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que risque « La Mouche » après ses neuf mois de cavale et sa violente évasion ?

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« Au terme d’une traque de plusieurs mois, [Mohamed] Amra a été arrêté, enfin  ! », s’est réjoui François Bayrou, ce samedi 22 février 2025, sur son compte X. Le Premier ministre confirme ainsi l’arrestation de l’homme le plus recherché de France, depuis sa spectaculaire évasion le 14 mai dernier.

Le narcotrafiquant multirécidiviste a été interpellé aux abords d’un centre commercial, en Roumanie. Le parquet de Paris, prudent, a évoqué l’arrestation d’un homme « fortement susceptible d’être Mohamed Amra », précisant que « les vérifications qui s’imposent sont en cours ».

Condamné à la prison (et déjà en prison) au moment de son évasion

Après la cavale, bientôt les sanctions ? Elles risquent en plus d’être lourdes, celui que l’on surnomme aussi « La Mouche » ayant déjà été condamné à plusieurs reprises.

Au moment de son évasion, une violente attaque au fourgon à hauteur de péage d’Incarville (Eure), ayant causé la mort de deux agents pénitentiaires, Mohamed Amra venait d’être condamné : 18 mois de prison ferme, imposé par le tribunal correctionnel d’Évreux, rappelait alors notre rédaction locale La Dépêche d’Évreux.

Il purgeait par ailleurs une autre peine à la prison des Beaumettes de Marseille, pour complicité d’assassinat en bande organisée, dans le cadre d’un trafic de drogue, selon nos journalistes d’actu Marseille.

Un projet connu ou une évasion surprise ?

Maintenant qu’il a été arrêté, la grande question est de savoir si Mohamed Amra était au courant (ou non) de cette évasion, menée par plusieurs hommes armés le 14 mai dernier. La réponse permettra de définir ensuite la peine encourue, comme nous le détaillions dans ce précédent article.

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Dans un scénario où il était au courant de ce plan, « La Mouche » risque gros. Si l’on se réfère au Code pénal, l’article 434-27 punit toute évasion («le fait, par un détenu, de se soustraire à la garde à laquelle il est soumis »), de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Ça, c’est pour une « simple » évasion. Car si l’évasion se fait avec « violence, effraction ou corruption lors même que celles-ci auraient été commises, de concert avec le détenu, par un tiers », la peine monte à cinq ans de prison et jusqu’à 75 000 euros d’amende.

Mohamed Amra avait-il projeté son évasion ? La veille de l’attaque du fourgon, les surveillants de la maison d’arrêt d’Évreux avaient en tout cas découvert qu’un barreau de sa cellule avait été scié – menant à l’ouverture d’une enquête pour tentative d’évasion…

Deux morts pendant l’évasion, une circonstance aggravante

Autre circonstance aggravante pour Mohamed Amra : l’attaque au fourgon mi-mai a été spectaculaire, mais aussi meurtrière. Deux agents pénitentiaires ont été tués dans la fusillade et trois grièvement blessés, rappelle notre rédaction locale Liberté le Bonhomme Libre.

« Tels que les faits semblent avoir été rapportés, cela fait penser à l’infraction d’homicide ayant pour objet de favoriser la fuite ou d’assurer l’impunité de l’auteur d’un délit », expliquait il y a quelques mois à actu.fr Philippe Breuil, avocat pénaliste. Cette infraction « peut conduire à la réclusion criminelle à perpétuité », estime-t-il.

Un avis partagé par Alice Poitevin, avocate pénaliste pour qui la peine en question est d’autant plus aggravée que les meurtres en question ont été commis sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. Une circonstance aggravante pour laquelle « la justice est toujours plus dure », appuyait-elle à actu.fr fans le même article.

Un « manque de communication » concernant le cas Amra

Un élément pourrait toutefois jouer « en faveur » du fugitif : les failles de la justice. Début août, un rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ) consacré à l’évasion de Mohamed Amra relevait un gros « déficit » de communication entre les différentes autorités judiciaires, pénitentiaires et les enquêteurs.

Malgré ses 15 condamnations (dont une première énoncée quand il n’avait que 13 ans) et deux informations judiciaires pour « tentative de meurtre et complicité de meurtre en bande organisée » qui le visait avant son évasion, le narcotrafiquant n’avait pas été signalé comme un détenu dangereux.

« La coordination concrète des différents acteurs relativement à la situation de Mohamed Amra a pâti d’un déficit de centralisation et d’analyse susceptible de révéler son réel profil, à tel point qu’il a été considéré par chaque autorité judiciaire comme un détenu ordinaire », pointe ainsi le rapport de 61 pages.

Un « soulagement », mais pas de réponse avant « des années »

L’arrestation de Mohamed Amra ce 22 février 2025 est un « immense soulagement » pour les familles des deux agents pénitentiaires tués, pour reprendre les propos de Pauline Ragot et Thibault de Montbrial, avocats de la veuve du surveillant brigadier Arnaud Garcia.

Il faudra en revanche s’armer de patience pour connaître le fin mot de cette affaire. Entre l’instruction judiciaire et l’hypothétique procès qui pourrait en découler, « on parle en années », nous assurait Me Alice Poitevin.



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