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affamée, abandonnée… à Juvignac, une chienne meurt en pension

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Le poids de l’animal poids avait chuté de 5 à 3,6 kilos en moins de trois semaines. (©Canva / Image d’illustration)

Amélie pensait confier ses chiens en sécurité. Trois semaines plus tard, l’un était mort, les autres amaigris et infestés de parasites. Le 23 septembre dernier, elle dépose ses quatre caniches et son berger blanc suisse au Centre Dressage Les Oliviers, une pension canine située à Juvignac, près de Montpellier. Ce n’est pas la première fois qu’elle y laisse ses animaux, mais cette fois, elle remarque un comportement inhabituel : « Mes chiens tiraient en arrière sur la laisse, ils ne voulaient pas entrer. »


Pendant trois semaines, elle n’a aucune nouvelle. Ce n’est que le 11 octobre, la veille de son retour, qu’elle décide d’appeler la pension. Le gérant lui annonce alors brutalement : « Au fait, il y en a une qui est morte. » Sous le choc, elle demande des explications. L’homme affirme ne pas avoir son numéro pour la prévenir plus tôt. Or, son contact figurait sur les carnets de vaccination et sur le collier de sa chienne Praline, âgée de 4 ans. Amélie et lui avaient même échangé plusieurs appels et textos avant le séjour.

Une chienne privée de soins

Amélie parvient à récupérer le corps de son caniche femelle avant son incinération. Elle l’emmène aussitôt au laboratoire départemental vétérinaire Louis Pasteur, à Montpellier, pour une autopsie.

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Le rapport est accablant. Son estomac est totalement vide. La chienne n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. Son poids est passé de 5 à 3,6 kilos en 19 jours. Une perte de plus de 25 % de sa masse corporelle. Elle souffrait d’une infection de l’utérus, normalement facilement soignable avec des antibiotiques. Faute de traitement, elle a dégénéré en septicémie, entraînant une agonie prolongée. Le gérant de la pension affirme qu’elle est morte d’un AVC soudain, mais Amélie n’y croit pas. « Il a essayé de me faire croire que certains chiens meurent comme ça, qu’il avait déjà vu un caniche tomber raide mort en promenade. »

Pourtant, plusieurs signes auraient dû alerter. La douleur d’Amélie se transforme alors en colère : « Il a reconnu qu’elle était couchée toute la journée, qu’il devait la tirer par la laisse pour la sortir, qu’elle grognait… Tous les symptômes d’un chien qui souffre. Mais au lieu de l’emmener d’urgence chez un vétérinaire, il s’est dit que c’était juste un caniche caractériel. » Le 3 octobre, vers 14h, l’animal ne se lève plus, regarde dans le vide, mousse. Enfin inquiet, le gérant appelle un vétérinaire, qui lui propose un rendez-vous à 16h30. Mais il refuse d’avancer les frais médicaux. Amélie aurait pu envoyer un virement immédiatement, mais elle n’a jamais été contactée. À 16h, la chienne est morte.

« Il a reconnu qu’elle était couchée toute la journée, qu’il devait la tirer par la laisse pour la sortir, qu’elle grognait… Tous les symptômes d’un chien qui souffre. Mais au lieu de l’emmener d’urgence chez un vétérinaire, il s’est dit que c’était juste un caniche caractériel. »

Amélie
Maîtresse de Praline

Infestés de parasites

Quand Amélie récupère ses quatre autres chiens, elle comprend rapidement qu’ils ont tous souffert pendant leur séjour. Amaigris, sales, affaiblis, leurs affaires sentent l’urine, alors qu’ils sont propres d’habitude. Ils ont attrapé des puces, et des analyses révèlent un parasite intestinal, la giardiase, preuve d’un environnement malsain. Son deuxième caniche, pourtant robuste, « n’est plus qu’un squelette. » Même avec une alimentation renforcée, il reste anémié deux semaines après. Le gérant affirme que les chiens étaient nourris et sortis deux fois par jour. Amélie en doute fortement. « S’ils avaient mangé, comment expliquer leur état de maigreur extrême ? »

En se renseignant sur la réputation de la pension, les témoignages négatifs se multiplient sur Google : « Je lui ai confié ma chienne il y a un mois, je l’ai retrouvée en très mauvais état. Elle avait beaucoup maigri et sentait très mauvais, elle était apeurée. Ses affaires puaient l’urine. Je déconseille fortement », « J’ai mis mon chien en pension chez Monsieur Paillies. Lorsque je l’ai récupéré, il était très amaigri, apeuré et sentait très mauvais, il avait attrapé des puces, et ses coudes étaient abîmés, alors que j’avais donné son panier. À fuir »…

« J’ai mis mon chien en pension chez Monsieur Paillies. Lorsque je l’ai récupéré, il était très amaigri, apeuré et sentait très mauvais. il avait attrapé des puces et ses coudes étaient abîmés, alors que j’avais donné son panier. À fuir »

Utilisatrice Google

Peu d’espoir de justice

En décembre, Amélie finit par porter plainte auprès de la gendarmerie de Saint-Georges-d’Orques. « Au début, j’ai cru à ses mensonges. Il disait qu’il allait s’arranger avec moi, qu’il me dédommagerait », confie-t-elle. Pourtant, après plusieurs mois, aucune démarche n’a été engagée par le gérant. De son côté, la direction départementale de la protection des populations (DDPP) a bien inspecté la pension, mais n’a relevé aucune infraction visible. “Ils ne peuvent rien constater si les chiens sont déjà morts ou soignés ailleurs”, explique Amélie, dépitée.

Malgré tout, elle refuse d’abandonner son combat : « Je vais me porter partie civile. S’il le faut, j’écrirai au procureur. » Elle alerte aussi les futurs propriétaires d’animaux : « Cette pension est ouverte depuis 40 ans, et il y aura d’autres victimes si rien n’est fait ». Contacté par Métropolitain, Serge Paillies, le gérant du Centre Dressage Les Oliviers, n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.



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