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quatre ans de prison pour l’agent immobilier qui avait escroqué ses clients

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Il était une nouvelle fois attendu de pied ferme par ses victimes. Mais, tout comme à l’audience du 18 décembre 2024, Soufyène Mazouz ne s’est pas présenté au tribunal correctionnel pour entendre le délibéré prononcé par le juge, mercredi 29 janvier 2025.

Accusé d’avoir détourné les dépôts de garantie, lors des transactions immobilières, au préjudice de vingt familles pour un montant total de 546 0000 euros, le patron de l’ancienne agence Nestenn de Persan, a été condamné à quatre ans de prison ferme pour escroquerie. Le tribunal a donc suivi les réquisitions de la procureure de la République délivrant un mandat d’arrêté à l’encontre du prévenu en fuite.

Toujours en fuite

En décembre dernier, son avocat avait avoué ne pas savoir exactement où se trouvait aujourd’hui Soufyène Mazouz, dont le sursis d’une peine de six mois de prison venait d’être également révoqué par un juge d’application des peines, dans le cadre d’une condamnation pour violences conjugales. « Il fait des allers-retours entre la France et le Maroc où habitent ses parents », avait confié le conseil avant d’expliquer que son client avait fui par crainte de représailles.

Dans une lettre adressée au tribunal, Soufyène Mazouz avait en effet expliqué avoir « sombré dans la dépression et subi des menaces de personnes. Cette situation m’a poussé à me cloîtrer chez moi. J’ai tout perdu, ma femme, mes enfants, ma maison… » Son pavillon de Beaumont-sur-Oise ayant été saisi par le parquet au titre des avoirs criminels, le tribunal a confirmé sa confiscation. Le président a également prononcé à l’encontre du prévenu l’interdiction définitive d’exercer la profession d’agent immobilier.

Jusqu’à 44 000 euros perdus pour une famille

L’affaire avait débuté en février 2023, plusieurs clients accusant l’ex-gérant de l’agence immobilière Nestenn, à Persan, d’escroquerie et d’abus de confiance. Ce dernier est alors soupçonné d’avoir détourné plusieurs séquestres versés dans le cadre de transactions immobilières. Ces sommes ne sont jamais parvenues chez les notaires.

Damien et Marie, un couple de l’Oise, avaient lancé l’alerte après un coup de fil de leur tabellion les informant que leur séquestre de 32 000 € n’avait pas été versé. Après un appel sur les réseaux sociaux, ils s’aperçoivent que plusieurs personnes se trouvent dans la même situation qu’eux. Tous ont perdu 10 000, 20 000, 30 000 €, et même jusqu’à 44 000 euros. In fine, trente-cinq victimes se regroupent au sein d’un collectif. « À cause de lui, j’ai dû annuler la vente de la maison que je voulais acheter », confiait en novembre 2023 Sylvie, une Persanaise qui n’a jamais revu les 25 000 € de séquestre qu’elle avait versés à l’agent immobilier. Sylvie fait partie des acheteurs signataires d’un compromis de vente avant que l’assurance Allianz, alertée par certains faits troublants, ne résilie le contrat de l’agence immobilière de Persan à l’automne 2022. 

Marie et Didier, eux, avaient également signé un compromis de vente pour un pavillon à Neuilly-en-Thelle (Oise), mais ils n’ont jamais revu leur pécule (36 990 € de séquestre). Pour s’acheter le logement de leur rêve et honorer leur promesse d’achat, ils ont dû débloquer d’autres fonds.

Comme nous avions signé le compromis avant la résiliation du contrat d’Allianz, nous gardons espoir de récupérer une partie du séquestre. 

Marie et Didier, un couple de victime

En revanche, pour Jessica, une autre victime délestée de 23 000 €, l’histoire a connu une suite plus heureuse. Cette habitante de Bruyères-sur-Oise a pu acquérir la maison qu’elle désirait.

Je suis tombée sur des vendeurs en or. Ils ont compris ma situation et ils ont accepté de baisser le prix, expliquait la jeune femme il y a un an. Cette histoire est sans fin. On a l’impression de ne pas avancer. Je ne crois que ce que je vois et je suis pessimiste pour la suite. Je n’ai pas bon espoir de récupérer mon argent. 

Jessica, une victime

Tous n’avaient pas eu la même chance que Jessica. Certaines familles s’étaient retrouvées à la rue, à l’image de Damien et Marie. « Je souhaite qu’il paye comme nous avons payé », avait lâché ce dernier à l’issue de l’audience de décembre.

Les complices également condamnés à rembourser

Un procès qui était également celui des complices de Soufyène Mazouz. Cinq individus, accusés d’avoir aidé ce dernier à blanchir les sommes détournées. L’enquête des gendarmes a établi qu’ils avaient chacun reçu plusieurs virements de la société de l’agent immobilier Sam Immobilier. Les petites mains étaient ensuite chargées de lui remettre l’argent en espèces contre une commission de 20 %. Des accusations que les prévenus ont tour à tour niées devant le président du tribunal.

« Je lui ai rendu service », avait lâché Yob B., son beau-frère, considéré par les enquêteurs comme l’homme de main de l’escroc présumé. Il a expliqué que le mari de sa sœur lui avait demandé d’ouvrir un compte après avoir été interdit bancaire. « Je ne voyais pas le mal de gérer l’argent, pour moi c’était son salaire. Je lui faisais confiance », avait-il assuré alors que 25 virements bancaires ont été réalisés pour un montant de 86 669 euros. Il a été condamné à douze mois de prison et à une amende de 3 000 euros. Accusé d’avoir blanchi 29 500 euros entre le 26 juin 2022 et 10 février 2023, Hugo B. a écopé d’une peine de dix mois aménageables et 1 000 euros d’amende. Patron du bar-tabac le Diplomate à Beaumont, où Soufyène Mazouz venait jouer plusieurs milliers d’euros par jour, Nicolas S. a été condamné à neuf mois avec sursis et 3 000 euros d’amende. Enfin, une peine de six mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende a été prononcée à l’encontre de Yacine A., qui avait vu transité sur son compte 42 950 euros.

Condamnés à indemniser les victimes

Le tribunal a par ailleurs condamné ces prévenus à indemniser l’ensemble des parties civiles. Une décision importante pour les victimes qui depuis le début de la procédure craignent de ne jamais récupérer leur argent, pour certains les économies d’une vie. « On sait qu’on n’obtiendra jamais rien de lui, car il doit être insolvable », lâchait Marie et Didier au sujet de Soufyène Mazouz est aujourd’hui insolvable.

D’autant que l’ancien agent immobilier a également été condamné à indemniser Nestenn à hauteur de 98 635 euros au titre du préjudice financier après la rupture du contrat de franchise. Un montant auquel s’ajoutent 10 000 euros pour atteinte à l’image.



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