Des cris. Des coups de feu. Des bruits de pas précipités. Et la mort. Il est 11 heures ce 22 juillet 2022 sur l’avenue de la République à Nanterre (Hauts-de-Seine). Un homme vient de s’effondrer en pleine rue. Le sang coule. Les gyrophares de la police s’approchent, mais il est trop tard. La victime a rendu son dernier souffle. La chaleur estivale bascule dans la froideur cadavérique
Ce lundi 31 mars 2025, l’auteur des tirs mortels va comparaître devant la cour d’assises de Nanterre. Âgé de 44 ans, Ghani B. est jugé pour meurtre en récidive. S’il ne nie pas les faits, il affirme avoir tué par quasi-nécessité, tant la victime vouait une haine à sa famille. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Des années de haine
L’origine de crime reste houleuse, mais aurait pour trame de fond une haine tenace entre deux familles Nanteriennes, plus particulièrement entre la victime et le frère de l’accusé. Selon Ghani B., son frère aurait été roué de coups par le défunt, décrit comme un « fou furieux instable » par son meurtrier. L’attaque marque le début d’une succession de violences entre les deux hommes déjà bien connus de la justice.
En 2016, après avoir été frappé à plusieurs reprises, le frère de Ghani B. tire sur la victime venue en bas de chez lui avec cinq autres personnes. Il est interpellé et condamné pour tentative d’homicide. Ce pic de violences n’arrête pas les coups et les insultes. La famille de l’accusé aurait aussi subi des manœuvres d’intimidation. À l’inverse, la victime aurait failli être percutée de manière volontaire par l’accusé au mois d’avril.
Amour ou trafic
Mais pourquoi tant de haine entre ces deux familles ? Plusieurs hypothèses sont avancées. Les enquêteurs mettent au jour plusieurs éléments d’ordre amoureux. Une histoire d’adultère aurait lancé les hostilités. Cette hypothèse est pourtant réfutée par l’accusé lui-même, mais parle de trafics orchestrés par la victime.
Toujours est-il que ce 22 juillet 2022, la tension est maximale. L’accusé se rend dans le quartier de la victime en compagnie de deux connaissances. Il explique porter une arme depuis que ce dernier a mis un contrat de 20 000 euros sur la tête de son frère. Près de la Banque Postale, c’est la rencontre fatale.
Une cavale de plusieurs semaines
Toujours Ghani B., la victime, à bord d’une fourgonnette, se serait arrêtée à leur niveau et aurait commencé à les insulter. Il aurait alors commencé à chercher un objet dans son véhicule. C’est là que l’accusé fait feu à trois reprises. Une balle touche son opposant au niveau de l’aisselle. Celui-ci s’enfuit et court quelques mètres avant de s’effondrer. Sans vie.
L’accusé prend alors la fuite vers le sud de la France. Le pistolet utilisé, un petit modèle de calibre 6,35 mm, est découpé à la disqueuse et jeté aux quatre vents. Pendant la cavale de plusieurs semaines, les enquêteurs de la brigade criminelle s’affairent. Les rumeurs dans le quartier citent déjà le nom de Ghani R.. Le bornage de son téléphone confirme sa présence sur les lieux. La vidéosurveillance révèle son rôle de tireur.
Rentré en Île-de-France à la fin de l’été, l’accusé est interpellé le 21 septembre 2022. Son comparse, présent au moment des faits et suspecté d’avoir hébergé Ghani R., est aussi placé en garde à vue. Durant toute l’enquête, le tireur maintient s’être armé dans le seul but « d’impressionner la victime », et d’avoir fait feu par peur. Les juges et jurés auront jusqu’au vendredi 4 avril pour faire la lumière sur cette affaire.
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