Dans l’univers des mangas, il est une personnalité qui compte. Alvin Labecot, habitant de Brest de 34 ans, est le Chef Otaku sur le web. Sa chaîne YouTube compte plus d’un million d’abonnés. Il commente des animés, fait découvrir des mangas et des auteurs, avec toujours une pointe d’humour.
Il a créé sa société Spatule productions, installée dans la zone de Kergaradec, pour développer ses projets. Notamment dans l’édition. Interview.
Quand avez-vous créé votre chaîne YouTube ?
Je l’ai lancée à l’été 2013, pour passer le temps. Youtubeur n’était pas encore un métier.
Au départ, je faisais découvrir des mangas. J’aime ça depuis toujours. Comme beaucoup de gens de ma génération j’étais fan du Club Dorothée.
Ensuite j’ai posté d’autres choses. Je parle de l’actu, je commente les épisodes qui sortent chaque saison, je fais des petites blagues… Le but est de rigoler !
Vous comptez plus d’un million d’abonnés. Comment avez-vous percé ?
J’ai assez vite fait de l’audience. Au début, faire 10 000 vues, c’était beaucoup. Et le manga était une niche, assez peu de monde en parlait. Tout était fait maison, je me filmais dans ma chambre, mon frère cadrait la vidéo.
Petit à petit, j’ai travaillé avec des éditeurs pour faire la présentation de nouveaux mangas, je suis allé chez Glénat, j’ai participé à des conventions et salons…
Puis vous vous êtes lancé dans l’édition.
J’ai toujours dessiné et écrit des histoires. J’ai participé à des fanzines, j’ai sorti Arena, un webtoon (bande dessinée en ligne), et cinq tomes sont parus en physique. J’étais le scénariste du projet.
J’ai aussi publié Isekaira un light novel (roman illustré) grâce au financement participatif.
J’ai lancé Spatule production il y a trois ans, nous sommes quatre à y travailler désormais.
Le gros projet du moment est la sortie de Spatule jump, un recueil d’histoires courtes avec un début et une fin. Nous mettons en en avant des francophones. J’avais lancé un appel aux auteurs, nous avons eu 700 candidatures en un mois. Le numéro zéro est déjà sorti, nous allons lancer les préventes du numéro 1 en mars. Tous les contributeurs pourront tenter de gagner un voyage pour le Japon.
Quels sont vos objectifs pour la suite ?
Continuer la production de contenus sur les réseaux sociaux et la production de livres. On fait tout ici, à Brest et ses environs, de façon artisanale. Même l’imprimeur (Cloître Imprimeurs) est à côté. On assure nous-même le service après-vente. Nous avons peu d’intermédiaires, les auteurs sont bien payés chez nous, ils ont environ 20 % de droits d’auteur, contre 10 % ailleurs en moyenne.
À terme, nous voulons devenir une maison d’édition à part entière, le Glénat de Bretagne. Aujourd’hui nous rodons la machine en indépendant. Nous sommes encore petits, nous n’avons vendu que 10 000 bouquins. Nous entamons notre deuxième année d’existence dans ce milieu, on y va doucement. D’autres youtubeurs ont tenté l’aventure, ça s’est mal terminé.
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