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à peine majeur, il est condamné pour blanchiment d’argent issu du trafic de stupéfiants



En possession de son permis de conduire depuis quatre mois, Amine a emprunté une voiture à son cousin pour faire des virées durant le mois d’août 2024.

Quelques jours plus tard, il a décidé de s’offrir un aller-retour à Reims (Marne) en empruntant l’autoroute A4. Soirée de malchance pour lui en revenant car après avoir franchi la barrière de péage vers 21 h, il a dû se soumettre à un contrôle des douanes, à hauteur de la commune de Dhuisy (Seine-et-Marne).

Stupéfiant et argent

Les douaniers ont alors procédé à une fouille du véhicule. Ils ont très vite trouvé un emballage plastique contenant de la résine de cannabis derrière la boîte à gants, un sac de papier kraft renfermant 500 billets pour un montant de 12 990 euros sous le siège passager.

Ils ont immobilisé la voiture et arrêté le conducteur. Après la retenue douanière et une fois confié à la police, Amine a été placé en garde à vue durant toute la journée du lendemain.

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Des déclarations contradictoires

Alors qu’il avait déclaré aux douaniers : « Oui, c’est à moi. J’ai récupéré mes économies chez un copain », en ayant été capable de mentionner la somme exacte, il a tout nié lorsqu’il a été entendu par les policiers. « Je ne sais pas à qui ça appartient. Ça n’est pas à moi. Je suis allé voir un ami à Reims, c’est tout ! ».

Une vérification des billets par un laboratoire agréé a révélé des traces de produits stupéfiants – cannabis et cocaïne – dépassant nettement le seuil toléré. Sur la base de cette information et des preuves collectées par les douaniers, Amine a été inculpé. Il est ressorti du commissariat avec une convocation pour le tribunal correctionnel de Meaux.

Au cours de l’audience, jeudi 27 février, Amine a continué à dénier toute responsabilité mais n’a pas réussi à convaincre les magistrats.

Trop de contradictions et le doute l’a emporté. Le juge a bien tenté de mettre Amine face à ses incohérences mais sans succès : une propriété revendiquée puis rejetée, le stress comme justification alors que « les gens stressés ont tendance à nier », la précision du montant exact des billets avant comptage officiel. Il a fini par conclure : « Vous pouvez nous dire ce que vous voulez. Vous pouvez même garder le silence ou nous mentir, c’est votre droit ! Mais mieux vaut être cohérent ! ».

L’infraction liée au cannabis écartée

Le procureur de la République a commencé par expliquer pourquoi le Parquet n’avait pas poursuivi Amine pour la détention ou le transport de drogue. La cachette invisible au premier coup d’œil et inaccessible sans démonter la boîte à gants a été l’élément déterminant. Par contre, il a fait une analyse différente pour l’argent. Le volume de billets contenus dans le sac en papier kraft dissimulé sous le siège passager ne pouvait pas passer inaperçu alors qu’Amine détenait la voiture depuis deux semaines. L’infraction a donc été retenue.

Il a fondé la culpabilité d’Amine sur plusieurs faits : le voyage express à Reims avec une halte de 30 minutes seulement, la géolocalisation de son téléphone faisant apparaître deux déplacements et non un seul, l’accessibilité de l’argent, les traces de stupéfiants sur les billets. Il a tempéré son propos par trois constats jouant en faveur du prévenu : son casier judiciaire vierge, sa bonne insertion par l’emploi, le résultat négatif des tests de dépistage salivaire et sur les mains. Sur cette base, il n’a requis qu’une peine d’avertissement : 180 jours-amendes à 6 euros sans oublier toutefois la confiscation des scellés.

Des personnes impliquées jamais entendues

L’avocate d’Amine a apporté des éclaircissements sur les raisons qui ont conduit son client à reconnaître à chaud puis à nier la propriété des objets trouvés à bord du véhicule. Elle a évoqué « une peur panique de mettre son cousin dans les difficultés ». Ensuite, elle s’est attachée à pointer les failles du dossier – l’absence d’audition du propriétaire de la voiture et du copain de Reims – avant de plaider la relaxe.

Les juges sont restés sourds aux arguments de la défense et ont déclaré Amine coupable de blanchiment. Ils ont repris les réquisitions du ministère public lors de leur délibéré.



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