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A La Roche-sur-Yon, la bataille des élections municipales 2026 se profile au conseil

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Voilà longtemps que les élus d’opposition n’avaient pas fait le coup. Sortir avant la fin du conseil, en claquant la porte.

Presqu’un an avant le premier tour des élections municipales, à La Roche-sur-Yon, la séance plénière du conseil a pris des allures de ring de boxe, ce mardi 4 mars 2025.

Au point de pousser Romain Bossis, chef de file pressenti d’une candidature à gauche, à quitter la salle de la rue Goscinny précipitamment, une bonne demi-heure avant la fin de séance, emportant dans son sillage les autres conseillers de l’opposition.

Que s’est-il passé pour que les sept élus minoritaires présents ce soir-là, en arrivent à adopter la stratégie de la chaise vide ?

Mardi soir, le climat s’est rapidement tendu après le début de séance.

Vidéos :

D’abord, sur le vote du budget primitif 2025 où s’est rejouée une partie du débat d’orientations budgétaires.

Puis, lors de la délibération actant le retrait de la délégation de Romain Brochard.

« Votre appréciation, vous pouvez vous la garder ! »

Le conseiller de la majorité est revenu sur sa situation – professionnelle et personnelle – qui l’amène à prendre de la distance avec ses responsabilités politiques. C’est là que l’ambiance a basculé.

Martine Chantecaille a voulu expliquer le vote de l’opposition qui, habituellement, se positionne contre les délibérations en rapport avec les indemnités des élus. Ce qui n’a pas été le cas pour cette décision. Et elle commente :

« Vous nous faites part de votre situation personnelle, bon vent. »

Réponse cinglante de Romain Brochard :

Un conseil municipal, c’est ni un conseil de discipline ni un conseil de classe : votre appréciation vous pouvez vous la garder !

Romain Brochard, conseiller municipal de la majorité

« C’était juste l’explication de notre vote », enchaîne Romain Bossis, qui déplore le « manque de respect » et demande un rappel au règlement intérieur. 

Le maire retourne la demande contre son adversaire : « Ce qui serait bien, c’est que chaque fois que l’on intervient, ce soit en rapport avec les délibérations et qu’on ne mette pas trop de crème autour ! »

Des « attaques personnelles »

Quelques minutes plus tard, une nouvelle altercation éclate entre Luc Bouard et Romain Bossis : le socialiste revient sur « les attaques personnelles » essuyées par sa collègue ; le maire déplore « des remarques de l’opposition trop souvent hors sujet ».

Et Luc Bouard de remettre les points sur les i : « Ce genre de situation, vous les provoquez : assumez-les ! » « Et oui, c’est mon travail d’arbitrer les débats ! »

L’évocation récurrente du rapport de la Cour régionale des comptes par l’opposition lors des débats a passablement irrité le maire.

A plusieurs reprises, l’argument du « hors sujet » est invoqué par le premier édile qui a tenté de recadrer Romain Bossis lors de ses prises de parole.

Des coupures de parole pratiquées également par l’opposant lors des réponses des élus. Bref, le dialogue de sourds s’est installé.

Jusqu’à la rupture lors d’une délibération sur les indemnités aux commerçants.

« La seule personne qui vous intéresse, c’est vous ! »

Romain Bossis tente d’interrompre l’adjointe Frédérique Pépin dans son explication, pour convoquer une nouvelle fois le rapport de la Cour régionale des comptes.

C’est là que le ton est monté. « Monsieur Bossis, c’est la deuxième fois que je vous rappelle à l’ordre ce soir ! » lui lance alors le maire, contenant sa colère.

Vous n’avez pas de respect pour ceux qui sont dans cette salle ! La seule personne qui vous intéresse ici, c’est vous !

Luc Bouard, maire de La Roche-sur-Yon

La goutte d’eau pour le trentenaire qui réclame une suspension de séance dans la foulée. Cinq minutes sont accordées. Le temps d’un conciliabule dans le couloir, entre opposants.

« L’opposition ne justifie pas tout ! »

A la reprise de séance, on pensait les esprits calmés.

L’expérimentée Martine Chantecaille prend la parole.

Nous avons demandé une suspension de séance, car plusieurs interventions de votre majorité rendent compliquées notre rôle d’opposition. Nous avons droit au respect. On a le droit de s’interroger, on a le droit d’avoir des réponses. 

Martine Chantecaille, élue de l’opposition

Et de réclamer « l’acceptation d’un jeu démocratique normal. »

Réponse de Luc Bouard : « Les propos sont exagérés, on se permet de couper la parole. Comprenez bien que l’opposition ne justifie pas tout ! L’opposition, c’est aussi ne pas être systématiquement dans des critiques destructrices. »

Romain Bossis se lève et range ses affaires

Les deux camps se renvoient la balle, incapables de s’entendre.

La première adjointe, Anne Aubin-Sicard, tente un ultime arbitrage en citant le règlement intérieur.

« La police des débats, c’est bien Monsieur le maire qui la détient. »

Pas de quoi dégonfler Romain Bossis qui se lève et range ses affaires, suivi, avec plus ou moins d’entrain, par les autres élus de son groupe.

Une chose est sûre : le clan de Luc Bouard a identifié Romain Bossis comme l’adversaire prioritaire.

Quant à l’opposition, elle n’entend pas lâcher le pain béni que lui offrent les remarques du rapport de la Cour régionale des comptes (publié en décembre).

En attendant, cette séance semble avoir sonné le coup d’envoi de la campagne des élections municipales 2026.

Après-coup

« Ce n’est pas parce que ce Monsieur veut se présenter aux élections municipales qu’il peut se permettre de ne pas respecter le règlement intérieur ! » a réagi Luc Bouard à l’issue de la séance. Le maire a indiqué qu’il allait écrire à l’opposition pour rappeler les règles du conseil municipal. Quant à l’opposition, elle a fait parvenir à la presse un communiqué pour s’expliquer sur ce départ impromptu. « Ce soir encore, le maire a échoué à garantir le débat démocratique, qu’il a une nouvelle fois précipité dans la caricature et l’agressivité », estiment les élus de l’opposition, déplorant « des attaques personnelles plutôt que des réponses constructives » et « un déni du débat démocratique ».



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