peut ensuite décider de poursuivre les contrevenants.

À bon entendeur.

*Prénoms d’emprunt



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