Home Faits Divers Après 7 ans de violences conjugales dans l’Orne, elle témoigne pour aider...

Après 7 ans de violences conjugales dans l’Orne, elle témoigne pour aider d’autres victimes

51
0



Ma douleur d’hier est ma force d’aujourd’hui. Traduits en latin, Solange* a fait graver ces quelques mots en souvenir de ses maux. Un tatouage comme symbole de résilience après sept années de violences conjugales subies près de L’Aigle (Orne).

Soudain, le déclic

Aujourd’hui, à 60 ans, elle tourne la page et poursuit sa reconstruction, un an après avoir quitté l’homme qui l’avait enfermée dans la peur et la douleur.

Novembre 2023. Solange* prend la décision la plus courageuse de sa vie, partir. Quelques semaines plus tard, son conjoint violent est placé en garde à vue. C’était un 15 décembre. Une date qu’elle n’oubliera pas.

Le procès comme dernière violence

Plus jamais elle ne reverra l’homme, sauf lors de son procès, en mars 2024. Mais ce moment attendu ne s’est pas déroulé comme elle l’espérait. « Il a tout nié. Ça a été très dur d’écouter ses mensonges », se souvient Solange*.

La décision du tribunal, elle l’estime injuste. Quatre mois de prison avec sursis et deux ans de probatoire.

« J’ai énormément pleuré. Il a été jugé pour trois faits et pas pour sept années de violences », relate alors la victime.

Vidéos :

Gisèle Pelicot, « elle mérite toutes les médailles »

« J’ai beaucoup suivi l’affaire Pelicot », confie Solange*. A ses yeux, Gisèle Pelicot a eu le courage de briser le silence. C’est même un exemple à suivre. « Cette femme mérite toutes les médailles. La honte doit changer de camp », lance admirativement l’Ornaise. Elle-même a pensé à témoigner à visage découvert, mais, à la demande de ses enfants, elle a préféré ne pas le faire.

De l’aide pour surmonter les traumas

Ce n’est qu’après ce jugement que Solange* a pu entamer sa véritable reconstruction. Aujourd’hui, elle se dit apaisée. Mais pour elle, comme pour chaque victime, le chemin fut long.

Les coups physiques et les hématomes s’effacent. Mais la violence verbale, elle reste.

Solange*.

Pour surmonter ses traumatismes, elle est accompagnée par une thérapeute pratiquant l’EMDR, une technique proche de l’hypnose, souvent appliquée auprès des victimes d’attentats.

« Ça m’a beaucoup aidé, notamment à me créer un endroit sûr dans ma tête pour gérer les angoisses qui, peu à peu, se sont estompées », témoigne-t-elle.

Un retour à la vie sociale

Son ex-conjoint l’avait quasi totalement isolée, allant jusqu’à lui demander de couper les ponts avec ses propres enfants.

En mai 2024, Solange* a repris le travail. « Ça fait du bien d’avoir des collègues, de parler, de voir du monde. Beaucoup ne savent pas ce que j’ai traversé. Ça permet de penser à autre chose », assure celle qui se définie comme « une miraculée ».

Prendre soin du corps et de l’esprit

Après des années de souffrance, Solange* a appris à être « douce avec elle-même ». Ces derniers mois, elle s’est refait une santé, a repris six kilos. Elle va quotidiennement à la salle de sport et ses maux disparaissent.

Pour avancer, elle a décidé de quitter le territoire et de s’éloigner des souvenirs douloureux. « J’avais besoin d’un endroit neutre », nous confie-t-elle, précisant s’être débarrassé des cadeaux offerts par son ex.

Des soutiens de taille

Le soutien des proches est aussi primordial dans une telle reconstruction. Solange* évoque également l’importance de son chat. « Il a été là dans les bons comme les mauvais moments », dit-elle, convaincue de la « ronronthérapie ».

« Il y a d’abord le deuil, puis la colère »

Tous les trois jours en France, une femme meurt sous les coups de son compagnon. « J’ai réagi à temps », reconnaît Solange*. Aujourd’hui, elle veut utiliser son expérience pour soutenir d’autres victimes.

On reste par peur ou par espoir que l’autre change. Mais ils ne changent pas. Ça n’arrive jamais !

Solange*

Elle espère que ce témoignage pourra inciter certaines victimes à réfléchir.

« Si elles ne sont pas prêtes à partir, ce n’est pas grave. Elles pourront garder cet article, le relire plus tard », se persuade-t-elle, consciente que chacun doit avancer à son rythme, notamment pour se reconstruire. « Il y a d’abord le deuil, puis la colère. Ensuite, on se relève ».

Elle retrouve goût à la vie

Malgré les cicatrices invisibles, Solange* profite désormais de la vie. Elle rigole, va au restaurant, partage des moments précieux avec ses enfants et petits-enfants.

C’est comme si la vie avait pris un nouveau goût. « Je suis fière de moi. Je m’en suis sortie. Jamais je n’aurais cru en être capable », concède-t-elle.

Une page qu’elle est prête à tourner

Aujourd’hui, Solange* vit sans peur. Quelques rituels, comme s’assurer que la porte est bien fermée ou garder une lumière allumée, restent présents.

Mais ce sont surtout des marqueurs de son parcours et de sa force retrouvée pour nous dire ces quelques mots… « J’ai survécu ».

Besoin d’aide ?

3919 – Violences Femmes Info

Le 3919 est le numéro national d’écoute pour les femmes victimes de violences conjugales. Gratuit et confidentiel, il est accessible 24 h/24 et 7 J/7. Ce service permet d’être écoutée, orientée et accompagnée par des professionnelles formées.

Association Ysos

Basée à L’Aigle, l’association Ysos accompagne et soutient les personnes victimes de violences conjugales. Elle propose écoute, aide administrative et soutien psychologique.

Contactez Ysos au 02 33 34 80 59.

* prénom d’emprunt



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here