89j 20h 16min 20s, c’est le temps qu’aura mis le skipper de Plougrescant (Côtes-d’Armor) Guirec Soudée pour boucler son premier Vendée Globe, après avoir ralenti la nuit dernière pour arriver de jour.
Une marée de gwenn ha du
Vite rejoint par son team, il a franchi la ligne d’arrivée ce samedi 8 février 2025 à 9h18 en 23e position, un peu plus de 25 jours après le vainqueur, Charlie Dalin.
27 970 milles parcourus à 12.97 nœuds de moyenne, précise l’organisation de la course. Avant d’entamer la longue remontée du chenal sous les applaudissements, salué par de nombreux Gwenn ha du, fumigène à la main. Jusqu’au ponton vers 11h, où l’attendaient ses proches, accueilli par des chants basques en hommage à son père, décédé lors de son premier tour du monde.
Un des parcours les plus éprouvants
Un Vendée Globe pas de tout repos pour le skipper de Freelance.com (un des sept bateaux à dérive), de ceux qui ont eu les conditions les plus difficiles.
Venu chercher l’aventure, il l’a trouvée. A bord de cet Imoca qui faisait son 5e Vendée Globe, coups de tabac ou pétole, problèmes de voiles récurrents (dont l’un s’est soldé par deux plongées dans les eaux glaciales du Cap Horn), il a fait face aux épreuves sans se départir de son sourire et de son enthousiasme.
L’aventurier s’est fait régatier
Il faut dire que s’il figurait ici en bizuth, Guirec Soudée, à 33 ans, a déjà roulé sa bosse. Hivernage en Arctique dans les glaces, tour du monde en solitaire de 2013 à 2018 avec sa fameuse poule Monique, double traversée de l’océan Atlantique à la rame, route du Rhum : le Trégorrois aime se lancer des défis et s’y entend pour bricoler au besoin. Une expérience de marin, mais pas de course en solitaire.
A l’issue de quelque 3-4 ans de préparation et d’entraînements (c’est court), accompagné un temps notamment par Roland Jourdain (présent pour l’accueillir), le voilà de plain pied dans le monde de la course à la voile.
« Le 1er prix de la tempête ! »
« Je ne m’attendais pas à voir autant de monde, ça fait bizarre, je vais m’en souvenir toute ma vie ! », a lâché le Plougrescantais dans une grosse ambiance.
Avant de souligner combien il avait pu compter sur son bateau : « C’est vraiment un coffre-fort. J’ai eu le le 1er prix de la tempête apparemment ! J’ai pris 72 noeuds de vent après les Kerguelen, des creux de 11 mètres facile… Ce bateau est inarrêtable, incroyable, c’est une super aventure, j’ai franchement eu du plaisir tout le temps. Je n’ai pas eu vraiment beaucoup d’expérience mais au final ça l’a fait et il y en a encore derrière ».
Guirec Soudée s’est pris au jeu :
Depuis trois ans je commence à comprendre le fonctionnement du bateau. Ce que je vais chercher souvent c’est les problèmes, c’est ça les meilleurs souvenirs.
Le tour du monde à l’envers sur un Ultime dès cette année
Guirec Soudée le concède, « il fallait oser » miser sur lui comme l’ont fait ses partenaires, alors qu’il faisait « la première course de sa vie » il y a trois ans.
Loin d’être échaudé par ce Vendée Globe éprouvant, le voilà qui annonce déjà un nouveau défi, après une boutade comme il les aime :
Arrivé devant autant de monde, je n’ai qu’une envie, c’est de reprendre la mer !
Son projet, « c’est de repartir cette année en solo pour un tour du monde à l’envers sur un Ultime », a dévoilé le skipper sur le podium. En mode record, sur un bateau plus rapide que son Imoca.
Un défi fou : le record est détenu depuis 2004 par un certain Jean-Luc Van Den Heede !
Un projet qu’il avait en tête avant même d’entamer ce Vendée Globe.
Départ de Brest
Départ programmé entre octobre et décembre prochains : « Mon prochain départ, ça se passera à Brest. Il n’y a que cinq personnes qui ont pu faire ce tour du monde à l’envers ! L’idée, c’est de changer de support, pour moi il n’y aura pas de Vendée Globe en 2028 », a conclu Guirec Soudée.
Source link