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Agressions sexuelles sur sa nièce à Saffré et Mesquer : condamné malgré ses dénégations

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Alors que sa mère est décédée et que son père n’était pas en mesure d’élever ses trois enfants, une de ses filles est accueillie dans des foyers, puis chez la sœur de sa maman et son oncle lorsqu’elle a dix ans. Un oncle qu’elle décrit « autoritaire », mais « dans une famille qu’elle aime ». Ils habitent alors Saffré dans le nord de la Loire-Atlantique et, chaque lundi, l’oncle conduit la fillette dans l’établissement nantais où elle est interne, retournant la chercher le vendredi. Toutefois, fin avril 2019, la jeune fille appelle sa grande sœur, et lui confie : « Tonton, il est bizarre, hier, il est allé trop loin, mais je ne veux pas que cela se sache, je n’ai pas envie d’être placée. »

« Cette fois, c’est plus grave… »

La vie continue et, en janvier 2023, alors que la famille a emménagé dans la Presqu’île de Guérande, à Mesquer, la jeune fille, alors âgée d’un peu plus de seize ans, se confie une nouvelle fois à sa sœur : « Cette fois, c’est plus grave, je vais le dire à tatie, je t’expliquerai ».

Alors qu’elle était en apprentissage de coiffure, c’est à sa patronne qu’elle s’est cette fois-ci confiée. Elle a décrit des attouchements sexuels sur la poitrine, la première fois, son oncle étant allé jusqu’à lui dire : « Montre-moi tes seins ». Et la seconde fois, sur son sexe.

Lors des deux scènes, ils étaient seuls à la maison et elle regardait la télé sur le canapé.

C’est sa patronne qui l’a accompagnée à la gendarmerie de Guérande.

Mardi 1er avril, le procès devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire a duré plus de deux heures.

« On se demande ce qu’on fait là ! »

Selon le prévenu, âgé de 70 ans, tout se passait bien jusqu’à ce que la jeune fille fasse une fugue. Elle dira qu’elle en avait marre « de leurs engueulades sur fond d’alcool ».

Mais, à la barre comme en garde à vue, le septuagénaire n’a rien reconnu : « C’est des conneries, c’est archi-faux ». Alors que sa femme se situe deux rangs derrière, il martèle : « On se demande ce qu’on fait là ! »

Et il n’attend pas la plaidoirie de son avocat pour se défendre :

« C’est une gamine très perturbée qui a dix ans de phycologie derrière elle. »

Il développe sa propre analyse : « Elle a fait une projection de faits qui se sont passés avant, elle a transposé sur moi ».

« La jeune fille n’en a pas rajouté »

« Quand ça vous tombe dessus, je ne vois pas comment avoir un argument de défense. Je suis sidéré. En garde à vue, je n’ai rien compris, le gendarme non plus », se défend le prévenu.

Ce à quoi le président lui oppose :

« La jeune fille n’en a pas rajouté, elle a été constante dans ses déclarations et a dénoncé deux faits, un en 2019, un en 2023. Elle a déclaré que vous lui disiez de ne pas en parler. »

Pour le mis en cause, « rien n’a paru dans son comportement, elle avait de bonnes notes… »

Pour lui, « la seule explication, c’est qu’elle voulait partir de chez moi ».

« Il n’a pas dû faire exprès »

Si « la peur » a d’abord animé la plaignante, dira Me Eve Poterie, « la colère » a pris le dessus. L’avocate a regretté les réactions de la tante lorsqu’elle a été mise au courant : « Il n’a pas dû faire exprès, ce n’est pas possible ou alors, il est sénile ».

Elle a décrit une jeune femme en souffrance qui n’a jamais été dans l’exagération. Même si elle a des mots méchants contre son oncle, elle a une réserve par rapport à sa tante. Elle a mis en exergue certains textos.

Les explications du prévenu, la procureure « ne peut pas les entendre ». La magistrate, qui a vu la victime éclater en sanglots à la fin de ses déclarations, a affirmé : « Son émotion n’est pas feinte ».

Elle n’a pas nié, notamment en faisant référence à certains courriers, que la jeune fille aime son oncle et sa tante qui ont tant fait pour elle, mais fait remarquer « qu’elle a éprouvé un sentiment d’impuissance devant l’attitude du mis en cause ».

Un an de prison ferme

Estimant qu’il n’y a ni transfert, ni mensonge, elle a requis une peine principale de deux ans de prison, dont la moitié avec un sursis probatoire. Peine suivie par le tribunal.

« Le fait que ce soit parole contre parole » est un des éléments de plaidoirie de Me Morgan Loret, qui a duré près de trente minutes.

Il a respecté la parole de la partie civile : « Son récit est plus que crédible », mais, tempêtera-t-il, « c’est au ministère public d’apporter la charge de la preuve. Vous devez donner autant de crédit à la parole de mon client qu’à celle de la jeune fille. »

« Reconnu comme un type bien »

L’avocat estime que le traumatisme se fond dans un parcours de vie chaotique, et trouve complexe de ne pouvoir afficher la nature sexuelle des faits dénoncés antérieurement. Il rappelle que « le prévenu est reconnu comme un type bien, qui n’a jamais eu affaire à la justice ». Et plaide la relaxe. Sans être entendu. Outre la peine principale, le prévenu doit verser une provision de 1 000 €. La victime fera l’objet d’une expertise psychologique.



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