Six mois de prison avec sursis ont été requis, ce lundi 23 février 2025, au tribunal correctionnel de Montpellier, contre l’influenceur algérien Boualem Naman pour ses propos tenus sur Tik Tok.
Âgé de 59 ans, il était poursuivi pour avoir appelé à la violence ciblant un opposant au régime algérien, dans une vidéo mise en ligne le 4 janvier dernier. Avant qu’elle ne soit supprimée, elle avait compté 138 000 followers. Le préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch et le maire de Montpellier, Michaël Delafosse avaient saisi le procureur de la République de Montpellier pour provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ».
Le ministère public a réclamé six mois de prison avec sursis, relevant que « c’est la seule vidéo qui pose problème sur les centaines qui sont publiées sur son compte Tik Tok, il faut que la sanction soit en rapport avec sa personnalité ». Le prévenu a assuré « ne pas être pour la violence, je suis pour la paix »‘, n’expliquant pas ce geste qui a enflammé les réseaux sociaux, en plein bras de fer diplomatique entre la France et l’Algérie.
L’avocat du poète algérien de Mohamed Tadjadit, le poète visé dans la vidéo, a plaidé que « les propos du prévenu sont loin du pacifisme qu’il revendique ». Les deux avocats de La Défense ont relevé que « cette incitation reprochée à l’influenceur n’était pas si manifeste que cela et n’a pas été répétée. Il n’y a aucun propos antisémite ou appel au meurtre, le portrait qui a été présenté par un ministre du gouvernement français n’est pas celui de Boualem Naman ».
Père de deux enfants
Ce père de deux enfants de nationalité française, qui travaille depuis quinze ans comme agent d’entretien à Montpellier s’est retrouvé au cœur d’une affaire très médiatisée depuis début janvier. Interpellé le lendemain de la diffusion de cette vidéo sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Doualemm, il avait été transféré à Paris, Doualemn, puis mis dans un avion vers l’Algérie. Mais les autorités algériennes, lors de son arrivée sur leur territoire, l’avaient renvoyé en France le 9 janvier, ce qui avait provoqué une crise diplomatique entre la France et l’Algérie.
Placé en centre de rétention administrative en Seine-et-Marne, près de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle pendant plusieurs semaines, Doualemn a finalement vu sa procédure d’expulsion vers l’Algérie annulée par le tribunal administratif de Paris, au motif que la procédure d’urgence utilisée par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, n’était pas justifiée.
Les magistrats ont annulé des « décisions prises par le préfet de l’Hérault » et « enjoint l’autorité préfectorale à réexaminer la situation de l’intéressé dans un délai de trois mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant le temps de ce réexamen ».
Doualemn, qui se trouvait en situation régulière avant le début de cette affaire, a donc pu quitter le centre de rétention le 6 février et rentrer à son domicile montpelliérain, où il vit avec sa famille. Les traductions réalisées par deux interprètes expertes auprès de la cour d’appel de Montpellier, ont établi que les mots « tuez-le » n’ont finalement pas été prononcés dans la vidéo signalée, comme l’a indiqué le 7 janvier dernier le parquet de Montpellier dans un communiqué. Un feuilleton politico-judiciaire qui prendra sans doute fin jeudi 6 mars, avec le jugement mis en délibéré par le tribunal correctionnel.
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