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« Ce sont des enfants en train de se faire violer que vous regardiez »

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Il a dérapé. Et quatre ans après, il ne sait toujours pas l’expliquer.

Le retraité de la SNCF qui se tient à la barre du tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon, ce lundi 17 mars 2025 est pétri de honte.

À 64 ans, cet ancien conducteur de train, père de grands enfants et même grand-père, est poursuivi pour avoir téléchargé, en février 2021, et conservé des images et des vidéos d’enfants à caractère pornographique.

Confondu par son adresse IP

Confondu par la plateforme gouvernementale Pharos*, qui permet de détecter des contenus illicites en ligne, l’homme est retrouvé grâce à son adresse IP.

En octobre 2022, une perquisition à son domicile débouche sur la saisie et l’analyse de son ordinateur : les enquêteurs y retrouvent 500 images pédopornographiques, une cinquantaine de vidéos du même genre ainsi que des traces de consultation de sites proposant ce type de contenu.

« Je ne comprends pas pourquoi j’ai fait ça », répète en boucle le prévenu à la barre. 

Vidéos :

Cela fait deux ans que je vais voir une psychologue pour comprendre, ça me rend malade, ça me dégoûte !

Le prévenu, lors de l’audience

Marqué par son divorce après plus de 20 ans de mariage, l’homme s’est remis en couple en 2019.

Il dit s’être mis à regarder du porno après sa rupture.

Sa nouvelle compagne, toujours avec lui, entendue par les enquêteurs, n’a jamais constaté de geste déplacé avec des enfants.

Un accès trop facile aux images

Comment cet homme inséré, avec une vie « normale », a-t-il pu glisser du visionnage de vidéos porno à des images mettant en scène des violences sexuelles sur des enfants ?

C’est ce que la présidente Isabelle Jubineau a tenté de comprendre.

Pourquoi avez-vous cliqué plus de 500 fois sur ce type de contenus ? Vous y trouviez du plaisir, de l’attirance ? C’était de la curiosité malsaine ? C’est quoi ? 

Isabelle Jubineau, présidente du tribunal

Du « recel de viols d’enfants »

Dans sa déposition, le prévenu avait insisté sur la facilité d’accès à ce type de contenu. « Cela ne vous dédouane pas ! » assène la présidente du tribunal. « Avez-vous conscience que ce sont des enfants en train de se faire violer que vous regardiez ? »

La procureure de la République, Fiammetta Esposito, renchérit :

Vous dites que vous ne voulez pas cautionner ce type de criminalité, mais c’est en visionnant ces viols qu’on les cautionne, justement ! 

Elle requiert 18 mois de prison avec sursis et une obligation de soins.

« Il n’est pas dans le déni ! »

L’avocate du prévenu insiste sur la reconnaissance des faits par son client et sa « profonde culpabilité », ainsi que sur sa personnalité « fragile » et une enfance traumatique. « Il n’est pas dans le déni », souligne Maître Anne Dauvin.

Simplement, il ne peut pas vous donner d’explication dans la mesure où il en cherche une lui-même depuis deux ans auprès de sa psychologue.

Maître Anne Dauvin, avocate du prévenu

Le conseil précise que ces visionnages n’ont duré qu’un mois.

« On n’est pas dans le schéma habituel pour ce type de faits. »

Le tribunal l’a condamné à un suivi sociojudiciaire pendant trois ans et l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs. Il devra aussi poursuivre les soins. En cas de non respect du suivi socio-judiciaire, le prévenu s’expose à six mois d’emprisonnement.

Son nom est désormais inscrit au Fijais, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.

*Plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements.



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