C’est une nouvelle grave et inattendue, à Poissy (Yvelines). À travers un communiqué publié sur les réseaux du club, le président du Poissy FC, Thomas Chardon, a annoncé sa démission immédiate le mercredi 29 janvier 2025.
Celui qui avait pris les rênes du club il y a 18 mois – après que l’AS Poissy a fait banqueroute – explique avoir reçu, depuis sa prise de fonction, « de très nombreuses menaces allant de l’intimidation à la menace de mort ».
Contacté par 78actu, Thomas Chardon précise ces accusations. « Je me fais persécuter par un mec depuis un an et demi. Il m’appelle, me menace et m’insulte », explique-t-il sans vouloir nous révéler son identité. Alors qu’il tentait tant bien que mal de faire abstraction « soutenu par tout un club », écrit-il, un événement récent aurait tout fait basculer.
S’il fait état du soutien de l’adjoint au maire de Poissy en charge des sports, Eric Roger, il tacle à l’inverse l’attitude de la maire, Sandrine Berno Dos Santos.
« Jeudi dernier [le 23 janvier 2025, N.D.L.R.], ce mec a interpellé la maire dans la rue en me menaçant moi de me planter, de me faire plein de trucs, si je ne répondais pas à ces demandes. La maire m’a appelé le lendemain pour me rapporter ça en tenant des propos très graves et elle n’a pas porté plainte. Je ne suis pas défendu, donc je pars. »
La maire réfute, mais soutient le président
« Ça veut dire que je peux me faire menacer devant quelqu’un qui représente l’autorité et il ne se passe rien. C’est quoi la suite ? », renchérit Thomas Chardon.
Sandrine Berno Dos Santos réfute ce récit. « S’en prendre personnellement à moi n’est pas justifié, répond-elle. Ces mots n’ont pas été prononcés. Il n’y a pas eu de menaces de mort. Ses propos sont diffamants. J’ai fait ce qu’il y avait à faire. »
« Néanmoins, je soutiens pleinement le président. C’est inadmissible, quand on est bénévole, président d’association de subir ça. De se faire menacer à plusieurs reprises. Je souhaite qu’il reste. C’est un bon président. »
« Ma famille est en danger »
Thomas Chardon précise que son « harceleur » n’est pas une personne du club et qu’il a porté plainte contre lui en novembre 2024. « Je serai en procès contre ce mec en mars 2025. C’est quelqu’un qui n’accepte pas de ne pas faire partie du projet du club, raconte-t-il. Il me reproche de lui avoir manqué de respect et de l’avoir mis de côté. C’est faux. »
Pour Thomas Chardon, ce n’est pas la première fois qu’il remarque un manque de soutien. « Il y avait déjà eu les vols de chèques d’inscription à la rentrée, pour lesquels nous n’avons pas eu de suite. Là, c’est la goutte d’eau qui a fait tout déborder. »
Pour le désormais ex-président, il n’y aura pas de retour en arrière au vu des événements. « C’est très grave. Ma famille est en danger. J’ai besoin de retrouver de la sérénité. Il n’y aura pas de volte-face. Je démissionne définitivement. Un nouveau président sera annoncé rapidement. »
« Je suis écœuré, dégoûté. J’étais engagé pour ce club. J’étais bénévole. Même isolé, je me suis battu, j’y ai toujours cru et au final ils ont eu ce qu’ils voulaient et on a le sentiment que je pars comme un voleur, c’est désolant. »
Nous ne saurons pas qui se cache derrière ce « ils »
Le club : « Nous reviendrons rapidement vers vous avec beaucoup de transparence »
Le lendemain, Kentin Olive, directeur général du club et fils du député de la 12e circonscription des Yvelines, a réagi dans un communiqué.
« Nous reviendrons rapidement vers vous avec plus de précisions sur la suite des événements, avec beaucoup de transparence. »
Il écrit : « Cette situation entraîne forcément une période de transition compliquée pour le club, avec des interrogations, des incertitudes et des défis à relever à tous les niveaux. Mais une chose est certaine : nous sommes toujours là. L’ensemble des personnes investies dans la vie du club restent engagées avec la même énergie et la même détermination pour continuer à faire vivre le club. »
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