Dans la soirée du vendredi 31 janvier 2025, dans un discours sans grande annonce, et devant plusieurs centaines d’habitants, le maire de Cherbourg-en-Cotentin (Manche) Benoît Arrivé a dressé le portrait d’une ville qui se veut « moderne » et « solidaire », au cœur d’un territoire appelé à être « ambitieux » à l’heure d’appréhender les bonnes nouvelles (notamment industrielles) du moment et d’imaginer un futur désirable.
Le tout, en préservant ce qui peut le différencier des autres.
Conjuguer présent et futur
Les voyants économiques sont au vert, même si « tout n’est pas rose » (« un certain nombre d’entreprises traversent des difficultés », rappelle l’élu).
Pourtant, arrivé à un carrefour de son histoire et de son développement, le Cotentin est appelé conjuguer présent et futur, le temps court et le temps long. Il y a les chiffres, les projections et les vies.
Il a dit
– « Notre ville n’a pas la volonté de phagocyter l’essor du territoire. L’effet d’aubaine doit profiter à tous. »
– « J’entends – ce serait difficile de ne pas l’entendre – les récriminations contre les embouteillages du matin à la gare. Je suis parfois dedans, comme tout le monde. Nous peaufinons le réglage des feux pour les atténuer et je pense que les choses commencent à s’améliorer. »
– « Les nouveaux services de bus, ce n’est rien d’autre qu’une réponse à la question économique que pose de plus en plus brutalement le coût des transports à toutes les catégories sociales. »
– « C’est une vue de l’esprit de penser qu’un contournement sera la solution à nos problèmes. L’histoire ne va pas dans ce sens. »
– « Nous devons donc veiller à ce que le prix du mètre carré reste accessible à chacun et, à cet effet, construire des stratégies collectives. L’enjeu du logement est majeur. »
– « Notre objectif n’a pas changé : il consiste à rendre la ville plus belle et plus désirable. »
– « Il est temps de sécuriser le tronçon Valognes-Cherbourg sur la RN13 et de retrouver les 110 km/h. L’État a pris des engagements. Il va être urgent de les tenir. »
– « Le grand enjeu pour nous comme pour le groupe Orano, au-delà du financement de son projet, c’est de savoir construire ses nouvelles usines. »
Et, pour le maire, l’esquille d’une ligne directrice telle qu’il la conçoit, à un peu plus d’un an des élections municipales.
Les perspectives réjouissantes qui se dessinent pour la ville seront une chance si et seulement si nous faisons en sorte qu’elles bénéficient à tous et qu’elles améliorent la qualité et le confort de vie dans chaque maison, dans chaque appartement. L’essor qui s’annonce doit nous permettre de combler les fractures sociales qui ne cessent de se creuser, le mal-logement, l’isolement, l’illettrisme qui désespèrent des hommes et des femmes par centaines et qui délitent notre société.
Vendredi, s’il a reposé la question de l’utilité du contournement ouest tel qu’il est aujourd’hui tracé, ou redit l’exigence qu’il perçoit pour le Cotentin d’intégrer à ses choix politiques la vision de ce que sera la société dans vingt à trente ans (sur la mobilité, notamment, comme depuis plusieurs mois), Benoît Arrivé a également réaffirmé, par les mots, la notion d’une ville soucieuse des détails de la proximité.
Et ce, alors qu’il va falloir convaincre des milliers de salariés à s’installer dans le Cotentin. Il est question de créer 15 000 emplois entre 2030 et 2040 sur un territoire où le marché de l’emploi est déjà très tendu.
« Des atouts que d’autres n’ont pas »
« Notre ville et son pays ont des atouts que d’autres n’ont pas, rappelle le maire. Une qualité de vie, la sécurité, des paysages, une offre de services publics de proximité, qui les rendent tout aussi enviables que d’autres. Ces atouts ne suffiront pas. »
Il place le logement parmi les enjeux centraux, avec la lutte contre la désertification médicale, le désenclavement ou l’adaptation des services publics (crèches, écoles, transports…).
«Un mandat de grands travaux »
Les lieux sont aussi des liens. Ils sont une mémoire commune, et un futur que chacun est appelé à concevoir sur le territoire.
Il y a dix ans, presque jour pour jour, Benoît Arrivé prenait tout le monde par surprise en relançant le projet de fusion des communes de l’agglomération au sein d’une seule et grande commune nouvelle appelée à changer d’échelle en prenant un peu plus de poids.
Nous achevons un mandat de grands travaux, je crois que cela n’a échappé à personne, mais un mandat fait aussi d’actions moins visibles destinées à restaurer les équilibres sociaux qui se fragilisent toujours avec le temps.
Il y aurait, selon l’édile, ce qui se voit (les travaux notamment, qui « transforment » le visage de la ville) et tout ce qui ne se voit pas. Pêle-mêle, ce qui serait parfois pris pour acquis et ce qui resterait à faire.
Lancement de Brès-Croizat, création de la mutuelle municipale, soutien au tissu associatif…
« La mairie est un pourvoyeur de services publics de proximité, d’aides du quotidien auxquelles des milliers de personnes ont recours, rappelle Benoît Arrivé. Des bons alimentaires, des nuits d’hébergement pour des personnes vulnérables ou isolées familialement, des aides au transport… Toute cette chaîne de solidarités sans lesquelles une partie des habitants ne pourraient pas vivre, c’est aussi notre rôle. »
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