Home Politique Budget serré, investissements limités et impôts en hausse de 6 % pour...

Budget serré, investissements limités et impôts en hausse de 6 % pour cette commune de la Manche

6
0



Dans une introduction d’une dizaine de minutes, Alain Navarret, le maire de La Haye-Pesnel, commune du sud de la Manche, a posé les bases de la réunion de conseil municipal consacrée à l’examen puis au vote du budget primitif, mercredi 2 avril 2025.

Tout le monde, y compris moi, a de bonnes raisons de ne pas voter le budget ce soir. Notre situation n’est pas très florissante, je me demande si on n’est pas la commune la moins riche de la Manche. J’y ai ma part, car je n’ai pas l’habitude de me défiler devant mes responsabilités. C’est la première fois que je n’ai aucune certitude sur ce qui va se passer. 

Alain Navarret, maire de La Haye-Pesnel

Trop peu d’habitants pour des charges lourdes

Le maire l’a admis, « notre situation assez singulière nous accule devant des difficultés financières déjà présentes depuis trois-quatre ans. C’est pour moi une énigme que d’avoir un budget contraint par des charges de personnel énormissimes, dont le pourcentage ferait frémir n’importe quel maire, alors que nous sommes sous-staffés partout, avec ce que cela peut entraîner derrière : velléités de départ, souffrance au travail… Notre syndrome est celui d’une population trop faible (1 313 habitants selon les données provisoires du dernier recensement) pour faire fonctionner ce qu’on a à faire fonctionner. » Notamment avec trois établissements scolaires accueillant plus de 700 élèves chaque jour.

Un taux d’imposition en hausse de 6 %

Compte tenu de cette fragilité financière, une hausse non négligeable des taux d’impositions, intervenant après les deux hausses successives de 3 % votées en 2023 puis en 2024. Cette augmentation viendra s’ajouter sur la feuille d’impôts des contribuables haylands à celles des bases (+1,7 %) et aux hausses votées par Granville Terre et Mer.

La taxe foncière bâtie va passer de 42,65 % en 2024 à 45,21 % en 2025, la taxe foncière non bâtie de 38,93 % à 41,27 % et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de 11,80 % à 12,51 %.

Vidéos :

Hausse insuffisante pour l’ancienne adjointe

Cela va générer une augmentation des recettes fiscales communales de 34 331 € pour un produit attendu de 606 525 €. « Nous sommes très en deçà de l’effort demandé au niveau communautaire, a recadré Alain Navarret. Nos taux étaient jusqu’à maintenant assez bas en comparant à d’autres communes qui assument une centralité comme Granville, Bréhal ou Sartilly-Baie-Bocage. Ils restent raisonnables par rapport à ce qui se fait autour. » « Une hausse de 6 %, ce n’est pas assez », a estimé Annie Lematte, ex-adjointe aux finances, qui s’est abstenue avec Nelly Loisel-Le Pallec et Gilles Chapron.

Des postes supprimés ou non remplacés

Avec un budget primitif à 1 899 804 € en fonctionnement (seulement 41 197 € d’excédent réalisé en 2024), la commission finances a cherché à potentialiser les recettes et limiter les dépenses (600 000 € de charges à caractère général, 1 041 000 € de charges de personnel).

Des postes n’ont pas été renouvelés comme celui du chef des services techniques (qui a muté vers une autre collectivité en 2024) et celui de l’éducateur sportif tandis que le garde champêtre, qui fera valoir ses droits à la retraite en juillet, ne sera pas remplacé. « Mais nos efforts sont en partie ruinés par des dispositions gouvernementales dont la hausse de la CNRACL qui va nous coûter 18 000 €. Cette inflation allègre des charges nous laisse perplexes. »

Des investissements en « trompe-l’œil »

Les investissements s’élèvent eux à 1 342 595 €. Un chiffre « en trompe-l’œil » car il comprend l’intégration de la salle du Pays hayland dans les actifs de la commune à hauteur de 1,1 million d’euros. Compte tenu de la part des emprunts, les véritables investissements seront donc « minimalistes, mais d’une impérieuse nécessité » : éclairage du stade Louis-Dior, éclairage public, remise en état des sanitaires publics.

Ce budget primitif a été adopté par neuf voix pour, une contre (Sylvain Lechevallier) et quatre abstentions (Annie Lematte, Nelly Loisel-Le Pallec, Ludovic Rosel et Gilles Chapron). Les budgets annexes (eau/assainissement et lotissement) ont été votés à l’unanimité.

S’il a mis « un mouchoir » sur la réfection de la place de la mairie et la revisite du plan de circulation dans le bourg, projet phare annoncé de la mandature qui se terminera en mars 2026, Alain Navarret n’a pas voulu « voir tout en noir, car La Haye-Pesnel bouge quand même. Heureusement qu’on a une communauté de communes très intégrée qui va investir massivement dans notre commune dans les mois et les années à venir. »

GTM en investisseur principal

La communauté de communes Granville Terre et Mer a en effet voté le jeudi 20 mars le raccordement de ses équipements (médiathèque, salle de l’espace du bocage et école de musique) au projet de réseau de chaleur urbain dont la maîtrise d’œuvre a été confiée au Syndicat départemental d’énergies de la Manche.

Un projet qui verra le remplacement des vieilles chaudières au fioul par l’installation d’une chaufferie à bois déchiqueté à l’emplacement de l’ancien centre de secours. Ce réseau de chaleur desservira en outre plusieurs équipements communaux : mairie, écoles, centre de loisirs ainsi que les bâtiments de la Poste et de la gendarmerie.

2025 verra aussi le démarrage des travaux de rénovation et d’extension du gymnase communautaire qui vont s’étendre jusqu’à la fin de l’année 2026 pour un coût avoisinant les trois millions d’euros.

Enfin, Granville Terre et Mer compte investir environ cinq millions d’euros dans la réalisation d’un pôle socioculturel regroupant la médiathèque, l’école de musique et le relais parents-enfants sur la partie haute du parking du champ de foire.




Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here