« Nous n’avons jamais fêté la Saint-Valentin, ce sera une première », sourient Andrée et Pierre Grésillion, mariés depuis plus de 67 ans. Bien installés dans leur appartement de 64 m2, au premier étage de la résidence services senior Domitys Les Houblons, dans le quartier de Lambézellec, à Brest, où ils ont élu domicile depuis le 24 janvier 2023.
Le couple sera mis à l’honneur lors du repas servi au restaurant de l’établissement décoré pour l’occasion vendredi 14 février. « Pour marquer le coup, parce qu’ils sont vraiment charmants », justifient Mouna Melsen et Anne-Laure Kemoral, la directrice et son adjointe. Et attachants. Bienveillants, attentionnés, posés, réfléchis et toujours positifs.
« Nous aurons ensuite une conférence de Frédéric Mallégol sur l’amour à 14 h. » Andrée Grésillion réagit : « Ah, ce n’est pas le meilleur horaire. À cette heure-là, je fais ma sieste en principe. » Elle s’adaptera, comme toujours.
À la ducasse, la fête du village
Mais pourquoi n’ont-ils jamais fêté la Saint-Valentin ? « Nous n’en éprouvons pas le besoin. Vous savez, pour les anniversaires, nous nous les souhaitons simplement, ça suffit amplement. »
À 91 ans tous les deux (« nous avons juste quelques jours de différence mais ne sommes pas de la même année, Pierre est né le 24 décembre 1933 et moi le 5 janvier 1934 »), ils filent toujours le parfait amour.
Lui est originaire de Cambrai, dans le département du Nord. Elle de Nœux-les-Mines, département du Pas-de-Calais. « Nous sommes des Ch’tis », rigolent-ils. Comment se sont-ils rencontrés ? « C’était le 22 juin 1952, nous avions 18 ans et demi. » Andrée Grésillion est incollable sur les dates. Elle les a toutes en tête. « Pierre est venu à Nœux-les-Mines pour la fête annuelle du village, la ducasse. Il était invité à déjeuner chez sa cousine, qui était l’une de mes amies et qui m’avait aussi conviée au repas. »
Dès ce moment-là, nous avons su que nous étions faits l’un pour l’autre.
Et ce, même si en cinq ans, ils ne se sont vus qu’une quinzaine de fois. « Nous habitions à une soixantaine de kilomètres l’un de l’autre et n’avions pas de voiture. Et mon service militaire d’un an, en principe, a duré deux ans et demi en raison de la guerre d’Algérie », explique Pierre Grésillion. Finalement, leur mariage a été célébré à Nœux-les-Mines : devant M. Le Maire le 31 mai 1957, à l’église le lendemain.
De nombreuses activités
Andrée a travaillé aux PTT, Télécoms et a fini sa carrière comme receveuse des postes à Escaudœuvres. Pierre a été employé de banque pendant 11 ans puis comptable dans trois sociétés à Cambrai, tout en partageant sa passion pour la musique (il a fait le conservatoire à Paris avec Pierre Perret et Sacha Distel, joué du trombone à coulisse jusqu’à 82 ans, de nombreux concerts et soirées dansantes).
Tous les deux sont à la retraite depuis leurs 55 ans. Ils ont déménagé à plusieurs reprises pour se rapprocher de leur fille, Chantal, ingénieure dans l’aérospatiale, et de son mari, Jean-François, instructeur dans l’aviation civile (ils ont deux petits-enfants et quatre arrière-petits-enfants). D’abord à Mirabel près de Montauban, où ils ont vécu 16 ans, puis à Idron dans la banlieue de Pau, sont allés dans une résidence Domitys à Royan avant d’arriver dans celle de Lambézellec à Brest voici deux ans.
Notre fille a pris sa retraite et est venue habiter au Conquet. Nous avons opté pour Brest.
Ils sont ravis d’être dans le Finistère : « Nous nous plaisons bien. Nous déjeunons le midi au restaurant de la résidence (l’heure approche, il va falloir les quitter, NDLR), nous pratiquons de nombreuses activités comme le yoga, la gym douce, la prévention des chutes, la sophrologie, la naturothérapie… Nous aimons marcher donc, quand il fait beau, nous allons à l’extérieur et quand il pleut, Pierre marche sur le tapis dans la salle («je joue aussi seul sur la table de ping-pong redressée », ajoute-t-il) et moi je fais du vélo. »
Après la sieste, c’est petit goûter («souvent des fruits ») et parties de Scrabble. « Pour la tête. »
« Il faut s’aimer »
Le secret de leur couple ? « Nous partageons tout. Nous ne nous sommes jamais quittés plus de deux jours. Nous avons les mêmes centres d’intérêt, vivons comme ça se présente, sans chercher de complication. »
Ils poursuivent :
Nous aimons bien vivre tous les deux, un peu dans notre cocon, oui, nous sommes bien ensemble.
Mais comment entretenir la flamme durant toutes ces années ? « Il faut s’aimer. C’est intérieur. Avoir du respect l’un envers l’autre, s’adapter à l’autre. » Et quand un point de désaccord surgit ? « S’il y a un petit accroc, le plus important est le dialogue. Il faut discuter pour trouver la raison et la résoudre. Cela ne sert à rien de s’énerver, de râler. Ne nous gâchons pas la vie avec des futilités, on trouve toujours une solution. »
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