
Mardi 11 février 2025, l’homme né en 1967 ne s’est pas présenté devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire pour répondre d’agressions sexuelles, entre 2015 et 2017 à Pornichet (Loire-Atlantique), sur quatre mineurs, un garçon et trois fillettes. Dénominateur commun : « Il a été le compagnon de leurs mères ». Il n’était pas représenté par un avocat. Seuls le père du garçon, la juriste et l’avocat de l’association ad hoc France Victimes 44, Me Fabien Pavy, étaient sur le banc des victimes.
Les faits se déroulent toujours dans un contexte d’alcoolisation, sachant que le prévenu « n’est pas à son coup d’essai » pour parler trivialement.
Il a été condamné pour agression sexuelle en 2007. Plus grave, le 8 mars 2023, la cour d’assises de Nantes a prononcé à son encontre une peine de treize ans d’emprisonnement pour viol. Il a été remis en liberté deux mois plus tard, pour des raisons qui n’ont pas été précisées. Entre temps, ce mis en cause a eu cinq condamnations pour conduite en état d’ébriété et une pour abus de confiance.
Une défense peu convaincante
En juillet 2015, le garçon de sept ans et demi dévoile à sa maman, qui est en instance de divorce, que, nu, son compagnon lui avait « collé son zizi sur ses fesses ».
À l’audience, son père a déclaré qu’il allait bien :
« On lui a proposé de voir un psychologue, mais cela ne le tentait pas trop. Il veut passer à autre chose. »
En 2016 et en 2017, il a caressé les fesses et la poitrine de deux fillettes. L’une avait treize ans, l’autre six ans. Il était également poursuivi pour une tentative de caresses et de baiser sur une autre adolescente de treize ans.
Les faits sont sordides en ce qui concerne la plus jeune : elle s’est retrouvée avec le compagnon et sa maman dans un lit d’une personne dans ce qui a été qualifié de « taudis ».
Alors qu’alcoolisée, la jeune femme avait fui les avances de son compagnon, quittant les lieux en lui conseillant « de raconter une histoire à sa fille ». Il a préféré lui prodiguer des caresses…
Me Fabien Pavy s’est interrogé :
« Comment s’exprimera sa mémoire traumatique plus tard, sachant qu’elle avait six ans au moment des faits. »
En ce qui concerne l’autre adolescente, le mis en cause a profité du départ au travail de sa compagne à 20 h le soir pour la caresser.
En pleurs, elle s’est enfermée dans sa chambre, a appelé sa maman par l’intermédiaire d’une copine.
La jeune femme est arrivée une heure plus tard, trouvant la victime en pleurs.
La défense du prévenu n’a pas convaincu la procureure : « Je l’ai confondue avec sa mère ». Pour la quatrième, il s’est agi d’une tentative.
« Prédateur d’opportunité »
Pour la représentante du parquet, il n’y a aucun doute : « Cet homme est un prédateur sexuel d’opportunité ».
La magistrate explique le mutisme, l’enfermement puis la parole qui a besoin de se libérer dans de telles situations, précisant que, dans ces cas précis, on est dans des milieux carencés.
Elle a requis une peine de trois ans dont un avec sursis probatoire. Le tribunal a retenu les deux ans ferme.
Le quinquagénaire a interdiction de tout contact avec les prévenus pendant trois ans, et de paraître en Loire-Atlantique durant ce délai.
Il devra verser 1 000 € de dommages et intérêts et 800 € de frais de justice à France Victimes 44 et 1 500 € de dommages et intérêts au papa du jeune garçon. Un mandat d’arrêt a été lancé.
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