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Nord. Un éclairage nouveau sur l’oeuvre de Matisse dans cette exposition à voir jusqu’en avril

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De Matisse, on croit tout connaître ou presque. Ses peintures nous sont familières, ses sculptures un peu moins mais que dire des livres qu’il a lui-même illustrés ? Le musée du Cateau-Cambrésis, qui a rouvert flambant neuf en novembre 2024, dévoile 14 ouvrages artistiquement sublimés par le peintre, jusqu’au 13 avril 2025.

Cette exposition de 14 ouvrages du maître met en valeur les donations que fit au musée Matisse du Cateau-Cambrésis Alice Tériade, en 2002 puis en 2008, de l’intégrale de la production éditoriale de son mari l’éditeur-poète Tériade. C’est donc 39 œuvres majeures réalisées par les plus grands maîtres qui ont rejoint à ce moment-là les collections du musée.

Pas seulement une image en face d’un texte

Matisse, qui disait : « Il faut regarder toute la vie avec des yeux d’enfants », s’intéressait à tout ce qui pouvait enrichir son horizon créatif. C’est ainsi qu’il se passionna entre 1932 et 1954 pour les livres illustrés. Mais attention, il ne se contentait pas de mettre une image en face d’un texte. Il allait beaucoup plus loin en travaillant la composition générale de l’ouvrage, la mise en page, la typographie, le choix des papiers, la sélection des textes et les illustrations.

Une occasion rare

Outre la présentation dans l’exposition de 14 livres de Matisse, le public a la chance de découvrir 4 ouvrages de reproductions de dessins réalisés entre 1920 et 1954. Cet amour du livre et de l’édition d’art montre aussi le rapport privilégié qu’entretenait Matisse avec la littérature ainsi que sa liberté de créateur, son besoin d’innovation et son goût pour les différentes techniques (pointe sèche, gouache découpée, eau-forte, linogravure, lithographie…).

Jazz, l’un des livres les plus emblématiques

Parmi les œuvres de la collection du musée, arrêtons-nous sur « Jazz », l’un des livres les plus emblématiques de Matisse. Publié en 1947 par l’éditeur Tériade – un des principaux commanditaires de Matisse en matière d’édition et son grand ami -, les planches colorées de « Jazz » affichent simplicité des lignes et audace des couleurs.

Elles font de cette œuvre un jalon capital dans l’histoire de l’art du XXe siècle, bien que cette alliance parfaite des couleurs et des formes prennent naissance bien avant puisque Matisse disait : « Giotto est pour moi le sommet de mes désirs ».

Papiers découpés, de l’art aussi

Les papiers découpés de Matisse, c’est un peu un coup de génie dans le renouvellement de l’inspiration de l’artiste, alors au somment de son art, qui invente une manière de peindre et de dessiner directement dans la couleur en découpant au ciseau des papiers préalablement peints. Le texte calligraphié par Matisse s’harmonise parfaitement avec l’image. Comme le souligne Matisse : « Dessiner avec des ciseaux. Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs. Ce livre a été conçu dans cet esprit. »

Marguerite Matisse, dans l’ombre de son père

Cette exposition jette par ailleurs un éclairage nouveau sur la collaboration entre Marguerite Matisse, fille aînée de l’artiste, et son père. C’est elle qui dans l’ombre de son père s’avérera une collaboratrice indispensable dans l’aspect pratique de la réalisation des livres destinés à des bibliophiles, des amateurs d’art, des collectionneurs, ou des musées.

Que ce soit dans les Poésies de Mallarmé, le chef-d’œuvre de James Joyce Ulysse, Visages de Pierre Reverdy, Les lettres d’une religieuse portugaise d’Alcaforado, Les Fleurs du Mal de Baudelaire sans oublier Rouveyre, Apollinaire, Ronsard, ou Charles d’Orléans, on peut dire que peu d’artistes ont réussi une telle osmose entre le texte et l’image en construisant un livre comme un tableau en parfait accord entre le fond et la forme.

Des couvertures pour « Verve »

Outre ses livres d’artiste, sont exposées les couvertures composées par Matisse pour la revue Verve, éditée par son ami Tériade. Quand on regarde les livres de Matisse, on ne peut qu’être d’accord avec Apollinaire qui écrivait en 1907 : « […] Chez Matisse, l’expression plastique est un but de même que pour le poète l’expression lyrique ».

Cette exposition est exceptionnelle car les œuvres sur papier trop sensibles à la lumière pour être présentées dans les collections permanentes ne peuvent l’être que lors d’expositions temporaires. Celle-ci marque avec bonheur et de la meilleure manière qui soit le renouveau du musée Matisse.

Françoise Objois

« Henri Matisse, Comment j’ai fait mes livres » jusqu’au 13 avril 2025 au Musée départemental Henri Matisse, Palais Fénelon, Place du Commandant Richez, Le Cateau-Cambrésis : 03 59 73 38 00. Ouvert tous les jours (sauf le mardi) 10 h à 12 h 30 et 14 h à 18 h, samedi et dimanche 10 h à 18 h. Gratuit pour les moins de 18 ans et les 1ers dimanches du mois. Site : museematisse.fr.



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