Le Français Serge Atlaoui, condamné à mort en Indonésie en 2007 pour trafic de drogue, doit arriver ce mercredi 5 février 2025 en France. Juste après son atterrissage à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (Tremblay-en-France), prévu aux alentours de 10 heures, le père de famille lorrain de 61 ans ne retrouvera toutefois pas ses proches.
Peine exécutée en France
L’artisan soudeur de profession, au moment de son arrestation il y a vingt ans, extrait de sa prison de Salemba à Jakarta hier, sera directement pris en charge par des agents de l’administration pénitentiaire, puis amené au tribunal judiciaire de Bobigny, compétent pour l’aéroport, a indiqué une source proche du dossier.
Sur place, il sera « présenté au procureur qui lui notifiera son incarcération en France en exécution de sa peine », d’après le parquet. « Il sera ensuite conduit directement dans un établissement pénitentiaire déterminé par l’administration pénitentiaire », a poursuivi la même source.
En 2005, Serge Atlaoui avait été arrêté dans une usine où des dizaines de kilos de drogue avaient été découvertes et les autorités l’avaient accusé d’être un « chimiste ». Il a toujours revendiqué son innocence, affirmant qu’il n’avait fait qu’installer des machines industrielles dans ce qu’il croyait être une usine d’acrylique.
Initialement condamné à la prison à vie, il avait vu la Cour suprême alourdir la sentence et le condamner à la peine capitale en appel. Il devait être exécuté aux côtés de huit autres condamnés en 2015, mais a obtenu un sursis après que Paris a intensifié la pression.
Demandé officiellement le 4 novembre par la France, son retour a été rendu possible par la signature d’un accord le 24 janvier entre les ministres français de la Justice Gérald Darmanin et indonésien Yusril Ihza Mahendra. Dans cet accord, Jakarta explique avoir décidé de « ne pas exécuter » le prisonnier et d’autoriser son retour pour « raisons humanitaires », car « il est malade ».
Avant son départ d’Indonésie, Serge Atlaoui a dû participer à une conférence de presse à l’aéroport de Jakarta, aux côtés de l’ambassadeur de France, Fabien Penone, et d’un responsable au ministère indonésien en charge des Affaires juridiques et des droits humains, I Nyoman Gede Surya Mataram. Masque sur la bouche et casquette noire, le Français est resté muet durant toute la conférence.
D’après l’association française Ensemble contre la peine de mort, au moins quatre Français sont actuellement condamnés à mort dans le monde : deux hommes au Maroc, un en Chine ainsi qu’une femme en Algérie.
avec AFP
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