
Dur réveil pour une douzaine de familles de la petite commune de Plesder (moins de 900 habitants) commune de la région de Saint-Malo, le 4 mai dernier. Certaines découvrent leurs voitures avec des pneus lacérés ; des rétroviseurs, des essuie-glaces cassés, des lunettes arrière brisées ; et d’autres des tags obscènes sur les mêmes véhicules ou leur maison. Des coffrets électriques sont également délabrés.
Mauvaise nuit aussi pour les biens publics du bourg : des panneaux sont cassés et surtout, dans l’école, les toilettes, un défibrillateur et un portillon ont été saccagés.
La vidéo postée sur Snapchat
La gendarmerie n’aura pas trop de mal à identifier les deux auteurs de ces méfaits. L’un d’entre eux a filmé cette expédition nocturne et mis la vidéo sur Snapchat avant de l’en retirer. Mais trop tard, le profil de l’auteur sera vite identifié.
Il comparaissait, mardi 4 février 2025, au côté de son complice, devant le tribunal de Saint-Malo. Les deux garçons avaient à peine 18 ans, lorsqu’ils se sont déchaînés cette nuit-là, dans la commune où ils résident.
« Une murge »
« Je n’étais pas dans mon état normal. Quand je ne vais pas bien, je me prends une murge. Là, c’était de la bière avec de la vodka », explique le premier qui reconnaît les faits tout en disant qu’il ne se souvient quasiment plus de rien. « Je me revois tirer le défibrillateur de l’école et après je me suis réveillé sur mon clic-clac. »
C’est pourtant lui qui a mis en ligne la vidéo de ses exploits. En lisant dans la presse, le vandalisme qu’ont découvert les habitants, le lendemain, il n’aura aucun doute : il était forcément dans le coup.
Son ami semble y être allé moins fort : « J’avais juste un petit coup de le nez et je faisais en sorte de jeter un peu de vodka par terre pour qu’il en consomme moins. » Ils étaient pourtant bien deux à pénétrer dans une voiture pour la démarrer avec les fils dans le but de « faire les cons ». Ils n’y sont pas parvenus.
Des copains solidaires
Les deux jeunes gens sont solidaires. D’après l’un de leurs avocats, Guillaume Faist, le premier n’avait pas mentionné la participation de l’autre aux enquêteurs. Le second est allé spontanément se dénoncer quand son ami s’est fait pincer.
Pour autant, la juge, Angélique Dingreville s’étonne que, depuis leur interpellation, ils ne se soient pas excusés auprès des habitants et surtout de la mairie. Ils répondent qu’ils comptaient le faire au tribunal.
La maire consternée
Évelyne Simon-Glory présente à l’audience, ne mâche pas ses mots : « Je suis consternée d’être à côté d’eux aujourd’hui. Je connais ces deux jeunes depuis leur enfance. Ils ont été élèves de l’école qu’ils ont dégradée. Un de leurs parents a été élu. Je n’accepte pas qu’ils ne soient pas venus nous voir à la mairie. Je maintiendrai donc la demande d’indemnisation », qui se monte à plus de 8 000 €.
La procureure, Muriel Masson, estime que « leur comportement, cette nuit-là, n’a aucun sens. Ils ont cassé tout ce qui se présentait à eux. Mettre la vidéo sur Snapchat montre leur immaturité. Quand on veut se défouler, on tape dans un ballon. »
Maxime Gouiller, avocat de l’auteur de la vidéo, explique son geste par « ses difficultés psychologiques et le mélange des médicaments qu’il doit prendre, avec l’alcool qu’il a consommé ». Demandeur d’emploi, il accepte le principe d’un travail d’intérêt général tout comme son complice, qui travaille en alternance.
Une facture salée à rembourser
Ils sont condamnés par la justice chacun à 105 heures de travail d’intérêt général qui seront convertis en trois mois de prison s’ils ne s’y plient pas d’ici à 18 mois. Il leur faudra aussi rembourser les dégâts matériels qu’ils ont occasionnés : une note de 2 424 € pour les particuliers qui n’ont pas demandé de dommages et intérêts malgré les déconvenues. Et 8 650 € pour la mairie de Plesder.
Source link