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« ça fait un gros pincement au cœur »



La Transju’2025 aura bien lieu les 6 et 7 février soit ce week-end, mais en raison des aléas de la météo, la plus grande course de ski de fond de France a été contrainte de renoncer à son parcours mythique de 76km entre Lamoura et Mouthe.

Pour assurer le maintien de l’évènement, pour lequel sont inscrits plus des milliers de skieurs, dont 800 étrangers, Trans’organisation a proposé un parcours de 40km au départ de la Darbella, à la Station des Rousses.

Un véritable crève-coeur pour la directrice de course, Marie-Pierre Guilbaud. Elle qui a participé aux JO d’Albertville et remporté victoires à la Transjurassienne revient sur cette décision. 

Vous qui avez gagné quatre fois cette course mythique de 76 km, que ressentez-vous aujourd’hui ? 

Un gros pincement au cœur. C’est vrai que j’ai des souvenirs de la Transjurassienne qui traversait les villages, avec les cloches, avec un engouement incroyable des spectateurs. Mais en tant qu’organisateurs, nous sommes partagés entre cette déception et la satisfaction de pouvoir maintenir l’épreuve. La Transjurassienne attire des skieurs étrangers : plus de 800 sont inscrits à l’épreuve, de 36 nations, et des skieurs de toute la France avec pratiquement tous les départements français qui sont représentés. C’était particulièrement important pour tous ces skieurs et pour toute l’économie du Haut-Jura que la course ne soit pas annulée. 

Au fond n’est ce pas plus le mythe qui est affecté plutôt que la pure dimension sportive de la course ? 

Ce qu’on regrette le plus c’est ce parcours folklorique à travers les villages, ce parcours mythique et la ferveur populaire le long de ce parcours. Mais l’envie de skier est toujours là : cette année, nous avons dépassé les 4 000 inscrits, c’est une moyenne plutôt haute. Les conditions ont été exceptionnelles en décembre, les gens qui skient d’habitude ont pu se préparer. Nos équipes travaillent d’arrache-pied pour proposer une boucle la plus longue possible, entre 12 et 14 km. Le parcours n’est pas facile : il y a l’ascension du Massacre, pas jusqu’en haut mais jusqu’à la Frasse, avec un dénivelé assez correct, tout ça enchaîné trois fois, ça reste au niveau sportif une épreuve assez difficile, un beau défi, même si ce n’est pas le parcours espéré. 

Vidéos :

L’impact du réchauffement climatique sur les évènements sportifs d’hiver commence à être compris parmi les skieurs ?

Tout dépend par qui, mais c’est vrai qu’aujourd’hui les gens voient bien que l’enneigement est très fragile dans de nombreux endroits, surtout en ce qui nous concerne en dessous de 1 500 mètres. Les skieurs qui fréquentent les pistes ici dans le massif du Jura voient bien tout ça, ils ont fait un peu une croix sur les parcours mythiques qu’on pouvait proposer avant parce qu’ils savent que c’est compliqué, mais ça n’empêche pas d’être déçus. 



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