C’est l’histoire d’une progression linéaire, sans explosion. À 28 ans, Alexandre Müller n’a jamais intégré la case des surdoués du tennis français. Pourtant, son abnégation et sa hargne le conduisent aujourd’hui à intégrer les cinq meilleurs joueurs de tennis de l’Hexagone. Récent finaliste au tournoi ATP 500 de Rio (Brésil) et lauréat du tournoi ATP 250 de Hong-Kong, en janvier 2025, l’athlète originaire de Poissy (Yvelines) et licencié au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) réalise un début de saison remarquable.
Atteint de la maladie de Crohn
Dans la mégalopole, sur une terre battue humide, il a fait montre de sa polyvalence et sa faculté à varier les angles et les zones. Le jeune prodige brésilien de 18 ans, João Fonseca, en a fait les frais, malgré le vacarme des supporters carioca. Puis une poignée de joueurs argentins, rodés sur l’ocre, n’ont pas tenu.
Seulement dominé par l’Argentin Sebastian Baez dimanche 23 février 2025, Alexandre Müller apparaît au 41e rang du classement ATP, son meilleur classement. Une trajectoire insoupçonnée pour un joueur qui végétait en dehors du top 200 à 23 ans. Une performance exceptionnelle qui s’inscrit dans un rare cadre pathologique à ce niveau. Atteint de la maladie de Crohn – une maladie qui se traduit par une inflammation chronique de l’intestin – le tennisman souffre occasionnellement de déshydratation.
Interrogé par le journal L’Équipe, il a déclaré ne pas avoir eu « spécialement de douleurs » à Rio, ajoutant avoir « trouvé des boissons d’effort et des boissons de récupération » pour éviter les courbatures. Ses récentes améliorations, physiques et techniques continuent de surprendre Gary Lugassy.
Champion de France avec le Blanc-Mesnil
Entraîneur de l’équipe première au Blanc-Mesnil Sport Tennis (BMS), l’ancien 194e joueur mondial l’a vu évoluer lors des championnats de France Interclubs, remportés par le club de Saint-Saint-Denis en 2023.
« Je ne pense pas qu’il ait de limites. Il a toujours cru en lui et travaille beaucoup avec son entraîneur, Xavier Pujo. Son service et son coup droit se sont améliorés »
Depuis cinq ans, il observe sa progression lors des Interclubs, un championnat disputé à l’automne, au terme de la saison. « Il a souvent été numéro 3, derrière Quentin Halys et Grégoire Barrère. Il avait du mal à intégrer le top 100 mondial. Mais il adore venir jouer pour le Blanc-Mesnil car c’est un groupe de potes », resitue Gary Lugassy.
Celui qui a longtemps été derrière ses compatriotes a franchi un cap en 2024 en se classant à la 68e place mondiale. Il a aussi ressenti le besoin de récupérer. « Il a joué un seul match avec nous en novembre. La fatigue s’est fait ressentir », selon l’entraîneur du Blanc-Mesnil. Le repos a été salvateur et pourrait être bénéfique dans les prochains mois.
Car désormais, les regards sont rivés vers Roland-Garros. Sur sa surface favorite, Alexandre Müller tentera de réaliser sa meilleure performance à la porte d’Auteuil : se qualifier pour le troisième tour. Voire plus, si affinités.
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