Le déploiement est impressionnant. A peine passée la clinique Claude-Bernard à Albi (Tarn), un fourgon de CRS est stationné sur le trottoir. Des policiers armés et cagoulés regardent ceux qui passent par là. C’est l’une des entrées du quartier Lapanouse.
Quartier qui a connu une journée très agitée jeudi 20 février 2025. Avec plusieurs épisodes de tirs d’armes à feu.
Il y en avait déjà eu il y a exactement une semaine. Une enquête pour tentative d’homicide avait été ouverte après plusieurs tirs à proximité du tabac-presse de la place de la Marne.
Et ce jeudi 20 février, donc, ça a recommencé. « Ce matin vers 10h45 des coups de feu ont été échangés dans le quartier Lapanouse d’Albi, à proximité d’un point de vente de stupéfiants », a résumé le parquet en début de soirée.
Deux mineurs et huit majeurs interpellés
« 10 personnes ont été interpellées par les policiers présents sur les lieux lors des faits
dans le cadre d’opérations de surveillance de ce quartier au regard des précédents
coups de feu s’étant déroulés les 13 février et 19 février 2025″, ajoute la procureure de la République d’Albi, Stéphanie Bazart. Il s’agit de deux mineurs et de huit majeurs, que des hommes, ils sont âgés de 16 à 29 ans.
Deux armes de poing ont par ailleurs été découvertes ainsi que des munitions d’arme
automatique.
Un blessé ?
« Des individus sont parvenus à prendre la fuite, dont l’un pourrait être blessé », ajoute le parquet. Durant toute la journée, la rumeur d’un blessé a en effet parcouru les médias locaux. Démentie par le préfet Laurent Buchaillat en personne à plusieurs reprises.
Mais la journée n’était de toute façon pas terminée. Vers 14 heures, de nouveaux coups de feu étaient tirés au sein du même quartier, une balle se logeant notamment dans un Abribus et le brisant.

Le commissariat d’Albi et la division de la criminalité organisée de la DIPJ de Toulouse
sont donc désormais « co-saisis de cette enquête diligentée du chef de tentative d’homicide en bande organisée », souligne Stéphanie Bazart.
35 CRS en renfort
En fin d’après-midi, le préfet avait annoncé envoyer des renforts. 35 policiers d’une compagnie républicaine de sécurité (CRS) sont venus renforcer les effectifs locaux. Il s’agit de la CRS 84. « Une nouvelle génération de compagnie pour un déploiement extrêmement rapide », souligne le préfet.
Ils étaient bien visibles un peu partout dans le quartier, comme les policiers nationaux et municipaux albigeois. Même la chienne Orka était là.

Toutes les forces de l’ordre ont été saluées par le préfet, qui s’est rendu sur place autour de 18 heures avec la patronne de la police, Sophie Genet-Eyrolles.

Une présence dans la durée
« Il y a eu dix interpellations immédiates, ce qui est assez rare finalement », a insisté le représentant de l’Etat dans le Tarn en conversant devant le tabac-presse devant des curieux et encadré par un important dispositif de sécurité. Les renforts seront maintenus durant plusieurs jours. En plus d’une présence continue dans le quartier. Car selon le préfet, c’est bien elle, « cette action de fond, dans la durée », qui a permis de faire autant d’arrestations dans la foulée des tirs.

Revenant sur les faits eux-mêmes, Laurent Buchaillat a estimé que c’est « le symbole même que le narco-traffic et l’hyperviolence sont extrêmement liés ». Il y a quelques jours, en présentant le bilan de la sécurité dans le Tarn, il avait tenu un propos similaire : « Le consommateur de drogue participe à une chaîne morbide ».
Pas un quartier « gangréné par la drogue »
Il a aussi assuré que ce quartier n’était malgré tout pas « gangréné par la drogue ». Et que la réaction rapide des forces de l’ordre, comme sa présence dans la durée, étaient justement nécessaires pour qu’il ne le devienne pas.

« On est ici dans un quartier qui mérite de pouvoir évoluer en toute sécurité », a pour sa part estimé la maire d’Albi, Stéphanie Guiraud-Chaumeil. L’arrivée massive de policiers dans cette zone assez petite qui comprend des lotissements, quelques barres d’immeubles, un lycée et très peu de commerces, étant un « signal important donné à nos concitoyens ».
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