Les minutes qui ont suivi la très pâle prestation de la JS Cherbourg (Manche) contre Pontault-Combault (21-26), le vendredi 7 février 2025, ont été animées pour les Mauves.
Habitués, même après une défaite, à venir signer des autographes et prendre des photos avec leurs supporters, les joueurs d’Edu Fernandez Roura ont été rapidement conviés à regagner le vestiaire, où les murs ont tremblé. En premier lieu, c’est le président, Vincent Férey, qui a tenu à faire savoir son mécontentement.
C’est le match le plus long que j’ai eu à vivre. J’ai eu honte de la prestation de mes joueurs, je leur ai dit. Le maire (Benoît Arrivé, NDLR) était présent… On s’est peut-être vus trop vite arrivés. Je n’ai jamais vu ça de ma vie. C’est une soirée à inscrire dans les annales, car ça fait longtemps que nous n’avions pas pris une telle déculottée.
« On ne peut pas accepter un truc comme ça »
Au-delà du revers concédé, que de cinq buts finalement, le troisième à Jean-Jaurès en championnat depuis le début de la saison, c’est surtout la manière qui a fortement déplu au président.
Encore en vie à la pause (11-13), presque miraculeusement, les Cherbourgeois se sont évaporés dès le retour des vestiaires (11-18, 39e) et ont compté jusqu’à dix buts de retard (13-23, 44e).
Quand on revient à -2, qu’il faut y aller à fond la caisse, il ne se passe rien ! Mais c’est quoi ça ? J’ai l’impression qu’on a eu un train de sénateur pendant toute la rencontre.
Quelques minutes plus tard, Thomas Loppy, le vice-capitaine des Mauves, visiblement marqué par cette douche froide, trouvait « normal » la mise au point de son président : « C’est un chef d’entreprise, et quand il voit ses employés ne pas réussir, je peux comprendre sa frustration. »
La claque était toutefois encore trop fraîche pour être digérée. « Il y avait de la colère, de la déception, car nous sommes des compétiteurs, reprenait le pivot. Le capitaine (Nicolas Gauthier, NDLR) a pris la parole pour rappeler qu’il ne fallait pas reproduire une telle prestation. »
« Le public a été vraiment gentil avec nous… »
Les ambitions élevées exprimées à la mi-janvier, à savoir jouer la montée en Starligue dès cette année, sont-elles montées à la tête de certains joueurs ?
« Quand quelqu’un vient à la JS Cherbourg, il sait à quoi s’attendre : viser le haut de tableau pour aller en Starligue, balayait l’entraîneur Edu Fernandez Roura. Il faut assumer ce rôle, cette responsabilité, et se donner sur le terrain. » « Le public a été vraiment gentil avec nous… », constatait en plus Vincent Férey, qui n’arrivait pas à se remettre de ce qu’il venait de voir :
D’habitude, j’arrive à positiver, mais ce soir (vendredi, NDLR), non. C’est la première fois que ça m’arrive. On ne peut pas accepter un truc comme ça : c’est un scandale.
Dire qu’une réaction est attendue le vendredi 14 février, toujours à Jaurès, contre Nancy, est un doux euphémisme…
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