Home Nord Voici comment l’Assurance maladie veut améliorer le système de santé dans le...

Voici comment l’Assurance maladie veut améliorer le système de santé dans le Nord

55
0



Le 4 juin 2024, une nouvelle convention médicale a été signée par cinq syndicats de médecins libéraux représentatifs, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) et l’Union nationale des organismes complémentaires d’assurance maladie (Unocam). Cet accord, matérialisé par un coup de pouce financier d’1,6 milliard d’euros à l’Assurance maladie, a vocation à améliorer tant la prise en charge des usagers, que les conditions d’exercice des professionnels de santé. Les quatre Caisses primaires d’assurance maladie déployées dans le Nord (Roubaix-Tourcoing, Lille-Douai, Hainaut, et Flandres) doivent faire face à un certain nombre de problématiques liées au maillage médical et à l’accès au soin. La CPAM de Lille-Douai a présenté ce jeudi 30 janvier 2025, les axes de travail fixés par la convention pour améliorer le système de santé dans cette partie de la région.

Booster l’attractivité de la profession de médecin

En 2024, dans le Nord, le nombre de médecins généralistes était estimé à 2 389 pour 1956 médecins spécialisés. De prime abord, ça paraît beaucoup. Or, l’Assurance Maladie rapporte que dans notre département, pas moins de 2 650 000 assurés sont suivis par l’une des quatre CPAM. Leur répartition est aussi inégale sur le territoire. Comment donner envie aux jeunes de s’engager dans cette profession et aux plus anciens, d’y perdurer ?

  • En augmentant les tarifs de consultation. Cette mesure, on l’a vue appliquée dès la fin de l’année 2024. Les honoraires pour les médecins généralistes sont passés à 30 € (35 € pour la consultation d’enfants âgés de moins de 6 ans) Ceux de certains spécialistes ont aussi été revus à la hausse comme pour les gynécologues (40 €), les gériatres (42 €), les psychiatres (57 €), les pédiatres (40 € pour les 0-2 ans et 35 € pour les 2-6 ans). D’autres spécialistes verront leurs honoraires augmenter au cours de l’été 2025 (neurologie, endocrinologie, dermatologie, médecine physique et de réadaptation).
  • En facilitant le recours aux assistants médicaux. Ces postes permettent aux médecins de se décharger d’un certain nombre de démarches administratives. Moins de temps passé à gérer la paperasse, c’est aussi permettre au médecin de prendre le temps de faire son travail, en accordant davantage de temps à sa patientèle ou simplement de l’élargir. En 2024 dans le Nord, on dénombrait 225 assistants médicaux.
  • En encourageant l’installation des médecins sur des zones en tension. Le territoire du Nord est inégalement pourvu en médecins. Pour les médecins généralistes par exemple, leur concentration est importante dans la métropole lilloise et dans le Douaisis mais certaines zones de l’Avesnois ou des Flandres sont en difficulté. Dès janvier 2026, les aides à l’installation et l’activité dans les zones prioritaires seront simplifiées et automatiquement versées pour permettre à tous les médecins éligibles d’en bénéficier sans démarche complexe de leur part. À compter de cette date, une aide unique de 10 000 euros sera versée aux médecins qui choisissent de s’installer dans ces zones prioritaires.

Faciliter l’accès aux soins pour les patients

  • Améliorer le suivi des patients affections longue durée. Dans le Nord, 21,8 % des patients suivis par l’Assurance maladie souffrent d’affection longue durée (ALD). Tous ne sont pourtant pas dotés d’un médecin traitant. Cette année, l’Assurance maladie entend poursuivre son projet « Zéro patient en ALD sans médecin traitant ». L’objectif en 2025 est de trouver un médecin traitant pour près de 5 000 patients nordistes en ALD.
  • Un meilleur accompagnement des patients les plus âgés. Dès janvier 2026, les patients de plus de 80 ans pourront bénéficier d’une consultation longue avec leur médecin généraliste. Cette consultation, qui d’après l’Assurance maladie, « répond à des besoins remontés par les médecins traitants, leur permettra de mieux suivre leurs patients âgés lors de trois situations courantes : la sortie d’hospitalisation, l’orientation vers un accompagnement social pour le maintien à domicile et la réduction du nombre de médicaments prescrits pour les patients hyper polymédiqués (c’est-à-dire prenant plus de dix lignes de traitements médicamenteux en simultané) ». Ce suivi spécifique sera accompagné d’une meilleure rémunération du soignant. Pour chaque patient de plus de 80 ans suivi, le médecin traitant se verra octroyer un forfait de 100 euros par an.

Être plus « sobre » !

Dans le Nord et ailleurs, plus question de se disperser. Le parcours de soins doit être simplifié et le suivi, raisonné. L’année 2025 devrait marquer le lancement d’un observatoire national pour la pertinence et la qualité des soins. Objectifs : réduire les actes inutiles, améliorer le dépistage des maladies chroniques.

Parmi les actions envisagées : limiter le recours aux analgésiques à risque de dépendance, agir de façon plus pertinente lors de la prescription d’arrêts de travail ou encore lutter contre la polymédication.

Toutes les mesures énoncées dans la nouvelle convention médicale devraient être appliquées sous cinq ans.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here