Victime d’un vilain déblayage lors d’un match à Clermont l’an passé, Alban Placines était revenu de blessure en juin dernier avant de connaître plusieurs rechutes lui ayant fait manquer toute la première partie de saison. Après avoir retrouvé les terrains de Top 14 contre Montpellier fin janvier et avant de revenir ce dimanche à Marcel-Michelin près d’un an après le début de ses galères, le 3e ligne de Toulouse se confie à Actu Rugby sur ses mois de galère ainsi que son avenir, lui qui est en fin de contrat avec le Stade Toulousain.
Blessure et galères : Alban Placines se livre
Actu : Qu’avez-vous ressenti à votre retour sur les terrains le 25 janvier ? Vous êtes-vous dit « ça y est, le cauchemar est terminé » ?
Alban Placines : Oui, c’est exactement ça. La reprise, ça faisait un moment que je l’avais en ligne de mire et que j’avais bien bossé pour. Qu’elle arrive enfin, ça a été vraiment un soulagement. Et puis comme une impression d’être un Espoirs sur son premier match, qui court partout, qui manque un peu de repères mais qui a l’envie et qui essaie de tout donner. Donc c’était vraiment cool d’être dans cet état d’esprit là et d’avoir eu l’occasion de reprendre.
Vous aviez pourtant retrouvé la compétition au mois de juin lors de la 26e journée à Lyon avant de disparaitre de la circulation à nouveau… Que s’est-il passé ?
A.P. : En fait, ça a été un peu compliqué. J’ai repris un petit peu tôt parce que je voulais essayer de rejouer avant la fin de saison, c’était un peu prématuré. Après, je me suis bien préparé durant l’été. Et puis la première semaine de championnat, sur un entraînement, je me bloque le genou, le même. J’ai eu une méniscectomie (opération consistant à enlever la partie lésée d’un ménisque, ndlr). Ensuite, plein de petits pépins où j’étais à une semaine de reprendre, où on a dû repartir sur deux, trois semaines de rééducation. Et ça, trois, quatre fois. Donc ça a été un peu long. Et ça a été vraiment en dents de scie. Ce n’était pas du tout linéaire dans la rééducation. Mais là, je suis vraiment content que ce soit derrière et je regarde enfin devant.
Une convalescence en dents de scie
Toutes ces rechutes étaient-elles liées à cette blessure initiale face à Clermont ?
A.P. : Oui, et à cette première opération qui a affaibli un petit peu le genou et le ménisque. Parce qu’il me bloquait le genou. Il a donc fallu en retirer un petit morceau. Après, il y a eu des petits pépins à la suite de ça, sur des reprises, le genou qui gonfle, des choses comme ça.
On imagine que le fait d’avoir dû repousser la reprise plusieurs fois a forcément été usant sur le plan moral…
A.P. : Oui, ça a été vraiment très très dur à gérer. Après, j’ai eu la chance d’avoir ma compagne et mes petits, au final, qui m’ont beaucoup motivé dans ce moment-là. Ma famille aussi et mes amis qui ont été là. Et je pense que c’est ça vraiment qui m’a permis de maintenir le cap et de maintenir l’envie jusque-là. Parce que ce n’était vraiment pas un moment très facile à vivre.
Pas de rancune envers le joueur de Clermont
Au regard de vos mois de galère, pensez-vous que l’on devrait être plus sévères avec les gestes comme celui dont vous avez été victime ?
A.P. : Déjà, c’est sûr, je ne dirais pas le contraire. Ce n’est pas du tout dans mon rugby de faire ou de subir ou de voir ce genre de gestes. Après, il faut plus sonder la conscience de cette personne-là. Moi, je me suis battu pour revenir. Lui, s’il est en accord avec lui-même, tant mieux pour lui. Mais en tout cas, c’est quelque chose qui ne fait pas partie de mon rugby et qui n’en fera jamais partie. C’est aussi pour ça que je n’ai pas forcément envie de m’attarder là-dessus. Parce que pour moi, ça n’a rien à faire dans le rugby.
Votre motivation à revenir pendant cette période de doublons doit être décuplée !
A.P. : Bien sûr. Parce que là, ce sont des super moments à vivre. En plus, là, on est sur une période assez particulière que j’ai eu pas mal l’habitude de vivre. C’est quand même une super période, c’est souvent le moment qui resserre le groupe, où on crée aussi quelque chose de différent dans la saison. Moi, ce sont des moments que j’adore, où il y a des jeunes qui montent. On apprend à découvrir d’autres mecs. Il y a une dynamique un peu différente dans le groupe. Donc, c’est hyper intéressant et motivant d’être dans cette période-là et de pouvoir jouer ces matchs-là.
Sa fin de contrat à Toulouse et son avenir
Votre motivation est probablement aussi renforcée par le fait que votre aventure à Toulouse pourrait aussi se terminer dans quelques mois…
A.P. : C’est vrai que quand on commence au Stade, on a une autre motivation. Et puis, quand ça commence à faire un petit moment, on essaie vraiment de savourer tous les instants. Et moi, ce sont des choses dont j’ai beaucoup parlé avec d’anciens joueurs avec qui j’ai joué, qui ont arrêté leur carrière ou qui sont partis. Quand Louis-Benoît Madaule a arrêté, on en avait déjà vachement parlé. Il m’avait dit qu’il faut profiter de tous ces moments, il faut profiter de tous ces instants. Quand Piula Fa’asalele est parti à Biarritz, il me disait la même chose. C’est vrai que quand on est jeune, on a peut-être un peu plus de distance pour se dire qu’on n’a pas à profiter. On est plus dans une démarche qui est un peu différente. Alors que là, on a bien sûr envie de performance, de faire des bons matchs. Mais surtout, envie de profiter de tous ces moments-là et de tous ces instants privilégiés.
Votre avenir est-il déjà fixé ? Il avait été question d’un retour à Biarritz…
A.P. : C’est toujours en discussion, on va dire, des discussions avec le Stade très claires et très saines. Mon avenir, pour l’instant, il n’y a vraiment rien de réglé. Il y a quelques pistes avec quelques clubs de Top 14, mais qui sont assez loin. Biarritz, c’est un écho qui n’avait vraiment rien de fondé. Et aujourd’hui, ça reste encore un écho parce qu’il n’y a rien d’avancé, pour l’instant, sur des choses précises. D’ailleurs, je laisse ça à mon agent.
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