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Tombé dans un guet-apens, enlevé, séquestré et tabassé pour une dette de stupéfiants à Dinan

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Violence en réunion, enlèvement et séquestration.  » Des faits d’une extrême gravité « , dira la Procureure du tribunal de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), auxquels devaient répondre, pour les avoir commis ou en avoir été les complices, quatre hommes âgés de 29 à 32 ans, habitants de Dinan (Côtes-d’Armor) et de communes autour pour trois d’entre eux. Des faits commis à Dinan et dans la commune proche de Calorguen en mai 2022.

La marque des chaussures sur le visage de la victime

Leur victime, un homme dans la même tranche d’âge, avait été rouée de coups, tabassée au point que son état avait nécessité qu’elle soit dirigée vers le centre hospitalier de Pontchaillou à Rennes : des ecchymoses sur tout le corps et le visage, même la marque (Lacoste® en l’occurrence) de la chaussure d’un des agresseurs était lisible sur son visage, comme l’a mentionné la présidente du tribunal dans son exposé des faits. 

En plein jour devant des passants

Une scène d’une incroyable violence à laquelle ont assisté des passants, témoins lointains d’un règlement de compte qui s’est produit en plein jour, en après-midi, d’abord sur le parking du cimetière de Léhon puis dans un chemin plus discret à Calorguen où la victime avait été amenée de force (d’où les charges d’enlèvement et de séquestration qui pesaient sur les prévenus).

A l’origine de ce déchaînement de violence, une dette sans doute liée à un trafic de stupéfiants, ce que réfute le  » prêteur « . Lui parle d’une avance de  » 4 000 euros, des petites économies que j’avais en liquide « , qu’il aurait accordée à la victime,  » pour rendre service. Ca avait l’air urgent, il semblait paniqué « . Mais une somme qui ne lui a pas été remboursée, et qu’il a donc voulu récupérer. 

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La victime absente à l’audience

La victime, qui n’était pas présente à l’audience (et sur laquelle auraient été exercées des pressions et des menaces), y avait été conduite par une vieille connaissance de collège (à Plancoët), pourtant plus vue depuis une dizaine d’années, mais soudain réapparue.

C’est l’un des quatre prévenus, un voyou (c’est ainsi qu’il se décrit lui-même) condamné déjà à 30 reprises alors qu’il n’a pas encore 30 ans et qui purge depuis 2022 (pour d’autres affaires) une lourde peine de prison à Fresnes où il est prévu qu’il séjourne encore jusqu’en 2030.

Lui aussi voulait juste rendre service,  » comme lui (la victime, ndlr), j’habitais à Rennes à l’époque. Il voulait aller voir sa mère à Dinan, je lui avais proposé de l’y amener « . Mais pour la victime, le crochet par le cimetière de Léhon n’était pas prévu…

Trois des quatre prévenus parfaitement insérés

Les trois autre prévenus dont le « prêteur » ? Ils portent beau, costumes bien taillés et col roulé, cheveux courts bien coupés.

Ils parlent bien, avec une certaine aisance pour ne pas dire assurance.

L’un est un ancien militaire désormais marin-pêcheur, un autre cuisinier depuis plusieurs années dans le même établissement, le troisième est un banquier bardé de diplômes.

Ils sont parfaitement insérés, amis de longue date qui partageaient un même intérêt pour la musique et la fumette (au moins), consommateurs notamment de cannabis avec lequel ils assurent avoir pris leurs distances, ce qu’attestent les analyses médicales auxquelles ils ont été soumis.

Sur leur implication dans les faits, ils minimisent leur rôle respectif, même si le « prêteur » assume les coups qu’il a portés.

Mais ils évoquent la présence sur les lieux de deux autres personnes dont l’un semble encore les terroriser deux ans après les faits, celui qu’ils désignent tous mystérieusement comme  » Le Black « ,  présenté comme un  » costaud à moitié fou, un vrai sauvage « , qu’ils prétendent ne pas connaître et qui serait, selon eux, celui qui a porté l’essentiel des coups.

Qui est-il ? Que faisait-il là ? Les investigations n’ont pas permis de remonter jusqu’à lui.

« La délinquance des stupéfiants produit d’autres délinquances »

Les trois prévenus qui se présentaient libres au tribunal avaient été identifiés par la victime. Rapidement interpellés après les faits, deux d’entre eux avaient passé plusieurs mois en détention provisoire à la suite de ces faits.

Sur leur casier judiciaire respectif, pour d’autres délits, apparaissent quelques mentions et condamnations légères, pour l’essentiel liées aux stupéfiants.

En tout cas, pour la Procureure de la République, les faits sont clairs et ne font aucun doute :  » On est là sur une dette de stupéfiants. Et un règlement de comptes, un guet-apens, avec des violences physiques mais aussi psychologiques. La délinquance des stupéfiants produit d’autres délinquances. A les entendre, tout tiendrait du hasard, « à l’insu de leur plein gré » (sic). Et à les écouter, ils n’auraient finalement pas grand-chose à se reprocher. Tout cela paraît bien fantaisiste. En accusant de l’essentiel des coups des personnes qui ne sont pas là, ils minimisent leur rôle. Une succession de hasards auraient abouti à la réunion de toutes ces personnes au même endroit ? Or, il est établi que l’un des prévenus (parmi les trois en liberté, ndlr) était au téléphone avec une autre personne,  » le Black  » ?, qui lui aurait dit de le rejoindre au cimetière de Léhon  » .

Relaxe pour les « complices »

En retenant  » l’évolution favorable des prévenus depuis les faits « , elle a requis des peines allant toute de même de deux à quatre ans de prison ferme, assorties pour moitié de sursis probatoire et de différentes obligations et interdictions. 

Finalement, les deux prévenus sur lesquels ne pesaient que des charges pour complicité (dont le prisonnier de Fresnes), ont été relaxés par le tribunal.

Les deux autres ont été condamnés à quatre et trois ans de prison, dont la moitiés avec sursis. Compte tenu du temps déjà passé en détention provisoire, ils purgeront leur peine sous bracelet électronique.



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