À la barre du tribunal correctionnel de Cherbourg (Manche), ce lundi 3 février 2025, un homme âgé de 34 ans comparaissait pour plusieurs faits de violences en récidive sur sa concubine domiciliée à Montebourg.
Des faits commis sur deux périodes, entre le 25 et le 26 novembre 2024, et entre le 23 et le 25 janvier 2025.
Sorti de détention début novembre, le prévenu a repris une relation intime avec sa compagne malgré une interdiction de contact.
Ils se connaissent depuis 2015. Il vit tantôt chez son demi-frère, tantôt chez elle dans un garage. Le couple a un problème d’addiction à l’alcool et aux stupéfiants.
« J’ai cru mourir cette nuit-là »
Le 24 janvier 2025, en allant récupérer son traitement de substitution dans un cabinet, la trentenaire explique à l’infirmière qui la reçoit avoir été victime de violences de la part de son compagnon à la suite d’une altercation.
Sous le masque chirurgical qu’elle porte, des boursoufflures et des coupures au niveau des lèvres, des plaies à l’intérieur de la bouche. Un examen approfondi met en évidence un traumatisme de la face, un autre aux cervicales et diverses ecchymoses.
Un signalement est rapidement établi auprès du procureur de la République et l’homme interpellé par les gendarmes pour être entendu.
La victime détaille aux enquêteurs un déchaînement de violences.
« Une photo intime avec un autre homme se trouvant sur mon portable a entraîné une violente dispute. Il m’a bloquée sur le lit, a placé ses genoux sur mon ventre. Il m’a frappé plusieurs fois au visage. Puis il a tenté de me mettre un fer à cheval autour du cou et de m’enfoncer un foulard dans la bouche. À plusieurs reprises, il s’est servi la tige d’un poing américain pour me faire ouvrir la bouche. Il a répété les mêmes gestes. J’ai aussi pris des gifles. Cela a duré deux heures. C’était de la torture. J’ai cru mourir cette nuit-là. »
La victime relate également les faits de novembre. Des insultes sous l’effet de l’alcool mais surtout un coup de poing qui lui laissera un coquard à l’œil droit.
Bien connu de la Justice
Interrogé par la présidente sur le déroulé des faits de janvier, le prévenu tente crûment d’expliquer sa conduite.
Quand la femme que vous aimez pose en photos avec un autre homme, qu’elle lui tient le pénis ou se laisse lécher les seins, comment voulez vous réagir ? Je suis monté en pression. Nous avions des projets, quitter la région, fonder une famille. J’ai toujours été honnête. Je l’ai bousculée.
L’homme nie l’utilisation d’un poing américain qu’il a pourtant bien acheté dans une armurerie avec son demi-frère qui le qualifie d’impulsif. « Je ne m’en suis servi qu’une fois. C’est surtout un objet de décoration. »
Le prévenu qui a déjà onze mentions sur son casier judiciaire (principalement pour des faits de violences avec arme, d’extorsion avec violences et de séquestration d’une personne handicapée) laisse toutefois apparaître des remords.
Présente à l’audience, la victime ne souhaite pas se constituer partie civile et demander une quelconque indemnisation. Elle estime qu’une « peine de prison ne l’aidera pas ».
« Un jour, vous tuerez quelqu’un ! »
« Vous êtes un inconséquent, commente la substitut du procureur. Un jour, vous tuerez quelqu’un. Vous ne savez pas vous contrôler. Dès que vous avez une contrariété, c’est un déferlement de violences ; Vous n’avez pas encore compris le rôle du Service pénitentiaire d’insertion et de probation. Vous vous contentez de déposer vos documents et d’aller au rendez-vous avec le juge d’application des peines. Et, ensuite, vous vous en foutez. Vous achetez des poings américains dans une armurerie et battez votre compagne. »
La justice a finalement tranché. Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le trentenaire à une peine de trente-six mois dont douze assortis d’un sursis probatoire renforcé durant trois ans, avec obligation de soigner son addiction et son tempérament impulsif, de trouver un emploi.
Il a également interdiction d’entrer en contact ou de paraître au domicile de la victime.
Le tribunal a révoqué trois sursis pour un quantum de 22 mois. Il a été maintenu en détention.
Source link