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elle met fin à son enfer près de Caen

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Ce mercredi 19 février 2024, Bertrand*, 56 ans, était jugé par le tribunal judiciaire de Caen (Calvados) pour des violences habituelles contre sa compagne avec une incapacité totale de travail (ITT) de 10 jours.

Les faits se sont déroulés sur la commune de Valambray, à côté de Moult-Chicheboville, près de Caen. La prévention s’intéresse à la période entre le 1er novembre et le 10 décembre 2024. Mais la victime explique que les violences sont répétées depuis plusieurs années.

« J’ai pourri ma vie et celle de Marie »

Marie* a vu rouge le 7 décembre 2024. Ce jour-là, après avoir bu une demi-bouteille de vin, Martin sort de ses gonds et saisit Marie au cou avec ses deux mains, avant de l’insulter et de la jeter sur son lit. N’ayant jamais déposé plainte avant, elle saute le pas pour la première fois.

Ayant des propos incohérents chez le médecin traitant, le prévenu est alors hospitalisé à l’EPSM (Établissement public de santé mentale) de Caen avant d’être placé en garde à vue par les gendarmes un peu plus tard.

Je ne me souviens plus des faits, mais je m’en veux. J’ai pourri ma vie et celle de Marie.

Le prévenu à l’audience

Côtes fêlées, menacée avec un couteau, porte défoncée à coups de hache

Dans sa déposition, la victime relate des scènes récurrentes d’insultes ou de violences. Elle cite pêle-mêle plusieurs faits :

  • Martin l’aurait poussée contre un radiateur, lui occasionnant des côtes fêlées, ou contre une armoire un autre jour : « c’est possible, je ne m’en souviens plus », glisse le prévenu à l’audience ;
  • Il l’aurait poursuivi avec un couteau en la menaçant : « Je vais te tuer », ce qu’il dément ;
  • Il lui aurait jeté dessus des tasses de café ou de la vaisselle ;
  • Énervé qu’elle ne lui ait pas acheté de tabac, il aurait un jour défoncé sa porte à coups de hache : « c’est peut-être vrai, j’ai bien une hache », indique-t-il.
  • Une autre fois, il aurait lancé un couteau qui se serait planté dans la main de la victime.

Je peux m’emporter des fois, c’est vrai, mais je ne suis pas agressif. Je ne voulais pas lui faire de mal. J’ai fait n’importe quoi, je m’autodétruis.

Le prévenu à l’audience

Les voisins du couple décrivent également un caractère agressif du prévenu. L’expertise psychologique fait état d’une histoire de vie traumatisante, « avec une personnalité instable, des problèmes d’addictions et pour gérer les confits ».

« Elle a décidé de mettre fin à l’enfer qu’elle vivait »

Pour l’avocate de la partie civile, ce procès est très important pour la victime. « Elle a décidé de mettre fin à l’enfer qu’elle vivait. Avant, elle n’en avait jamais parlé à personne ». L’avocate pointe du doigt « la reconnaissance molle » du quinquagénaire qui ne se souvient de rien mais s’excuse. Elle réclame 5 000€ de préjudice pour sa cliente, l’interdiction de contact et 1 500€ pour les frais de justice.

Le représentant du ministère public Nicolas Dejoue va dans le même sens.

La victime a vécu un véritable enfer, elle a eu du mal à exprimer tout ce qu’elle a pu vivre quotidiennement. Aujourd’hui est une étape importante pour elle.

Nicolas Dejoue, représentant du ministère public

Ce dernier conçoit toutefois des efforts du prévenu, qui a entamé un suivi psychiatrique, a stoppé ses consommations d’alcool et de drogue et a suivi l’interdiction de contact prononcée à son encontre en décembre. Il requiert huit mois de prison avec sursis.

Huit mois de prison avec sursis et interdiction de contact avec la victime

Comptant cinq condamnations à son casier judiciaire, l’homme de 56 ans a finalement été reconnu coupable des faits, avec une altération du discernement.

Il est condamné à huit mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans, avec une obligation de soins en addictologie et en psychologie, une interdiction de contact avec la victime, ni de paraître à son domicile ou sur son lieu de travail. Il a interdiction de porter une arme pendant cinq ans et devra verser 2 500 euros de préjudice à la victime, ainsi que 900 euros pour les frais de justice.

*prénoms d’emprunt



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