Un sur trois. Après une réunion au ministère de l’Intérieur ce mardi 1er avril, Bruno Retailleau va « proposer au Premier ministre » la dissolution de Légion X, un groupe de supporteurs ultras du Paris FC, épargnant à ce stade les deux groupes d’ultras de Saint-Étienne, les Magic Fans et Green Angels, dans le viseur de Beauvau.
C’est une étape supplémentaire d’un processus complexe montrant la détermination du ministre de l’Intérieur à prendre à bras-le-corps la violence autour des stades.
Les dirigeants de l’ASSE très mobilisés contre la dissolution de leurs deux groupes
Samedi, Bruno Retailleau avait engagé la procédure en saisissant la commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives, une première étape nécessaire pour proposer la dissolution des trois groupes de supporters, « à l’origine depuis plusieurs années de nombreux actes de violence d’une extrême gravité », selon le ministère de l’Intérieur.
« D’autres procédures sont en cours d’instruction concernant d’autres clubs en France », avait précisé Beauvau dans un premier communiqué samedi. Pour ces trois groupes, la commission s’est donc réunie mardi, a écouté, notamment une partie des dirigeants de l’AS Saint-Etienne, très mobilisée contre la dissolution de leurs deux groupes, et elle a tranché.
Pour Légion X, il revient désormais à Matignon d’enclencher la procédure de dissolution. « Il ne s’agit pas de supporters du Paris FC, a réagi pour l’AFP, Pierre Ferracci, le président du club parisien, propriété de la famille Arnault et de Red Bull. » Ils se sont signalés à nous en créant de graves incidents à la suite du match contre Rodez, en agressant un groupe d’Ultras Lutetia, avec qui le club entretient les meilleurs rapports.
Soulagement à Saint-Étienne
Nous les avons rejetés en dehors de Charlety (le stade du PFC) et nous avons aidé les forces de sécurité à les mettre hors d’état de nuire ». Quatre personnes avaient été blessées à l’arme blanche dans cette rixe en novembre dernier.
« Nous prenons acte avec satisfaction de la volonté des pouvoirs publics de dissoudre ce groupe, qui ne s’est d’ailleurs jamais présenté au club de façon officielle. Les Ultras Lutetia et les Old clan sont les deux groupes que nous reconnaissons et avec lesquels le dialogue est permanent » a poursuivi Pierre Ferracci.
À Saint-Etienne, c’est le soulagement. Quatre dirigeants du club, Huss Fahmy le bras droit d’Ivan Gazidis, le président, Jean-François Soucasse, Samuel Rustem et Cyril Ferrier sont venus avancer les arguments du club, farouchement opposant à la dissolution de leurs deux groupes de supporters.
« C’est un premier pas » a fait savoir un proche du club à l’AFP. « Le club partage la volonté du Ministère de l’Intérieur d’éradiquer toute forme de violence autour des stades et souhaite travailler avec lui et toutes les parties prenantes à des solutions efficaces pour y parvenir ».
Les ministères de l’Intérieur et des Sports vont « examiner les garanties »
Le club du Forez a fait valoir l’expérience en la matière de ses nouveaux dirigeants, passés par l’AC Milan et Arsenal. Ils seront à nouveau reçus par Bruno Retailleau et Marie Barsacq, la ministre des Sports.
Les ministères de l’Intérieur et des Sports, avant de prendre toute décision, recevront dans les meilleurs délais les dirigeants du club afin d’examiner les garanties que ceux-ci sont en mesure d’apporter pour assurer un retour effectif au calme et la fin des violences.
Samedi, avant la rencontre de Ligue 1 contre le Paris SG, quelque 3 200 personnes, selon la préfecture, ont manifesté à Saint-Etienne pour s’opposer à la menace de dissolution des deux groupes de supporteurs ultras de l’ASSE. Les Magic Fans, fondés en 1991, et les Green Angels, fondés en 1992, gèrent plus de 15.000 membres des kops sud et nord.
« Entre 2021 et 2025, les Greens Angels se sont ainsi rendus coupables de 10 faits de violence grave » et les Magic Fans de 13 entre 2020 et 2024, selon le ministère de l’Intérieur. Ils écopent cette fois-ci d’un sursis.
AFP
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