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mais à quoi joue Pierre Bédier à Mantes-la-Jolie ? Décryptage

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À quoi joue Pierre Bédier ? À treize mois des élections municipales, le président du Département des Yvelines poursuit en tout cas son travail de sape contre Raphaël Cognet et sa majorité dans son fief de Mantes-la-Jolie. Et peut-être même un peu plus si on lit entre les lignes et qu’on s’attarde sur ce qui relève apparemment du détail…

Dans une « Lettre aux Mantais » abondamment distribuée début février 2025, l’élu égraine, peu ou prou, les mêmes critiques qu’il avait adressées à son ancien « poulain » et à son équipe dans l’interview accordée à 78 actu à quelques jours de son retour au conseil municipal.

L’intention est claire : disqualifier Raphaël Cognet

Dans cette communication, recto/verso, les coups pleuvent. L’ancien secrétaire d’État (aux Programmes immobiliers de la Justice entre 2002 à 2004) assène d’abord ses vérités. L’intention est claire : disqualifier le travail mené depuis mai 2022 et la réélection de Raphaël Cognet.

Pierre Bédier stigmatise notamment « une action municipale laxiste et sans vision », « l’absence d’écoute des élus », ou encore « l’argent gaspillé […] et une gestion dispendieuse qui ont brûlé nos marges de manœuvre financière ». « Continuer de suivre ce cap dramatique nous condamne à un déclin dont les premiers signes sont déjà visibles », poursuit-il.

La bataille de l’opinion est lancée

L’ex-maire de Mantes-la-Jolie (juin 1995/juillet 2002, puis février 2004/janvier 2005) concède tout de même que « tout ne va pas mal, naturellement ». Dire le contraire aurait été, avouons-le, fort de café et très peu crédible.

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Il ne faut pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour saisir clairement que, derrière cette diatribe tout sauf inopportune, il y a surtout un acte politique manifeste. La bataille de l’opinion est engagée.

Et c’est même peut-être une campagne électorale qui est lancée avant l’heure. « J’aime trop notre ville pour ne pas vouloir contribuer à la remettre sur les rails […] Je ne peux m’y résoudre et je sais d’expérience qu’il est encore temps de retrouver une vision commune et un élan salvateur ! »

« C’est parce que je crois qu’un changement est nécessaire et possible que je veux porter votre voix et vos espoirs au conseil municipal. »

Pierre Bédier dans sa « Lettre aux Mantais »

On croirait presque lire une déclaration (subtile) de candidature. A fortiori lorsqu’on s’attarde sur l’adresse du courriel communiqué pour inviter les Mantais à rester « en contact » avec lui : [email protected]. « Pierre Bédier 2026 » : presque un cri de ralliement. Alors ? « Sans commentaire », nous a fait savoir l’intéressé. Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace…

En décembre 2024, lorsque nous l’avions déjà interrogé sur le sujet, Pierre Bédier avait eu ses mots : « On est bien loin encore de l’ouverture de la campagne […] C’est bien trop tôt pour passer au stade de l’incarnation […] Il faudra constituer une équipe qui mêle l’énergie de la jeunesse et l’expérience des anciens. » Redevenir maire un jour ? « Je ne dis ni oui ni non. Mais ce n’est pas le sujet du moment. »

Un « poulain » un peu tendre pour faire campagne sur son seul nom

Une chose est sûre, Pierre Bédier ne pourra pas faire l’économie d’être sur le devant de la scène lorsque les hostilités seront officiellement lancées. Son courant n’aura plus de leader (Jean-Luc Santini a annoncé qu’il ne se représenterait pas, N.D.L.R.).

Et Benjamin Vialay (neveu de l’ancien maire et député Michel Vialay), plus que pressenti pour mener la bataille (il aurait déjà été désigné tête de liste, N.D.L.R.), semble encore un peu tendre et inexpérimenté pour faire campagne sur son seul nom.

Avec Benjamin Vialay sur l’affiche en 2026 ?

Pour illustrer sa « Lettre aux Mantais », Pierre Bédier prend la pose sur la terrasse du siège du bailleur Les Résidences Yvelines Essonne, dont il est le président du conseil de surveillance, avec au loin la silhouette de la collégiale Notre-Dame de Mantes.

D’ici quelques mois, on ne serait pas surpris qu’il partage cette fois l’affiche avec Benjamin Vialay, qui se fait encore très discret. La présence régulière de ce dernier dans le public, lors des conseils municipaux, confirme toutefois son appétit.



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