Home Est à Metz, ces femmes se sentent en insécurité et témoignent

à Metz, ces femmes se sentent en insécurité et témoignent

33
0



Depuis ce lundi 24 février 2025, 6 100 porte-clefs d’alerte sont distribués gratuitement aux femmes qui vivent à Metz (Moselle). Une mesure mise en place par la Ville pour lutter contre les agressions dans l’espace public.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Messines étaient au rendez-vous. Elles ont saisi l’occasion de s’équiper de cette alarme de poche afin de se sentir un peu moins démunies face à un sentiment d’insécurité, à Metz, que toutes dénoncent – et ce, peu importe l’âge.

« En hiver, à partir de 17h je ne sors plus »

« La nuit, à Metz, on se sent de moins en moins en sécurité », déplore Tiffen, 39 ans, qui vit ici depuis toujours. En rentrant le soir, elle craint de croiser la route d’hommes, seuls ou en bande, qui « traînent » dans les rues.

À 73 ans, Lili adapte son emploi du temps dès que la luminosité baisse, par crainte des agressions : « En hiver, à partir de 17h, je ne sors plus. Le dimanche après-midi, lorsqu’il n’y a quasiment personne en ville, c’est pareil. »

Rentrer de soirée est également devenu un casse-tête pour Léa, étudiante de 21 ans, qui évite certains quartiers et qui veille à ce que ses amies ne rentrent pas seules chez elles. Elle se méfie particulièrement du 14 juillet, de la fête de la musique et des autres grandes soirées qui peuvent « dégénérer ».

Vidéos :

Le calvaire d’aller travailler tôt

Outre la crainte du soir, aller travailler au petit matin peut aussi être source d’angoisses pour certaines Messines.

« Je fais très attention », explique Annie, 62 ans. « Lorsque je pars à 4h30 du matin pour aller travailler, je croise beaucoup de gens bizarres, alcoolisés, qui insultent. Parfois, ils me suivent, alors je cours un peu et je vais là où il y a des gens », regrette-t-elle.

Une pâtissière de 25 ans ne se dit « pas sereine à 100 % », lorsqu’elle traverse très tôt le centre-ville. La faute aux « personnes alcoolisées » et à la rue Serpenoise jugée pas assez éclairée.

« Ça restreint notre liberté de mouvement »

Ce sentiment d’insécurité pousse les Messines à éviter certains quartiers. Elles esquivent notamment la place Coislin, la rue des Jardins ou encore la place de la République. Toutes ont en tête le viol d’août 2024 : « Le parking Saint-Jacques fait très peur », souligne l’une d’entre elles.

Tiffen, la Messine de 39 ans, explique préférer faire des détours : « Je ne vais pas prendre de risques. Mais ça restreint notre liberté de mouvement », s’agace-t-elle, plaidant pour davantage « d’éducation », l’alarme de poche à la main.

« Il n’y a pas que les Messines qui se baladent à Metz »

Est-ce que ce nouveau dispositif résoudra le sentiment d’insécurité chez les Messines ? « Moi, j’en attends d’être rassurée et de me sentir en sécurité », espère la pâtissière. Un espoir partagé par beaucoup, qui disent cependant ne « pas être dupes » sur les limites de son efficacité.

De son côté, Julie, 35 ans, se dit plus pessimiste, se remémorant son agression en pleine rue, « sous les caméras de vidéosurveillance ». « Personne n’est venu m’aider », soupire-t-elle. Elle espère que l’activation de l’alarme pourra accélérer la venue d’une patrouille, mais doute que cela encourage l’intervention active des passants.

Point noir de la journée, certaines femmes – parcourant pourtant quotidiennement les rues du centre-ville – ne peuvent pas avoir accès au dispositif. « Il n’y a pas que les Messines qui se baladent à Metz », souffle Alice, une résidente de Woippy.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here