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ce maire du Morbihan « peux partir tranquille »

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Certains pourront toujours lui reprocher son manque de charisme. Tant pis. Loïc Le Trionnaire, le maire de Plescop, n’est pas quelqu’un d’expansif. Cela ne colle pas à ce personnage qui n’a jamais caché son attachement viscéral aux valeurs de la gauche. « J’ai travaillé dans le social (cadre à la CPAM du Morbihan). C’est dans mon ADN ». Et puis, « on ne peut pas plaire à tout le monde », répond celui qui aurait pu user du même slogan («La force tranquille ») d’un ancien Président de la République qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau : François Mitterrand.

« J’ai fait ce que j’avais à faire »

Lui sait qu’il a donné 24 années de sa vie à sa commune natale, Plescop. Deux mandats comme adjoints, deux autres comme maire et c’est déjà pas mal. « J’ai fait ce que j’avais à faire ; je pense que je peux partir tranquille. »

Dans un an, alors qu’il se rapprochera de ces 75 ans, il laissera la place à quelqu’un d’autre. « J’ai chargé Pierre Le Ray (NLDR : un de ses adjoints) d’animer un collectif pour préparer ma succession. L’équipe a besoin d’être renouvelée ; On est, pour certains d’entre nous, tous de la même génération ».

La force tranquille

Loïc Le Trionnaire part aussi et surtout parce que toutes ses ambitions pour Plescop ont été menées à bien. « Quand je suis arrivé à la mairie, j’avais vraiment envie de faire évoluer ma commune. Je n’étais pas content de la voir telle qu’elle était. J’étais persuadé que l’on pouvait lui donner un autre statut ».

Pas question d’en faire une ville-dortoir adossée qu’elle est à Vannes, sa grande sœur.

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« Si je suis attaché à l’aménagement du territoire à l’échelle de l’agglomération, notre commune a aussi et surtout le droit d’exister en tant que tel ».

Loïc Le Trionnaire, maire de Plescop.

Alors, pour commencer il s’est appuyé sur ses valeurs sûres, comme son tissu associatif. Lui qui a été président de l’amicale laïque et cofondateur du comité des fêtes, a toujours attaché une importance extrême à ses administrés « qui font vivre la commune. Sans eux, nous, les élus, ne ferions pas grand-chose. »

Le sport (avec ses cinq salles dont les deux dernières sont en construction) ou la culture (avec son futur pôle culturel) ont été au centre de ses investissements ces dernières années.

« Il faut une opposition »

Durant son dernier mandat (2020-2026), le maire de Plescop déplore le fait qu’il n’y ait pas d’opposition au sein du conseil municipal.  » Ce n’est jamais très bon pour la démocratie. On a toujours besoin d’avoir un contre-pouvoir pour garder de la clairvoyance dans nos décisions. Je le regrette donc fortement car ce sont aussi des gens qui ne s’engagent pas pour la commune.  » Y en aura-t-il en 2026 ? Rien n’est sûr.

 

800 logements en construction !

« J’ai toujours voulu que ma ville soit accueillante ; qu’elle dispose de tout ce dont un citoyen souhaite avoir pour son bien-être, son cadre de vie ». Loïc Le Trionnaire s’est alors attelé à développer l’habitat pour accueillir les populations nouvelles. Et pas un peu. D’ici l’année prochaine, Plescop disposera de plus de 800 logements supplémentaires grâce à l’intégration de deux zones d’aménagement concerté (ZAC). « Ce qui est primordial pour une commune, c’est de maîtriser son foncier. C’est comme cela qu’elle peut garder la main sur l’aménagement de son territoire. En fonctionnant ainsi, nous décidons de ce que nous voulons faire de nos espaces. Et pas le privé. En plus, grâce à ces opérations immobilières confiées à des organismes publics (comme Morbihan habitat) nous nous sommes créé de nouvelles ressources financières. » De nouvelles recettes qui ont alors permis à la commune de garder un niveau d’investissement assez remarquable.

Loïc Le Trionnaire, ici avec son adjoint Bernard Danet, estime que dans quelques années, la voiture n’aura plus sa place dans le centre-ville de Plescop. ©La Gazette du Centre Morbihan.

« Ces projets immobiliers nous font gagner de l’argent »

Même si un dossier comme celui du Park Névez avec ces 650 logements aura demandé dix années de préparation ! « C’est comme cela. Il faut savoir être patient. Ce sont des projets ambitieux qui demandent du temps. »

Loïc Le Trionnaire ne se plaint pas. « Les règles d’urbanisme, elles n’existent pas pour rien. Sinon, on ferait tout et n’importe quoi. »

Dans l’autre futur quartier de Saint-Hamon, l’objectif a aussi été privilégier la mixité sociale.

« Alors que les prix de l’immobilier s’envolent, nous prévoyons toujours dans nos programmes des logements accessibles aux primo-accédants ».

Loïc Le Trionnaire, maire de Plescop.

Un foyer intergénérationnel et un foyer de jeunes travailleurs seront aussi abrités sous le même toit dans ce quartier « à être modélisé ailleurs ».

Avec tout cela, la pression fiscale n’existe pas à Plescop. « C’est un choix depuis des années, de ne pas augmenter les impôts. Nous travaillons sur d’autres leviers comme les charges de personnel, le poste le plus lourd dans nos dépenses de fonctionnement. Quand un agent part en retraite, on se pose la question de savoir si son poste est toujours utile à la collectivité car les temps changent. »

Fini les voitures en centre-ville demain

Loïc Le Trionnaire et son équipe ont déjà commencé à œuvrer dans ce domaine : celui de la mobilité. « Nous avons décidé de rendre la route plus contraignante pour les automobilistes pour qu’ils se rendent compte qu’il existe d’autres moyens de se déplacer, surtout lorsque l’on prend sa voiture pour faire 300 mètres ».

La priorité à droite a donc été remise au goût du jour. « Et puis, notre message a été clair : c’est 30 km/h dans toute l’agglomération ».

Car l’édile passera le relais en espérant fortement que ses successeurs continueront dans cette voie. « Il faut privilégier les déplacements doux. La piste cyclable en cours de réalisation entre Plescop et Vannes en sera un bon symbole. Vivre sans la voiture demain dans nos cœurs de ville, c’est tout à fait possible. Cela permettra de faciliter les rencontres et donc les échanges et c’est le bien-vivre ensemble qui en sera renforcé ».

Les priorités de demain

Sans tambour ni trompette, Loïc Le Trionnaire passera le témoin en 2026 avec la satisfaction du devoir accompli. « Je pense qu’il faudra désormais s’atteler sur le diagnostic énergétique de certains de nos équipements vieillissants. On a fait le nécessaire sur le plan du neuf. Comme l’énergie coûte de plus en cher, il va falloir chercher à ce que la facture ne s’envole pas trop. » Et puis, il y a un autre vaste chantier à mener pour lui, dans les années à venir : les déplacements doux et le transport urbain pour désengorger les voitures des villes (lire en encadré).

En résidant à 150 mètres de la mairie, nul doute que celui qui va « prendre le temps de vivre un peu plus » avec son épouse qui vient de le rejoindre à la retraite, ne coupera pas le cordon aussi facilement que cela. « Je vais profiter de ma famille (NLDR : un second petit-fils va bientôt arriver) et comme je suis curieux de tout, voyager, faire de nouvelles rencontres ».



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