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ce qui plaît, et ce qui plaît moins

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Les réaménagements de centres-villes suscitent immanquablement des réactions, aussi vives chez ceux qui y habitent, que chez ceux qui y passent quotidiennement. Et c’est bien normal, quand les habitudes s’en trouvent temporairement bousculées. Mais rarement a-t-on vu à Lille actu les passions se déchaîner autant que lors du dévoilement du nouveau visage de la rue du Molinel, en plein cœur de Lille (Nord). Le « réveil » de cet axe-clé, dont les travaux empêchent la circulation depuis juin 2023, s’est opéré le 3 mars 2025, avec le retour des bus. L’occasion d’aller immortaliser le rendu final, qui n’a laissé indifférent… pour ainsi presque personne. Alors, qu’avez-vous, Lillois, aimé et moins aimé dans cette refondation de la rue ? On fait le tour des impressions reçues.

Refondation de la rue du Molinel à Lille : des avis partagés

Avant toute chose, il convient de rappeler la nature des aménagements finalisés. Les premiers coups de pelle remontent à juin 2022, soit plus d’un an après une vaste consultation menée par la Ville de Lille auprès des riverains, en février 2021. Il en est ressorti qu’il fallait considérablement réduire la place de la voiture, alors présente à 80 % sur la rue du Molinel, créer des voies à part pour les lignes de bus et une piste cyclable bidirectionnelle sur plus de 700 mètres, reliant la gare Lille-Flandres à République. Enfin, le dernier changement de taille était la végétalisation massive de l’artère, avec la plantation de 150 arbres. Facture totale : 6,40 M€ pour le compte de la MEL, 1,20 M€ pour celui de la mairie.

Les bus ont fait leur retour dans la rue du Molinel le 3 mars 2025. Ils circulent sur des voies qui leur sont dédiées. ©Margot Nicodème

Début 2025, toutes les promesses ont été tenues, et c’est visible dès le premier pied mis dans la rue. L’effet, toutefois – et c’est attendu – crée un clivage. Certains regrettent les places de stationnement d’antan, quand d’autres s’extasient devant une rue simplement jugée plus jolie, et plus sécurisée. Voici les pour et les contre, soulevées par les Lillois et métropolitains eux-mêmes.

Ce qu’ils aiment

On peut, en premier, citer l’aspect général de la rue, devenue (objectivement) bien plus jolie. On lit ainsi parmi les nombreux commentaires de lecteurs : « Magnifique ! Superbement refaite, beau projet ! » ; « Je vois que cette rue vit enfin, il y a du monde. Avant je la traversais rapidement et je n’y marchais jamais. C’était insupportable, laid et bruyant » ; « La rue est enfin devenue fréquentable. Je ne faisais qu’y passer le plus rapidement possible tellement elle était horrible » ; « La rue du Molinel était parfaitement ignoble et sans âme, c’était un enfer à vivre… Des commerces de qualité vont enfin pouvoir s’implanter dans cette rue qui borde l’hypercentre ». Un habitant de la rue estime ainsi que « nous les riverains sommes assez contents, car notre ville devient plus jolie et agréable à vivre ».

Un embellissement qui devrait profiter aux commerces alentour, beaucoup le pensent. « Cette rue était absolument dégueulasse [sic], sans arbres et pas du tout agréable pour faire ses achats en tant que piéton. »

Autre élément applaudi, la qualité des aménagements cyclables. On lit ainsi que la rue est devenue « idéale à vélo », quand un autre lecteur se réjouit de « l’arrivée de pistes cyclables dans Lille ». Le résultat est jugé par un certain Philippe comme étant « très bien aménagé et sécurisé entre les vélos et les voitures ». « Rod », lui, qualifie le résultat d’« excellent. Les travaux transforment la ville en un espace plus agréable et durable : davantage de pistes cyclables, de zones piétonnes et moins de voitures. Une vraie révolution pour nos centres-villes ! »

Et justement, les voitures… Et par extension le stationnement, c’est le caillou dans la chaussure de ceux qui émettent des réserves plus ou moins sérieuses sur l’avenir de la zone requalifiée.

Ce qu’ils aiment moins

Le stationnement a été revu à la baisse rue du Molinel, et certains avancent un impact négatif plutôt entendable : une accessibilité plus compliquée aux établissements de santé. Myriam pense ainsi qu’il « aurait quand même fallu laisser les deux places handicapées devant le cabinet de radiologie, parce qu’aucun parking, aucune autre place n’est assez proche ». Au-delà de cela, beaucoup de lecteurs s’inquiètent de la pérennité des commerces.

« Puisqu’on ne peut plus aller en ville en bagnole [sic], j’irai faire mes achats dans les grandes zones commerciales où on peut se garer sans difficulté et gratuitement » ; « Lille qui ne propose plus aucune place de stationnement ! Encore une raison pour moi de boycotter la ville. J’habite loin et à la campagne, alors ne me dites pas de prendre des transports en commun, j’ai testé, mon bus est tombé en panne 2 fois sur 3. Alors j’ai arrêté aussi ! » ; « Je donne pas cher de l’avenir du centre-ville qui ne sera plus qu’une immense succession de petits îlots verts que personne ou presque ne fréquentera tellement leurs accès seront difficiles ».

En réponse, un internaute ne manque pas de souligner que les voitures profiteront finalement « elles aussi du report modal que ce genre d’infrastructures entraînera immanquablement. Chaque vélo, piéton, passager des transports en commun en plus, c’est une voiture en moins et donc plus de place pour les véhicules restants… » Cela s’entend.

La cohabitation entre les cyclistes et piétons soulève aussi des interrogations. Proximité immédiate, signalétique insuffisante : des risques d’accidents sont pointés du doigt.

« Habitant la rue, je regrette un gros détail très mal pensé : quelle idée de faire une double piste cyclable sans séparation avec le trottoir et avec des vélos ou des trottinettes souvent débridées, qui frôlent les piétons à plus de 30 km/h » ; « Une meilleure signalétique ou une séparation aurait été préférable » ; « Ce qui est stressant, c’est ce passage piéton sur la piste cyclable après le passage piéton sur les voies automobiles. J’ai déjà assisté à des scènes d’accidents évitées de justesse ! »

ll semblerait, finalement, que le problème découle davantage de l’incivilité des usagers que d’une répartition absurde de l’espace. « Très beau mais hyper dangereux quand on est piéton : les trottinettes et les vélos déboulent dans tous les sens, ne freinent pas. Idem quand on sort du parking des Tanneurs en voiture, il faut y aller centimètre par centimètre pour ne pas risquer de renverser quelqu’un ».

Le mieux, c’est peut-être de laisser s’écouler la « période d’essai », afin que chacun trouve sa place et prenne le temps d’apprécier (ou non) le cadre modernisé.



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