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Le maire de Miniac-Morvan condamné, son ex-compagne aussi

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Pour le maire de Miniac-Morvan, Olivier Compain, ce n’était pas une première. Presqu’un an jour pour jour après avoir été condamné pour détention non déclarée d’armes à son domicile à deux mois de prison avec sursis, le premier édile de la commune revenait à la barre du tribunal de Saint-Malo, le 11 février 2025. Cette fois, pour une affaire de violences conjugales.

Deux prévenus à la barre

C’est son ex-compagne, Mme J., qui a déposé plainte contre lui en août 2024, lui reprochant plusieurs faits de violences à divers moments des années 2023 et 2024. Trois scènes ont en particulier occupé l’audience, puisqu’elles étaient filmées par un dispositif de vidéosurveillance.

La particularité de l’affaire étant qu’Olivier Compain avait lui aussi porté plainte contre son ex-compagne pour violences conjugales, un mois plus tard, en septembre 2024. Les deux étaient donc prévenus à la barre, même si le maire de Miniac-Morvan arrivait pour sa part sous contrôle judiciaire.

Des violences filmées

Au-devant de l’assemblée, la présidente est revenue sur ce couple de longue date  – 14 ans de vie commune – pour qui « tout se passait bien » jusque-là. Leur caractéristique ? L’importance de l’immobilier dans leur relation, puisqu’ils étaient multipropriétaires, sujet qui sera d’ailleurs le point de départ d’intenses tensions entre eux.

C’est ainsi qu’en mars 2023, la caméra a filmé l’altercation entre Olivier Compain et Mme J, le premier la saisissant par le col de la veste. Ou qu’en novembre de cette même année, le premier édile a cassé une chaise en plastique et l’a projeté après que sa compagne lui a lancé : « Tu sais quoi, va finir ta putain ta baraque ». En avril, des questions d’argent viennent à nouveau s’immiscer dans le couple. Mme J, qui se sent menacée, attrape le téléphone pour appeler la police et reçoit un coup de pied de son conjoint dans la main, pour faire tomber le combiné.

Mme J., elle, est accusée d’avoir mis une claque à M. Compain et de l’avoir harcelé de messages et d’appels, à toute heure de la journée et de la nuit.

Mea culpa

Le moins que l’on puisse dire est que la version du maire de Miniac-Morvan a changé. Lui qui réfutait tout acte de violence dans les colonnes du Pays Malouin en septembre dernier, est arrivé presque penaud à la barre et a reconnu être allé trop loin. « Je ne suis pas fier de ce qui s’est passé, je n’aurais jamais voulu arriver jusque-là », admet-il, tout en ajoutant que « l’on est tous humains et que l’on fait des choses que l’on ne voudrait pas faire ». Il dément toutefois  » avoir porté des coups « à Mme J.

Si l’ex-couple s’est montré plutôt calme, s’excusant et avouant en partie les violences, la salle n’était pas dans cet état d’esprit. Les interventions de l’avocate de Mme J., Maître Bouillon, ont en particulier échauffé les esprits, avides de réactions dès qu’une nouvelle accusation était mise sur le devant de la scène.

Mme J. expliquant pour sa part que son ex-compagnon « ne voulait plus discuter », elle attendait de cette audience l’apaisement : « Je voudrais juste être tranquille, vivre tranquillement. » Quant au fait de violences qu’Olivier Compain reprochait, elle a déclaré ne plus s’en souvenir : « Si j’ai mis une claque, je m’en excuse. »

Le maire condamné, son ex compagne en partie relaxée

L’avocate de Mme J. a quant à elle souligné le fait qu’Olivier Compain « menace dès qu’il s’estime frustré et contrarié » et que sa cliente vit depuis en état de stress post-traumatique, quand l’avocat du premier édile, Maître Leboucher, a décrit « une séparation extrêmement dysfonctionnelle et pas une relation toxique » que son client a le mérite de reconnaître, selon lui.

Le tribunal a pour sa part suivi presque à la lettre les réquisitions de la procureure concernant M. Compain, en le condamnant à 5 mois d’emprisonnement assorti d’un sursis probatoire de deux ans, ainsi qu’à verser 2000 euros au titre des souffrances endurées par Mme J et 1000 euros au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale.

Celle-ci a de son côté été relaxée d’une partie des faits reprochés à différentes périodes de l’année, mais reconnue coupable de faits de violence entre mai 2024 et juin 2024. Les réquisitions réclamaient trois mois d’emprisonnement assortis d’un sursis à son encontre. Enfin les ex ont l’interdiction d’entrer en contact pendant deux ans et devront effectuer tous les deux un stage de sensibilisation aux violences conjugales.

Reste à voir maintenant comment ce verdict sera accueilli dans la commune de Miniac-Morvan, quand bien même aucune peine d’inéligibilité n’a été prononcée à l’encontre du maire.



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