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« Une sorte de PME », 3 frères de La Baule jugés pour avoir livré des produits par drone à des prisonniers

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De six mois à deux ans de prison ferme ont été prononcés lundi 24 février 2025 par le tribunal correctionnel de Nantes à l’encontre des trois frères de La Baule (Loire-Atlantique) qui avaient été arrêtés en 2023 après avoir pris part à un système de livraison par drone de produits interdits (stupéfiants, accessoires de téléphonie mobile…) pour les détenus des centres pénitentiaires de Nantes (Loire-Atlantique), Lorient (Morbihan), Le Havre (Seine-Maritime) et Poitiers (Vienne).

Via l’appli Snapchat « Air Colis »

La peine la plus lourde a été infligée à K., l’aîné de la fratrie : ce négociant automobile de 28 ans qui sait piloter des drones était le « principal acteur » de l’appli Snapchat « Air Colis » et avait « fait rentrer » ses petits frères J. (23 ans) et M. (25 ans) dans l’affaire, a souligné le procureur de la République. Six mois d’emprisonnement ferme ont été prononcés pour ces deux derniers. Douze mois de prison ferme ont été prononcés pour un de leurs complices, R., déjà condamné treize fois.

Enfin, un et deux ans de prison ferme ont été infligés à J. et S., deux anciens détenus du centre pénitentiaire de Nantes accusés d’avoir été des « bénéficiaires » du système mais aussi d’avoir joué « un rôle particulier » de « grossistes » dans le succès d’« Air Colis » auprès de la population carcérale.

Ce système « très facile, limite intuitif » – de l’aveu même d’un magistrat – avait en fait été repéré par les gendarmes de la brigade de recherches (BR) de Nantes en mai 2023 suite à « la répétition de nuit de drones » aux abords du centre pénitentiaire de Nantes.

Les commandes « ne devaient pas dépasser 350 grammes » pour pouvoir être transportées par drone silencieux, et les clients régler leurs achats « par des tickets PCS », un mode de paiement « sécurisé » et « intraçable ». Les trois frères diffusaient « même des flyers sur le réseau social ».

« Une chaîne structurée et lucrative »

Les livraisons se faisaient au niveau des fenêtres des détenus, à l’aide de « fil de pêche », de « filets » et de « chaussettes » garnies.

À Nantes, les dronistes allaient chercher ces petits colis sur le parking du centre commercial voisin : ils étaient préalablement assemblés par des « tiers » qui « n’ont pas pu être identifiés par les investigations », a regretté le procureur de la République.

Les trois frères ont en effet refusé de donner leurs codes de téléphones portables par « action de communication » auprès de leurs clients et fournisseurs…

C’est pourtant « le témoignage spontané d’un détenu » de la maison d’arrêt de Nantes qui les a ramenés à terre : les enquêteurs s’étaient aperçus que K. et ses frères faisaient des « recherches Google Maps » et prenaient « des photos aériennes » concernant les établissements pénitentiaires. Ils s’intéressaient aussi aux « prévisions météo », a-t-il relevé.

« Air Colis était une sorte de PME s’insérant dans une véritable chaîne d’approvisionnement structurée et lucrative. »

Le procureur de la République.

« On est sur une chaîne commerciale tout à fait classique… Ce qui la rend un peu extraordinaire, c’est son illégalité et le contexte de la détention dans lequel elle s’inscrit. »

La nuit de son arrestation, K. avait ainsi été vu par des gendarmes sortir d’une Mini Cooper cabriolet noire achetée trois jours plus tôt, a recontextualisé de son côté la présidente du tribunal correctionnel de Nantes : les seuls frais de port étaient facturés « 400 €» aux détenus.

Lui, son petit frère J. et R. avaient finalement été suivis par les militaires à l’aide de « jumelles thermiques » alors qu’ils prenaient position dans « le pré » qui jouxte le centre pénitentiaire pour procéder à une livraison aux détenus.

Perquisition dans un hangar à Pornichet

Coursés par les gendarmes, le plus jeune des frères avait été retrouvé « tapi dans le pré » et l’aîné « quarante-cinq minutes plus tard » dans un bar de Nantes.

La perquisition qui sera menée ultérieurement dans un hangar à Pornichet permettra de découvrir 280 g de résine de cannabis et du fil de pêche en quantité.

Cet ancien livreur de journaux s’est en fait lancé dans cette activité pour « rendre service » à un ancien codétenu qu’il avait connu en 2022 à Nantes, a-t-il expliqué lors de son procès.

Le « mystérieux gérant » d’Air Colis – selon les termes de la présidente du tribunal correctionnel de Nantes – lui avait alors « fait miroiter plus d’argent » si lui et ses deux frères se développaient dans d’autres prisons de l’Ouest.

« Un cercle vicieux »

Mais les déplacements étaient « plus longs » et « plus fatigants », les nouvelles prisons « trop obscures » et il fallait en plus composer avec « la pluie » et « le vent », s’est plaint l’aîné des trois frères de La Baule… Il est donc « content » d’avoir été arrêté car il avait conscience d’être « dans un cercle vicieux, une boule de neige ».

Désormais incarcéré dans la prison « insalubre » de Rouen (Seine-Maritime), K. – déjà condamné neuf fois – espère désormais travailler « aux Chantiers navals de Saint-Nazaire » à sa libération : son « beau-frère » y est « chef » et pourrait lui trouver un emploi.

Son frère M. – qui a sept mentions au casier judiciaire – ambitionne lui de rejoindre « la raffinerie de Donges » après avoir quitté la maison d’arrêt d’Angers (Maine-et-Loire) : sa compagne vit à Trignac et la mère de cette dernière travaille pour TotalEnergies.

J. a dit lui « ne pas comprendre » ce qu’il fait dans le box des prévenus.

Agence PressPepper



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