Les vols dans les supermarchés et les boutiques du centre-ville sont nombreux à Brest. Ils mettent parfois les nerfs des commerçants à rude épreuve.
En mai 2022, Françoise Le Gall, alors responsable des Vitrines de Brest, et Camille Miansoni, procureur de la République, avaient signé un protocole relatif à la mise en place de la lettre-plainte pour les faits de vol dont les commerçants brestois peuvent être victimes. « Le premier objectif est d’essayer de rendre visible et d’objectiver ce phénomène », indiquait alors le procureur.
Les autorités ne souhaitent pas communiquer sur le sujet avant le bilan annuel de la délinquance prévu début février. « La lettre-plainte n’est pas utilisée de façon massive », assure Yves-Marie Jestin, président des Vitrines de Brest depuis mars 2024 et patron de Montres passion rue Jean-Jaurès. « Certains font l’effort de l’utiliser. Un commerçant en a déjà envoyées 95 depuis le début du dispositif. Un nouveau système a été mis en place cet été. Il nous suffit de scanner un QR code pour remplir une plainte en ligne. Elle aussi accessible aux particuliers sur www.masecurite.interieur.gouv.fr. »
« Marre de fliquer les gens »
Face aux vols, Yves-Marie Jestin ressent une lassitude de ses confrères. « Parfois, nous avons affaire à des pros, des gens qui viennent pour voler. Il y a beaucoup de délinquance itinérante. » Conséquence : « une ambiance de travail pas agréable. Certains quittent leur travail, ils en ont marre de devoir fliquer les gens. Nous faisons un métier d’ouverture à la base… »
Lui et d’autres commerçants ont eu une réunion avec le commissaire central de police, Nicolas Hoarau, le 22 janvier. De bonnes pratiques ont notamment été rappelées. « Comme éviter de mettre trop en évidence les choses de valeurs. Alors que, normalement, nous devrions faire le contraire. »
« Nous demandons à nous rapprocher de la brigade de tranquillité urbaine, ses agents sont là pour dissuader les actes malveillants. Nous ne voulons pas mettre un vigil devant chaque magasin. Le coût serait énorme de toute façon. »
Yves-Marie Jestin se veut tout de même optimiste : « Il y a des avancées, et nous sommes bien à Brest. La ville reste agréable à vivre, comparé à d’autres. »
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