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ce père de famille condamné pour avoir agressé sexuellement sa fille et une de ses amies

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Depuis que sa maman a quitté le domicile familial, Charlotte* vit à Fleury-sur-Andelle (Eure) avec son père qui perd pied, boit beaucoup, se plaint du manque et de l’abandon. La vie quotidienne s’organise. Progressivement, s’installe un climat lourd rempli des gestes franchement déplacés qui entretiennent une ambiance ambiguë, pesante et détestable pour la jeune fille.

Une main aux fesses accompagnée d’un « pousse-toi de là Nénette » en guise de motif pour pénétrer la sphère intime de l’adolescente de 15 ans.

« J’ai besoin de l’amour d’une femme »

Cela ressemble à une stratégie de banalisation insidieuse de gestes désinhibés qu’autorise une consommation habituelle d’alcool. Les experts psychiatres décrivent ces enfants qui comblent les manques d’adultes défaillants comme des « enfants thérapeutes ».

Peut-être est-ce pour échapper à ce climat délétère que Charlotte invite Manon*, sa meilleure amie du même âge, à passer le week-end du 20 avril 2024 à Fleury-sur-Andelle, entre filles. Le samedi se passe bien. Dans la soirée, tout le monde se détend. Le père de famille a déjà quelques whiskys à son actif.

Assise dans le canapé du salon, Manon évoque quelques difficultés familiales. À côté d’elle, l’homme se veut rassurant : « Tu es forte maintenant, tu as 15 ans. »

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Une main passe dans les cheveux de la jeune fille, puis s’égare sur la cuisse. Très mal à l’aise, elle n’ose bouger. Il insiste et reprend : « Moi j’ai besoin de l’amour d’une femme. »

Chloé voit le manège. « Arrête ça tout de suite ! », intime-t-elle, furieuse, à son père. Elle tire son amie et toutes deux s’en vont dans leur chambre. Le lendemain matin, l’atmosphère est tendue. Dans un accès d’autorité ou de colère, le père fracasse du poing une table basse. Les jeunes filles sont terrifiées. Charlotte appelle sa maman pour qu’elle vienne les chercher.

Sentiment de honte

En garde à vue, le prévenu conteste le caractère sexuel de ses avances. À la barre, il regrette les gestes déplacés. « J’ai compris, dit-il. J’ai perdu ma fille à cause de l’alcool. Je ne bois plus et je m’excuse auprès de ma fille de tout ce que je lui ai fait vivre. Je lui ai demandé pardon. »

Sur le banc de la partie civile, seule Manon, soutenue par sa maman, est présente. Charlotte est représentée par son avocate. « Je ne peux plus voir mon père. Pour le moment, j’ai besoin de garder mes distances et je crois que lui aussi en a besoin. L’interdiction de contact qui lui est faite doit être maintenue. C’est une bonne chose. Cela prendra du temps pour reconstruire la relation. Il reste un sentiment de honte et de culpabilité diffuse », dit-elle par l’intermédiaire de son avocate. La jeune fille est désormais loin de ses amies et de son frère et la distance est difficile à vivre.

Étrangement, les sentiments de honte et de culpabilité sont souvent vécus par les victimes, alors que, précisément, ils devraient être ceux ressentis par les auteurs. Manon souffre de troubles anxio-dépressifs.

Après délibération, le prévenu est reconnu coupable des infractions retenues contre lui et condamné à huit mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans avec obligation de soins et obligation de travail. Interdiction lui est faite de contact avec les victimes ainsi qu’interdiction de travail avec des mineurs pendant trois ans. En outre, il se voit inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). Les préjudices envers Manon seront évalués lors d’un procès en intérêt civil.

*Prénoms d’empruntPour rappel, les condamnations en première instance ne sont pas définitives puisque susceptibles d’appel. Jusqu’à la condamnation définitive, les prévenus sont donc toujours présumés innocents.



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