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une figure du grand banditisme retourne en prison suite à un appel ultra-menaçant

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À son nom est accolée cette étiquette de grande figure du banditisme français, converti à l’islamisme radical. Il y a aussi cette affaire de tentative d’assassinat de l’ex-avocat Karim Achoui dans laquelle il a été acquitté. À 46 ans, il a déjà été condamné 14 fois pour des conduites sans permis, des violences, mais surtout une association de malfaiteurs en vue de préparer un acte terroriste : plus d’une décennie au total derrière les barreaux. Cet ancien légionnaire a fréquenté des mosquées radicales à Londres (Grande-Bretagne). Il est aussi parti au Soudan où il a été blessé lors de combats. Il est fiché S.
Cet homme est Ruddy Terranova. Et jusqu’en mai 2024, la justice n’avait plus entendu parler de lui. Rangé des voitures selon lui, jouant les médiateurs dans la commune des Yvelines où il habite. Donnant aussi des conférences notamment appuyées sur son livre Converti sorti en octobre 2021.

« Faire voler la Passat de la Bac »

S’il est revenu dans le box du tribunal de Versailles, lundi 17 février 2025, c’est à cause « de la colère et de la bêtise. » Ce sont ses mots.

Trois jours plus tôt, la police a fait irruption chez lui. Ruddy Terranova venait de les appeler en les menaçant de les « découper », de faire « voler la Passat de la Bac (brigade anticriminalité) à coups de mortier ».

Dans une grille d’aération de la cuisine, les enquêteurs ont trouvé un peu de cannabis, 10 grammes. Ils ont aussi mis la main sur une arme modifiée au numéro de série limé, un chargeur et des balles de 9 mm. Direction la garde à vue.

Pour expliquer cette colère, Ruddy Terranova va rapporter les propos de son fils tout juste sorti du commissariat pour une affaire de stupéfiants. Là-bas, il aurait reçu des gifles. Les fonctionnaires auraient insulté sa mère.

« Mon fils arrêté et qui emprunte un mauvais chemin, celui que j’ai pris et que j’essaye de lui faire éviter… Des injures sur ma femme… J’ai vu rouge. Ils m’auraient insulté moi, ça serait passé. J’ai le dos rond. Mais ma femme… »

Le prévenu

« Je ne vais découper personne »

Face à ses juges et sous bonne escorte, Ruddy Terranova assure qu’il n’avait aucune mauvaise intention. « Juste avant que ma porte ne vole en éclats, je comptais appeler pour m’excuser. Je ne connais même pas les policiers de la Bac. Mes mots ont dépassé ma pensée. Je ne vais découper aucun être humain. »

L’arme lui serait totalement inconnue.

« J’ai un code et quand je perds, je le dis. Vous savez, j’ai reconnu des choses bien plus graves par le passé. Alors une arme qui est inutilisable… Sachant que je ne peux même pas avoir un couteau trop grand chez moi, je ne vais pas m’amuser à avoir un 9 mm. Vous savez, j’ai évolué dans le grand banditisme. Si je voulais vraiment avoir des armes, ce ne serait pas un problème. Mais tout ça, c’est fini. »

Et de poursuivre : « Vous dites que cette arme était à moi parce que je l’ai décrite avec précision. Mais on m’a appris dès tout petit à reconnaître les armes. Alors c’est normal que je vois tout de suite le calibre et les défauts de celle qui a été retrouvée. Comme un garagiste. S’il observe un moteur, il voit en un coup d’oeil ce qui ne fonctionne pas. Et là, sur cette arme, il n’y avait pas de marteau. »

« On m’a tiré dans la jambe »

Ruddy Terranova profite de la tribune qui lui est offerte lors de son enquête de personnalité pour interpeller la justice. « En juin 2024, on m’a tiré dans la jambe à Bagneux (Hauts-de-Seine). On m’a demandé dans la rue si j’étais musulman. J’ai dit oui. Et il a tiré. Et depuis, on refuse de reconnaître ma qualité de victime. J’ai trois avocats qui travaillent là-dessus pourtant. En attendant, je veux être un meilleur mari et un meilleur père que je ne l’ai été. »

Avis conte avis

L’expression de ce repentir n’arrive pas jusqu’au parquet. Car pour la procureure de la République, personne ne peut, même sous la colère, « se permettre d’appeler le commissariat pour des menaces, ou plutôt des promesses de tuer. » La magistrate réclame 18 mois d’incarcération.

L’avocat de la défense, Mbeko Tabula, est loin de partager son avis. « Il n’avait aucune intention de tuer qui que ce soit. Mon client n’est pas un écervelé qui manigance contre les forces de l’ordre. Juste un père en colère qui a découvert que son fils avait été arrêté. Il reconnaît et regrette. Il n’a jamais été dans le déni. Et il est désormais dans une dynamique de vie positive. »

Le tribunal a finalement prononcé une peine de 8 mois de prison, avec maintien en détention. Mbeko Tabula a indiqué qu’il ne ferait probablement pas appel. Un peu pris au piège par un délai d’audiencement trop long qui l’empêcherait de demander un aménagement.



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