C’était l’un des sujets qui, dans le (complexe) dossier de l’autoroute A69, a fait grincer des dents. La tarification du péage, les opposants au projet en avait, bien sûr, fait l’un de leurs arguments, quand les futurs usagers de cette infrastructure devant relier Castres à Toulouse avaient, pour certains, eu du mal à imaginer devoir débourser 6,77 € pour effectuer un trajet complet, soit 53 km.
Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca, l’avait pourtant annoncé en juin dernier : les montants initialement prévus seraient revus d’ici la mise en service de l’A69 programmée, selon le calendrier prévisionnel du concessionnaire, pour fin 2025. Du moins, à condition que les collectivités territoriales impliquées dans le dossier mettent la main à la poche. Et c’est justement ce qu’il devrait se passer.
-33 % applicables sur environ 30 km…
L’accord a été conclu ce lundi 10 février 2025 entre les différentes parties – à savoir la région Occitanie, le conseil départemental du Tarn, la communauté d’agglomération Castres-Mazamet et la communauté de communes Sor et Agout. « Les partenaires ont trouvé un accord afin de réduire durablement les tarifs-plafonds de l’autoroute A69 », se félicite le préfet de région dans un communiqué transmis ce mercredi 12 février.
Réduire les tarifs de l’A69, oui, mais seulement sur une partie du tracé. « Les tarifs pour les véhicules légers seront réduits de 33 %, sur la section située entre les futurs diffuseurs de Villeneuve-lès-Lavaur et de Soual-Est », est-il ensuite précisé. Soit environ 30 des 53 km de l’infrastructure.
…cumulables à une autre réduction
Une « ristourne » qui devrait venir s’ajouter à une autre réduction : celle de 40 % destinée aux usagers fréquents disposant d’un véhicule dont le poids à vide est inférieur à 1,3 tonne, dès dix allers-retours effectués dans le mois. « Ces réductions liées à la fréquence d’usage de l’autoroute portent sur tout le trajet entre Castres et Verfeil », souligne le préfet de région.
Des prix qui pourraient être revus à la baisse une nouvelle fois à l’issue des dix premières années d’exploitation de l’A69, fait-il encore savoir. « Les collectivités territoriales et l’État se réuniront pour évaluer les éventuels ajustements en garantissant le maintien d’une réduction des tarifs d’au moins 15 %. »
Rendre l’A69 plus attractive
Objectif affiché ? Rendre « plus attractifs encore les trajets sur l’autoroute, plus sûrs et plus rapides » et « réduire de 25 % le trafic sur l’itinéraire alternatif via la RD 926 en traversée des communes de Soual et de Puylaurens ».
La question du financement
Quant à savoir comment cette baisse du tarif du péage de 33 % sera financée, il faudra compter sur la participation des collectivités partenaires.
La répartition devrait se faire entre l’État (50,8 %), la Région (26,5 %), le Département (13,8 %), la communauté d’agglomération Castres-Mazamet (6,7 %) et la communauté de communes Sor et Agout (2,2 %).
Un timing questionnable
Un point sur lequel n’a pas manqué de réagir le collectif La Voie est libre, qui voit ici une façon de « déstabiliser la Juge » à la veille de l’audience prévue ce mardi 18 février (il s’agit du recours sur le fond contre les autorisations environnementales encadrant le chantier).
En panique, l’État fait les poches du contribuable et met la pression au TA (Tribunal administratif, NDLR) de Toulouse alors que le prix du péage n’a strictement rien à voir avec la légalité ou non de l’autorisation environnementale.
Une annonce qui tombe d’autant plus au mauvais moment qu’elle intervient « la semaine où Carole Delga (la présidente de la région Occitanie, NDLR) annonce ne plus pouvoir financer la réhabilitation des trains du quotidien faute d’argent public ». « Les caisses sont vides, sauf pour en venir en aide au boulet Atosca !, lâche le collectif. Elle (Carole Delga, NDLR) vole au secours des intérêts privés du concessionnaire en toute illégalité. »
Soumis à l’avis du Conseil d’État
Plus encore, le collectif opposé à l’A69 dénonce « une baisse du prix du péage qui pourrait coûter jusqu’à 740 millions d’euros au contribuable sur la durée de la concession », à savoir 55 ans selon les données prises en compte dans ce calcul.
Notons cependant que cet accord sera soumis à l’avis de l’autorité de régulation des transports et du Conseil d’État qui devraient, justement, statuer sur sa conformité.
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