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autour d’Elbeuf, les dégradations de véhicules inquiètent


Samedi 8 février 2025, 2 h 09. Tout le quartier est endormi. Seule une caméra de vidéosurveillance veille au grain, et elle ne manque pas une miette du spectacle !

Sur l’enregistrement, on voit une voiture approcher. Trois hommes en descendent devant cinq véhicules stationnés dans la rue, en percent les pneus, remontent dans leur voiture et repartent comme si de rien n’était.

Des cas similaires dans toute l’agglo

Cette scène de dégradation complètement gratuite, c’est celle subie par des habitants de la rue Ludovic-Becquet, à Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Maritime). Mais en réalité, un petit peu partout dans l’agglomération d’Elbeuf, ce sont des dizaines de cas similaires qui remontent depuis début février 2025 : rues de la Haline, Tabouelle ou Gravetel à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, rue de la Gare à Elbeuf, rue Piéton à Caudebec

À chaque fois, c’est la même chose : au réveil, les riverains découvrent leurs véhicules et ceux de leurs voisins endommagés : pneus crevés, rétroviseurs cassés, pare-brise fissurés, morceaux de carrosserie arrachés…

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses victimes postent des images des dégradations sur leurs voitures. ©Capture d’écran Facebook

« Quand j’ai voulu aller porter plainte, au commissariat, ils nous ont dit qu’ils étaient débordés à ce sujet. On m’a dit qu’il y avait déjà plus de 50 plaintes », confie Anthony Broutin, l’habitant de Saint-Pierre dont la caméra a pu filmer l’une de ces dégradations. D’ailleurs, le riverain a remis les images à la police, en espérant faire avancer une enquête.

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En attendant, toutes les victimes doivent vivre avec les désagréments. « Heureusement que j’avais la voiture de ma fille pour aller travailler », confie Anthony Broutin.

« Mon conjoint n’a pas pu aller au travail »

D’autres n’ont pas eu autant de chance. « Le lendemain, je n’ai pas pu aller à un rendez-vous et mon conjoint n’a pas pu aller au travail. C’est révoltant ! », s’insurge Maëva Lebret, dont les deux voitures ont perdu au total cinq pneus et deux rétroviseurs dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 février 2025. En plus des deux siennes, 11 autres voitures ont subi le même sort dans la seule rue Piéton et la même nuit.

« Lundi a été une journée morte pour moi. Les formalités et démarches sont longues, sachant que les garages agréés ont vite été débordés, sans possibilité de prêt de véhicules. Je suis donc passée par une société locative avec une caution bien plus élevée », abonde Coralie Flahaut, une habitante d’Elbeuf qui a vu ses quatre pneus crevés, un rétroviseur cassé et une partie de sa carrosserie abîmée.

En plus de l’immobilisation, qui dure encore pour certains, c’est évidemment le coût des réparations qui devient un problème. Même pour ceux qui sont bien assurés.

Entre la franchise et ce que l’assurance ne couvre pas, j’en ai pour 1 200 euros de ma poche.

Anthony Broutin

Pour Coralie Flahaut, la facture s’élève « à 1 100 €, dont 232 € restent à ma charge ». Toutes les autres victimes évoquent également des centaines d’euros de frais imprévus. Certains préfèrent même payer eux-mêmes, pour éviter un marathon administratif avec leurs assureurs.

Et c’est la même chose avec le dépôt de plainte au commissariat, selon Coralie Flahaut, qui a elle-même été au bout de la démarche : « Ce n’est pas le cas de tous. Certains sont découragés par le système en ligne ou le  »à quoi bon ». »

Un nouveau sentiment d’insécurité

Ce qui fait l’unanimité, en revanche, c’est la colère de toutes ces victimes. Certains contre la police nationale, à qui ils réclament « plus de rondes » et que « moins d’enquêtes pour délits mineurs passent à la trappe ». D’autres pensent que les horaires d’activité des polices municipales ne sont pas adaptés à la lutte contre ce genre de délinquance. D’autres encore réclament le retour de l’éclairage public la nuit, pour « dissuader les voleurs ».

Une mairie réagit

Interrogée sur ce qui est en son pouvoir, dans un pareil cas, la Ville de Caudebec a apporté cette réponse pour essayer de rassurer ses habitants concernés : « Fernand Dacosta, adjoint à la Sécurité, s’est rapidement entretenu avec le commissaire et la police nationale a renforcé sa présence la nuit. Avec le concours de la police municipale, elle exploite tous les témoignages et d’éventuelles images vidéo pour que les auteurs soient rapidement identifiés et interpelés. La police municipale et les élus municipaux sont depuis le début de semaine particulièrement mobilisés pour rester à l’écoute des victimes. » Concernant la demande d’ajout de nouvelles caméras de vidéoprotection, la Ville répond qu’elle « va étendre encore son dispositif en investissant 16 500 € cette année pour l’achat de caméras, dont une caméra mobile supplémentaire, qui pourra être installée dans certaines rues en fonction des besoins ».

Enfin, certains regrettent l’absence de réponses ou au moins d’une oreille attentive de la part de leurs élus respectifs. « On ne se sent plus en sécurité ! On est énervé que ça arrive et parce qu’on n’a aucun soutient », conclut Maëva Lebret. Comme elle, de nombreuses victimes de cette vague de dégradations volontaires expriment un sentiment d’insécurité qu’elles ne connaissaient pas jusqu’à présent.



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