L’homme qui vient d’avoir 50 ans a déjà pris pour cible Isabelle Assih, la maire de Quimper (Finistère), en 2024. Et son prédécesseur, Ludovic Jolivet, en 2020 et en 2023.
Rebelote, début 2025. Vendredi 28 mars, le quinquagénaire était à nouveau dans le box du tribunal. « Aujourd’hui, vous n’avez pas à juger un fou, mais une personne malade », a d’emblée posé Me Céline Eon, l’avocate de la défense.
Son client a reconnu trois jets de peaux de banane dans le jardin d’Isabelle Assih. Il a été identifié grâce à la vidéosurveillance. « Je n’ai pas réfléchi. Je n’ai pas d’explication. »
En récidive
Lucile Chaussade, la présidente, a voulu en savoir davantage sur son geste :
Le choix de jeter des peaux de banane a-t-il été dicté par la couleur de peau du mari de Madame Assih ?
Le prévenu l’a fermement nié : « Il n’y avait pas de connotation raciste. » Il n’en a pas dit plus. Pour le parquet, cet outrage « porte atteinte à la dignité » de l’élue.
Pour rappel, en 2024, il avait jeté un panneau de signalisation chez la maire de Quimper, et avait été condamné. En tout, il a 12 mentions au casier.
Doigt d’honneur, appels menaçants…
Plusieurs concernent des violences à l’encontre de Ludovic Jolivet, conseiller municipal et ancien maire de Quimper. En février 2025, il lui a adressé un doigt d’honneur en passant devant chez lui en voiture, mais « je n’ai pas touché à sa boîte aux lettres ».
Le quinquagénaire a aussi été jugé pour une série de 10 appels malveillants et menaçants sur la ligne fixe de l’élu. C’était en mai 2023. « Vos messages comme Je vais vous détruire, vous avez conscience de leur violence et qu’ils visent l’ensemble de la famille de Monsieur Jolivet ? », a pointé la présidente.
Et Me Valérie Postic, l’avocate de l’ancien maire de Quimper, d’enfoncer le clou :
Aujourd’hui, toute la famille a peur pour elle et ses proches. C’est pourquoi je demande que Monsieur soit mis hors d’état de nuire.
Même inquiétude du côté d’Isabelle Assih et de son mari. Par courrier, ils ont réclamé au tribunal une interdiction de Quimper à l’encontre du prévenu.
17 000 euros de dégâts à Concarneau
Ce dernier a enfin été jugé pour avoir cassé plusieurs baies vitrées de la cuisine centrale de Concarneau, et dégradé un véhicule de la mairie. Ces faits ont eu lieu fin janvier 2025. Les dégâts ont été estimés à 17 000 euros.
Le prévenu les a aussi reconnus sans donner beaucoup d’explications. « J’ai vrillé en raison de gros problèmes familiaux et financiers. » Jusqu’en 2017, il travaillait à la mairie de Concarneau avant d’être licencié pour inaptitude et déclaré en invalidité, a rappelé la présidente. « Depuis, vous êtes sans emploi et ce contentieux nourrit votre ressentiment », a noté la présidente.
Ni altération ni abolition du discernement
Son expertise psychiatrique a relevé des troubles, mais n’a établi ni altération ni abolition de son discernement au moment de l’ensemble des faits, début 2025.
Quand Monsieur est en détention, il suit des soins et va mieux. Quand il sort, il abandonne les soins et passe à l’acte.
Le tribunal a suivi l’ensemble des réquisitions. Le prévenu a écopé de huit mois de prison ferme et huit mois avec un sursis probatoire de trois ans. Il a été maintenu en détention.
Il a par ailleurs interdiction de contact avec les victimes, et de paraître à Concarneau pendant trois ans. Il devra enfin indemniser les parties civiles.
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